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1ère conférence pan Africaine de l'ILGA

in SOUTH AFRICA, 11/06/2007

Le mouvement africain LGBTI se réunit à Johannesburg et élit un comité régional pour faire progresser l’égalité des droits en Afrique.

Le mouvement africain LGBTI se réunit à Johannesburg et élit un comité régional pour faire progresser l’égalité des droits en Afrique.

23 Mai 2007 -- plus tôt ce mois, plus de 60 militants gays, lesbiennes, bisexuels, transgenres et intersexués venus de 15 pays africains se sont retrouvés à Johannesburg, Afrique du sud pour consolider leur mouvement et progresser dans la construction d’une infrastructure au niveau africain. ILGA, une fédération mondiale de 29 ans réunisssant 560 groupes, a co-organisé sa première conférence pan-africaine, avec une série de groupes africains tels que Alternatives Cameroun, Behind the Mask, la Coalition des Lesbiennes Africaines, Sexual Minorities of Uganda et The Lesbian and Gay Equality Project. La fédération suédoise gaie et lesbienne, RFSL a facilité un financement du Ministère des Affaires étrangères suédois.


La conférence a débuté sur une note tragique avec la mort du militant Roger William Nowokap. Le militant camerounais voyageait vers la conférence pour représenter Alternatives Cameroun d'organisation lorsque son avion s'est écrasé. Les participants à la conférence ont décidé de dédier l'événement à sa mémoire.


Un des objectifs de la conférence visait à permettre aux militants LGBTI africains de s’organiser au niveau continental sachant que des tentatives similaires de fédération africaine s’étaient soldées par des échecs dans le passé. Un obstacle principal à ce type d’initiative en Afrique est la prédominance de la homophobie d’Etat.


A ce jour, 38 pays africains possèdent des lois pénalisant l'homosexualité. "En Afrique, les lois homophobes ont soit été importées par les empires coloniaux ou sont le résultat des législations culturellement influencées par une interprétation conservatrice des textes religieux" ont indiqué Rosanna Flamer-Caldera et Philipp Braun, Co-secrétaires généraux de la Fédération internationale gaie et lesbienne, dans l'introduction d'un rapport sur l’homophobie d’État en Afrique lancée à la conférence. « Bien que beaucoup de pays listés dans ce rapport n’appliquent pas systématiquement ces lois, leur seule existence renforce une culture dans laquelle la haine et la violence sont, d’une manière ou d’une autre, justifiées par l’État forçant un nombre significatif de citoyens à se cacher du reste de la population par peur. »


Selon un militant du groupe sénégalais And Ligeey, les hommes gays doivent faire face à la discrimination dans de nombreuses sphères de la société. Ce militant qui a demandé à conserver l’anonymat, se réjouit cependant de l'inclusion récente de cette communauté dans le plan de prévention national contre le Sida. "Nous luttons pour plus de visibilité afin de revendiquer nos droits. Beaucoup d’homosexuels au Sénégal sont arrêtés et font l’objet de procès injustes car ce n’est pas leur infraction qui est jugée mais bien leur sexualité."


Les lesbiennes africaines sont aussi confrontées à des conditions dangeureuses car elles sont victimes de discriminations multiples, comme lesbiennes et comme femmes. La présence de la Coalition des Lesbiennes Africaines, un groupe composées de 11 organisations lesbiennes et féministes de 14 pays africains a permis aux questions lesbiennes d’occuper la place qui leur est dûe. Un atelier, organisé et conduit par plusieurs organisations lesbiennes au cours d’une plénière a permis d’apprécier “le rôle et l’impact des idéologies féministes sur l’avancement du militantisme LGBT en Afrique”. Le but de la session était de vulgariser certains concepts et de sensibililer les militants homosexuels aux questions de genre.


Un autre obstacle à la création d’une fédération continentale réside dans les barrières linguistiques. Un effort particulier a été fait cette année pour favoriser la participation de militants francophones. Des délégations du Maroc, du Cameroun, de l'Algérie du Burundi et du Sénégal ont ainsi pu rencontrer leurs pairs en Afrique anglophone.


En dépit de ces difficultés, les militants présents à la conférence ont accompli des progrès significatifs en vue de la constitution d’une fédération régionale africaine de LGBTI. Les participants africains à la conférence ont créé un conseil d'administration provisoire constitué par onze membres pour guider les travaux de cette fédération. Les activistes ont choisi de travailler sur cinq régions en Afrique – Afrique du Nord, du Sud, de l’Est, de l’Ouest, et Afrique Centrale - et élu deux représentants pour chaque région. Une attention particulière a été prêtée à la question de la parité de genre et il a été décidé que chaque région devrait être représentée par un représentant masculin et un représentant féminin quand cela est possible. Le dernier siège au conseil a été réservé à un militant transgenre.


