L'enseigne du bureau de l'ILGA World à Genève vandalisée par des insultes antisémites et anti-LGBTI

 

GENÈVE, 27 juin 2019 - Des messages haineux visant différents groupes de population ont été écrits sur le panneau d'ILGA World, association internationale des personnes lesbiennes, gays, bisexuel.les, trans* et intersexes (LGBTI) située dans le quartier des Pâquis à Genève.

Au cours des trois derniers mois, des insultes antisémites, transphobes, nationalistes et homophobes ont été taguées au nom d'ILGA World à deux occasions distinctes.

Les incidents se sont produits à quelques pas du Haut-Commissariat des Nations Unies aux Droits Humains, dans un quartier avec une école primaire, un collège et d'autres ONG de défense des droits humains.

Avec ILGA World, la Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme (LICRA), les membres de la Fédération genevoise des associations LGBT - 360, Dialogai, Lestime, Parents d'homos et Think Out - et la Geneva Pride 2019 – La Marche des fiertés de Genève 2019 - condamnent fermement les actes de vandalisme haineux, antisémites, LGBTI-phobes et discriminatoires.

ILGA World est une fédération mondiale d'organisations engagées pour l'égalité des droits des personnes LGBTI. Fondée en 1978, elle représente plus de 1 500 organisations membres dans 152 pays et territoires. Chaque année, ILGA World accueille à Genève des centaines de défenseur/défenseuse.s des droits humains LGBTI, les soutenant alors qu'ils/elles élèvent la voix des communautés locales arc-en-ciel aux Nations Unies.

"Nous avons clairement été pris pour cible pour le travail que nous faisons - comme c'est le cas pour beaucoup de nos communautés dans le monde entier", a commenté Kseniya Kirichenko, une avocate russe qui travaille comme Senior Officer on Women and UN Advocacy pour ILGA World. "C'est particulièrement inquiétant de voir cela à Genève, la ville des droits humains où j'ai moi-même trouvé un espace sûr après avoir vécu en Russie où nous avons également connu ce type d'attaques contre notre travail.”

ILGA World a déposé une plainte contre les inscriptions antisémites et pour atteinte à la propriété.

 

ILGA World office sign vandalized

Les insultes, agressions et incitations à la haine et à la violence envers la communauté LGBTI en Suisse sont malheureusement encore trop souvent présentes dans les médias, dans les espaces publics, les écoles ou les centres communautaires, au travail et dans les familles. Les jeunes LGBT sont particulièrement exposé.e.s à la violence: 50% des jeunes LGB de moins de 25 ans ont déclaré avoir subi au moins une forme de violence homophobe au cours des 6 derniers mois; près de 9 élèves trans sur 10 ont été insulté.e.s et 55% ont été physiquement brutalisé.e.s à l'école[1].

Les propos LGBTI-phobes émis en termes généraux n'étant actuellement pas punis par le Code pénal suisse, les agressions et l'incitation à la haine et à la violence qui en découlent ne peuvent être enregistrées comme telles par la police.

En décembre 2018, la Suisse a proposé d'inclure l'orientation sexuelle (mais en excluant l'identité de genre) comme motif de protection contre les discours tendancieux à l'article 261bis du Code pénal. Une demande de référendum contre cette révision a été déposée quelques semaines plus tard et les électeur/électrice.s suisses pourraient avoir à se prononcer à ce sujet.

Nous constatons une fois de plus l'urgence de compléter l'article 261 bis du Code pénal suisse afin de permettre la condamnation de tels propos haineux: la lacune actuelle ne nous permet pas de déposer une plainte constatant le caractère homophobe et transphobe de ces inscriptions. Nous appelons les parlementaires nationaux suisses à s'attaquer d'urgence à ce problème, afin que les discriminations et violences similaires tombent sous le coup de la loi.

[1] https://federationlgbt-geneve.ch/projets/ecoles/

 

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