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Yaoundé: Traque aux Homos.
Communiqué presse Arrestations arbitraires Présumés Homosexuels Cameroun

in CAMEROON, 19/10/2011

Depuis pratiquement deux mois, de nouvelles vagues de discriminations, arnaques, interpellations et arrestations arbitraires sont le quotidien des homosexuels ou des personnes soupçonnées de l'être. Associations gay-friendly, militant pour les droits de l'Homme à Yaoundé, Humanity First Cameroon et Cameroonian Foundation For AIDS (CAMFAIDS) ont recensé un certain nombre de témoignages de victimes. Et commis ce Communiqué de presse afin d'en appeller à la vigilance de tous et informer par la même occassion la communauté nationale et internationale.

 
Yaoundé, 19 octobre 2011

 

Communiqué de presse


Depuis août 2011, de nouvelles vagues de discriminations, arnaques, interpellations et arrestations arbitraires sont le quotidien des homosexuels ou des personnes soupçonnées de l’être à Yaoundé. D’après les témoignages recueillis par Humanity First Cameroon et Cameroonian Foundation For AIDS (CAMFAIDS), associations gay-friendly, militant pour les droits de l’Homme à Yaoundé.


- Stéphane Nounga et un autre homme, uniquement identifié comme Éric O., ont été appréhendés fin août, après avoir été piégés sur Internet par un arnaqueur dénommé Albert Edouard Ekobo Samba qui se fait passer pour un « lieutenant de l’armée marine », selon ses propres déclarations. Ce dernier les a emmenés de force au commissariat de police du 10ème arrondissement à Bastos-Yaoundé, où ils ont été abusivement placés en détention provisoire pour « tentative d’homosexualité ». Eric O. a pu sortir le 31 août grâce à son avocat, et a donné l'alerte à Alternatives Cameroun. Le conseil de l'association à Yaoundé, Me Michel Togue, est parvenu à faire libérer Stéphane Nounga le 1er septembre.


- En mi-septembre 2011, Jean Claude Belinga Enyegue, 25 ans a été victime d’un cas d’agression à son domicile au quartier Anguissa, par le même Albert Edouard Ekobo Samba se faisant toujours passer pour un « lieutenant de l’armée marine ». Cette fois-ci, accompagné d’un autre jeune homme identifié sur facebook comme « Joseph Gagnepain », ils ont essayé d’extorquer de l’argent à Jean Claude Belinga Enyegue qui aurait violé « Joseph Gagnepain ». La tentative « d’arrangement à l’amiable » préconisée par les deux arnaqueurs n’eut aucune suite. Jean Claude Belinga Enyegue niant en bloc n’avoir jamais vu la présumée victime de viol.


- En fin septembre, un autre jeune homme identifié comme Félix, étudiant en 5ème année dans une grande école de la capitale a également été piégé sur un site de rencontres sur Internet (Cherie Fm ou NJR) par Albert Edouard Ekobo Samba qui s'est fait passer pour gay. Lors de leurs échanges sur yahoo messenger, Ekobo Samba a exigé de passer en webcam et s’est même permis d’exhiber ses parties génitales où il paraissait visiblement très excité par le « mignon » Félix. Le lendemain, lors du rendez-vous, devant l’Hôtel de ville de Yaoundé, Ekobo Samba s’est mis à menacer Félix et l’entraîner de force à la Brigade de gendarmerie de Nlongkak, avec la complicité des policiers présents à la scène. Privé de sa CNI et de son téléphone portable, Félix fut humilié par les gendarmes, qui le traitant de tous sortes d’invectives, violèrent son intimité corporelle en obligeant Félix à se déshabiller pour lui faire passer le fameux test d’ « anuscopie », consistant à glisser des objets dans le rectum pour vérifier si l’on est homosexuel. Félix ne put être relâché que grâce à l’intervention de sa mère qui remit une somme de 50 000 Fcfa à Ekobo Samba. La somme d’argent fut partagée par le fameux arnaqueur et les gendarmes.


- Toujours en fin septembre, un autre jeune homme dénommé Molière, hôtelier a également été arnaqué selon le même mode opératoire. Ayant été dupé par le même Ekobo Samba, Molière s’est vu dépouillé, avec la complicité des forces de l’ordre, une somme de 200 000 Fcfa, tout simplement parce qu’il est « maniéré » (efféminé) donc soupçonné d’être homosexuel. A d’autres reprises, Molière a été menacé et agressé soit à son lieu de service, soit à son domicile par Ekobo Samba et son acolyte « Joseph Gagnepain ». Ces derniers lui extorquèrent encore 100 000 Fcfa, frais d’ « arrangement à l’amiable », suite au soi-disant viol qu’aurait subit « Joseph Gagnepain » par Molière.