“Les lesbiennes africaines sont souvent victimes de discriminations multiples à cause de leur orientation sexuelle et de leur genre. C'est pour cela qu’il est important que la conférence prenne en compte cette question” a dit Linda Baumann de l’organisation The Rainbow Project, Namibie. La Coalition des Lesbiennes Africaines, un groupe composé de 11 organisations de lesbiennes et de féministes de 14 pays africains différents, a joué un rôle primordial pour assurer que les questions concernant les lesbiennes étaient à l'ordre du jour. Lors de la séance pléniaire, un atelier a été organisé et animé par différentes organisations de lesbiennes sur le sujet "Les idéologies féministes, rôle et impact sur l'activisme LGBT en Afrique". Le but de cette session était de rendre réels et compréhensibles certains concepts abstraits et de faire en sorte que les gays soyent plus impiqués dans les questions de genre.


Les membres suivants ont été élus au conseil. En raison de la homophobie et de la violence perpétuées contre les personnes LGBTI dans leurs pays d'origine, plusieurs membres du conseil ont demandé que leurs identités demeurent confidentielles.


Pour l’Afrique du Nord:
- Anonyme – Maroc
- Anonyme - Abu Nawas - Algérie
Pour l’Afrique Centrale:
- Anonyme – Horizons - Rwanda
- Anonyme – Alternatives Cameroun - Cameroun

Pour l’Afrique de l’Est :
- Anonyme - Coalition gaie et lesbienne du Kenya - Kenya
- Anonyme - Spectrum Uganda Initiative - Ouganda

Pour l’Afrique de l’Ouest :
- Rev. Rowland Jide Macaulay – House of Rainbow – Nigéria
- Anonyme - And Ligeey - Sénégal

Pour l’Afrique du Sud:
- Linda Baumann – Rainbow Project – Namibie
- Danilo Da Silva - Lambda Mozambique - Mozambique


La conférence a remercié Dorothy Aken’ova et Juliet Victor Mukasa pour leur travail en tant que représentants africains sur le comité mondial de l’ILGA et a chargé son conseil d'administration provisoire d’élire deux représentants parmi ses membres. Linda Baumann et Danilo da Silva ont été élus pour représenter l'Afrique au comité mondial d'ILGA.


En l’absence de militant/e transgenre pour occuper le dernier siège au comité, Liesl Theron, directrice de la première organisation africaine transgenre, Gender Dynamix, a accepté d’occuper cette position tout en recherchant activement un/e militant/e transgenre pour la remplacer.


La conférence a chargé le conseil d'administration provisoire d'un mandat précis jusqu'à la prochaine conférence régionale africaine.


Les tâches de ce mandat incluent :
- créer une entité légale pour la fédération régionale africaine de l’ILGA en Afrique du sud ;
- lever des fonds pour l'organisation de la prochaine conférence régionale ;
- rédiger une constitution à soumettre à la prochaine conférence ; et
- faciliter l'accès à l'information pour des groupes LGBTI dans l'ensemble de l'Afrique.


En accord avec Behind the Mask, la conférence a demandé à cette organisation sud-africaine de prendre en charge le secrétariat de la fédération. Le groupe, connue pour son site web www.mask.org.za occupera ainsi un siège du comité en qualité d’ex officio.


Les activistes à la conférence ne se sont pas mis d’accord sur le nom à donner à cette nouvelle organisation mais le conseil d'administration provisoire est chargé de soummettre certains noms possibles qu’il proposera lors de la prochaine conférence. Jusqu’alors, l'organisation sera connue comme Pan - African ILGA, les militants espérant convenir d'un nom afro-centrique qui utilise des mots africains pour décrire le mouvement LGBTI en termes positifs.


En dépit de la mort tragique de Robert Nowokap et les divers défis auxquels doivent faire face le mouvement LGBTI africain, la conférence a été un succès indéniable. Selon David Kato Kisule, secrétaire d'Integrity, une organisation basée en Ouganda, "elle [ la région africaine d'ILGA ] prouvera que les personnes homosexuelles existent dans les pays africains et que l’homosexualité n’est pas une réalité concernant les seules personnes blanches."

“Nos communautés ont grandi et sont devenues plus fortes dans chacun des pays africains” a souligné Linda Baumann, membre de l’association namibienne The Rainbow Project et co-présidente du comité de la nouvelle fédération”. “La formation de Pan African ILGA est une preuve vivante de la force et de l’unité des groupes de gays et lesbiennes sur notre continent. Elle veillera à soutenir les groupes LGBTI existants et ceux que ne manqueront pas de se créer dans le futur. Elle jouera aussi un rôle dans le lobbying des institutions et administrations gouvernementales”.
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