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Compte-rendu de la conférence organisée par HEM Rabat sur le thème "Libertés Individuelles et identité plurielle"

in MOROCCO, 24/12/2009

Najib Chaouki, membre du Mouvement Alternatif pour les Libertés Individuelles (Mali), a expliqué que le Mouvement n'appelle pas au non-jeûne du ramadan, mais défend les dé-jeûneurs comme une partie de la société marocaine qui a le droit d'exercer sa liberté de ne pas observer le jeûne.

 Najib Chaouki, membre du Mouvement Alternatif pour les Libertés Individuelles (Mali), a expliqué que le Mouvement n'appelle pas au non-jeûne du ramadan, mais défend les dé-jeûneurs comme une partie de la société marocaine qui a le droit d'exercer sa liberté de ne pas observer le jeûne. "Pourquoi oblige-t-on le dé-jeûneur à se cacher?" s'est-il demandé. "A travers l'appel au pique-nique que nous avons lancé le ramadan dernier, et qui n'était qu'une manière symbolique d'exprimer nos opinions, nous avons voulu sortir de l'hypocrisie sociale dans laquelle nous vivons. Nous étions conscients qu'une large partie de Marocains allait condamner notre action, et qu'une minorité seulement nous soutiendrait, car nous savons que la société marocaine connaît une montée du radicalisme religieux sur deux niveaux : au niveau des groupes islamistes radicaux et au niveau de l'Etat marocain qui adopte le discours des groupes islamistes" poursuit Najib Chaouki. Celui-ci a insisté sur le fait que le Mali a pour ambition d'accompagner la société vers une acceptation de la pluralité et de la diversité. "Du temps du Glaoui, lorsqu'une femme sortait en jellaba à la place du haïk, cela était considéré comme une transgression des us et de la morale. Dans l'inconscient collectif marocain, il faut être avec le groupe, sinon, on est diabolisé. On nous a accusés d'ébranler la foi des musulmans. Cette foi est-elle donc si fragile? Je ne le pense pas", poursuit-il.
Concernant le tollé médiatique soulevé par les médias officiels et les plumes populistes contre le Mali, Ibtissam Lachgar, co-fondatrice du Mouvement, a précisé que les médias ont beaucoup attaqué les membres du groupe lors de la semaine qui a suivi l'action. "Les choses se sont calmées par la suite, laissant place au débat sur les Libertés Individuelles et les principes que nous défendons" a-t-elle expliqué.
Ahmed Assid, chercheur et membre de l'Institut Royal pour la Culture Amazighe (Ircam), a insisté lors de son intervention sur le fait que "l'unité identitaire marocaine ne devrait pas se fonder sur l'exclusion, mais plutôt sur la pluralité, car une composante exclue devient un facteur perturbateur pour l'unité". Il a ajouté que le Mouvement Amazigh soutient le Mali et les autres courants persécutés, et ce dans le cadre de son acceptation de la différence.
Assid a affirmé que l'Etat marocain souffre de schizophrénie, car il n'est "ni moderne, ni traditionnel. Même le système scolaire est schizophrène, car il ne donne pas l'occasion à l'enfant de connaître et de comprendre l'autre, c'est pour cela qu'il est un terreau fertile à l'intégrisme". Assid estime que l'identité marocaine n'est pas seule et unique, et qu'elle ne se résume au panarabisme et l'islam, mais plutôt une identité plurielle, contrairement à ce que stipule la constitution qui élimine l'entité amazighe. Il ajoute que la composante amazighe est la seule chose qui différencie le Maroc de l'orient, ce qui explique que la Maroc n'est pas une société orientale, vu qu'il est plus proche de l'Europe que l'Arabie Saoudite par exemple.
Dans une intervention enregistrée à Paris, l'écrivain marocain Abdallah Taia précise qu'après la tempête médiatique soulevée par la publication de son livre où il fait son coming-out, il a pleuré des jours durant :" je me suis senti seul, j'ai eu l'impression d'atteindre un point de non-retour. Même si j'ai eu la solidarité de quelques jeunes, ma famille ne m'a pas soutenu". Taia insiste aussi sur le fait que l'individu doit s'attacher davantage à ses principes, ses convictions et son identité, la société s'habituera ainsi à sa différence. Il ajoute que l'éducation et l'enseignement que nous avons reçus ne nous préparent par à accepter l'autre différent de nous et ne nous habilité ainsi pas à affronter les difficultés de la vie.

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