- A ces témoignages choquants, s’ajoutent d’autres cas de victimes qui ont voulu rester dans l’anonymat.
Piégés de la même façon, ils ont eu à verser des lourdes sommes d’argent (de 50 000 Fcfa à 300 000 Fcfa) soit à Ekobo Samba et son acolyte « Joseph Gagnepain », soit aux forces de l’ordre pour ne pas être déférés au Parquet pour « tentative d’homosexualité » ou « viol ». Selon les informations concordantes, toutes ces personnes ont été piégées et torturées selon les mêmes méthodes par les deux arnaqueurs avec la complicité des forces de l’ordre. Les numéros de téléphone avec lesquels les deux arnaqueurs opèrent sont les suivants : 99 00 48 02, 22 69 00 29, 97 60 17 35.

Face à ces situations de violations de droits humains, les associations Humanity First Cameroon et Cameroonian Foundation For AIDS (CAMFAIDS) en appellent à la vigilance de tous et souhaitent par la même occasion informer la communauté nationale et internationale sur ces cas d’abus et violations de tous sortes basés sur l’article 347bis du code pénal camerounais qui réprime l'homosexualité d’une peine allant de 6 mois à 5 ans de prison et d’une amende de 20 000 Fcfa à 200 000 Fcfa. C’est justement ce contexte légal qui favorise ce genre d’abus, extorsions, arnaques, chantages, agressions physiques et morales qui débouchent sur les nombreux cas d’arrestations arbitraires dont sont victimes de nombreuses personnes présumées homosexuels.


Par la même occasion, nous rappelons qu’une lettre ouverte a été adressée, conjointement par les organisations Alternatives Cameroun, Association pour la défense des droits des homosexuel(le)s (ADEFHO), Amnesty International, Human Rights Watch et la Commission internationale pour les droits des gays et des lesbiennes au Président de la République du Cameroun, M. Paul Biya le 21 septembre 2011. Dans cette lettre intitulée « Les lois érigeant en infraction les pratiques homosexuelles violent le droit international relatif aux droits humains », il est rappelé que « l’article 347 bis enfreint les traités internationaux et régionaux relatifs aux droits humains que le Cameroun a signés et ratifiés, notamment le Pacte international relatif aux droits civils et politiques et la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples. Outre le climat de peur qu’elle instille et l’impunité dont elle fait bénéficier les policiers qui arrêtent, torturent et frappent les personnes soupçonnées d’être lesbiennes, gays, bisexuelles ou transgenres, cette loi entrave les initiatives dans le domaine de la santé, en particulier celles visant à lutter contre le VIH/sida et tentant d’atteindre des groupes vulnérables, y compris des hommes ayant des relations homosexuelles, car elle pousse les gens à se cacher et les empêche d’accéder à des informations et des services sur des relations sexuelles plus sûres ».

C’est alors que Humanity First Cameroon et Cameroonian Foundation For AIDS (CAMFAIDS), soucieux du bien être des Camerounais et du respect des droits de l’Homme pour tous, s’engagent à soutenir le gouvernement ou toute autre organisation à mettre fin aux arrestations, aux détentions, aux poursuites et aux autres formes de persécution et de discrimination visant les personnes soupçonnées d’être lesbiennes, gays, bisexuelles ou transgenres ou réputées l’être. Nous interpellons le gouvernement de la République afin qu’il puisse prendre un engagement ferme pour que ces actes de violations des droits humains cessent et que les auteurs de ces agressions, chantages et extorsions soient poursuivis devant les instances judiciaires de la République.

 Humanity First Cameroon et Cameroonian Foundation For AIDS (CAMFAIDS) sont deux organisations à but non lucratif, créées par des jeunes, légalisées par le droit camerounais, œuvrant au quotidien pour la promotion et la jouissance des Droits de l’Homme auprès des minorités sexuelles et également dans les domaines de la prévention contre le IST, VIH/Sida et la prise en charge des personnes vivant avec le VIH. 


Pour Humanity First Cameroon,
Jules Eloundou
Président
Tel: 00237 99 49 71 24
E-mail : eloundou_jules@yahoo.fr

 

Pour CAMFAIDS,
Dominique Menoga
Président
Tel: 00237 99 70 96 56
E-mail:camfaids@gmail.com

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