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Homosexualité: Les autorités du Cameroun à nouveau saisies

in CAMEROON, 15/02/2013

Une Ong de défense des droits de l'homme leur demande de prendre plus au sérieux les menaces de mort dont font l’objet les avocats des homosexuels dans le pays

Des membres de l’Organisation Non Gouvernementale Human Right Watch(HRW), ont exigé mercredi 13 février 2013 du Président du Cameroun, qu’il prenne plus au sérieux les menaces de mort proférées à l’encontre des avocats qui prennent en charge la défense judicaire des homosexuels.

Dans une lettre adressée à monsieur Paul Biya, l’ONG rappelle que les Maîtres Alice Nkom et Michel Togué, deux avocats camerounais spécialisés dans la défense des droits humains, et qui sont parmi les « rares avocats assez courageux » pour assurer la défense des personnes suspectées d’homosexualité dans un pays où l'homophobie est largement partagée, subissent depuis un certain temps et impunément des menaces de mort. « Ils ont commencé à recevoir des menaces de mort en octobre 2012, sous forme de courriels et de messages SMS, dans lesquels ils étaient attaqués pour leur travail visant à représenter des clients accusés d'homosexualité » peut-on lire dans la lettre. « Depuis octobre, les autorités camerounaises sont au courant des menaces de mort proférées à l'encontre des deux avocats et apparemment, elles n'ont absolument rien fait pour y remédier », a déclaré Neela Ghoshal, chercheuse auprès du Programme sur les droits des lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres (LGBT) à Human Rights Watch.

« L'absence de toute enquête et de toute condamnation publique de ces menaces est un élément négatif qui revient à signaler aux responsables de ces horribles messages qu'ils bénéficieront de l'impunité ». La chercheuse reprend à son compte des déclarations de Maître Alice Nkom, qui a fait savoir que depuis qu’elle a porté plainte, elle n’a reçu aucune suite.

Cette nouvelle lettre de Human Right Watch risque une fois encore de soulever l’épineux débat sur l’homosexualité au Cameroun et jeter du discrédit sur une organisation dont les analyses ont souvent été utilisées comme argument de revendication auprès du régime en place.

Interrogé sur le sujet alors qu’il venait de sortir d’une rencontre avec le président français François Hollande, Paul Biya a donné une réponse nuancée et qui a conduit à des interprétations divergentes. Le fait qu’il ait dit que les esprits évoluent dans un sens comme dans l’autre, est interprété par chaque position en sa faveur. « Le gouvernement devrait prendre l'initiative en diffusant avec constance le message selon lequel les menaces et les violences inspirées par l'homophobie sont répréhensibles. Il est inacceptable de rester les bras croisés et de ne rien faire lorsque des défenseurs des droits humains risquent leur vie pour protéger les droits de la défense», a conclu madame Ghoshal. Au sein de la société camerounaise, la grande majorité est encore très homophobe. Ils sont soutenus en cela par la grande famille de l’église catholique. Depuis décembre, les plus hautes autorités de cette organisation critiquent ouvertement la pratique de l’homosexualité. « L'homosexualité falsifie l'anthropologie humaine et banalise la sexualité, le mariage et la famille, fondement de la société. Dans la culture africaine, elle ne fait pas partie des valeurs familiales et sociales. Elle est une violation flagrante de l'héritage que nos ancêtres, fidèles à l'hétérosexualité et à la famille, nous ont légué. Dans l'histoire des peuples, les pratiques d'homosexualité n'ont jamais donné lieu à une évolution sociétale mais ont toujours été les signes évidents de décadence implosive des civilisations. De fait, l'homosexualité oppose l'humanité à elle-même et la détruit », peut-on lire dans une lettre qu’ils ont écrit début février 2013. Depuis le début des indépendances, la loi pénale camerounaise punit l’homosexualité.

Il est difficile de mesurer l’ampleur de la chose au Cameroun et elle est généralement assimilée à des ordres de croyances différentes des religions classiques et aussi des rites pour avoir des postes de travail à hauts niveaux de revenus.

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