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Contributeurs

United Nations Liaison Officer Patricia Curzi, United Nations Liaison Officer
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Tanvir Alim
L’Examen périodique universel et les droits des personnes LGBTI au Bangladesh

in BANGLADESH, 17/10/2013

Tanvir Alim a été accueilli à Genève par l'ILGA lors de la 24e session du Conseil des droits de l’Homme, où le rapport de l'EPU du Bangladesh a été officiellement adopté le 20 septembre 2013. Il a présenté un exposé au nom de l'ILGA et son organisation. Auparavant, lors du dialogue interactif de l'EPU pour le Bangladesh le 29 avril 2013, l'ILGA a eu le plaisir de recevoir son collègue Shakhawat Hossain Rajeeb. Interview par Alessia Valenza

Tanvir Alim a commencé à travailler dans le domaine de la défense et la promotion des droits des personnes LGBT au Bangladesh en 2007. Actuellement, il représente un groupe non financés, à but non lucratif et bénévole appelé «Boys of Bangladesh». Cette organisation travaille à la conscientisation de la société. Avec ce mouvement, il mit sur pieds plusieurs activités : ateliers, conférences et programmes de formation, tels que la sexualité et les droits, la santé sexuelle, et des lois nationales et internationales relatives aux personnes LGBTI, la diversité sexuelle et la construction de réseaux, etc. Tanvir contribue également aux travaux de revues, de différents médias sociaux, comme LGBT Bangladesh, Trikone Asie du Sud, Pink Pages Inde, Galaxy Magazine, Display Suisse, NETZ Allemagne, et bien d’autres encore …
Professionnellement, il travaille avec Centre culturel du Bangladais en Allemagne, où il a coordonné plusieurs expositions d'art contemporain et participé à la programmation de films sur les questions LGBTI. Une de ses grandes initiatives a été d'organiser le festival Under the Rainbow pendant trois années consécutives.

Le Bangladesh a été évalué lors du deuxième cycle de l'EPU, le 29 avril 2013. Au cours du dialogue interactif, la délégation chilienne a fait une recommandation en faveur de l'abrogation de l'article 377 du Code pénal bangladais criminalisant les actes sexuels entre adultes consentants. Cette recommandation n’a pas réjoui les représentants du Bangladesh qui ne l’ont pas soutenue. Quelles sont les actions qui ont été entreprises par « Boys of Bangladesh » après les échanges du 29 avril dernier ?

À la suite de l'EPU, il y a eu une séance d'information le 28 mai à Dhaka. Au cours de la séance, il y eu une déclaration du gouvernent relative aux personnes LGBTI. Il s'est avéré que la déclaration du gouvernement du Bangladesh était beaucoup trop vague. Les déclarations du ministre des Affaires étrangères, le docteur Dipu Moni ne pouvaient qu’attiser les violences homophobes. Plusieurs rapports publiés dans les journaux en ligne et dans la presse traditionnelle ont été publiés à des fins nuisibles (pour les LGBTI). Ils ont également été délibérément complaisants envers tous les commentaires négatifs compte tenu de la sensibilité religieuse du pays. En outre, lors d’un point de presse du ministère des Affaires étrangères, il s'est avéré que la suggestion concernant l'approbation formelle des relations homosexuelles a été rejetée par le ministre des Affaires étrangères en considérant les valeurs socio-économiques et religieuses du pays.
À part les travaux post EPU avec les organisations locales et les missions étrangères, il y a eu un séminaire national sur l’EPU organisé par ASK où « Boys of Bangladesh » a participé. Mon collègue Shakhawat Hossain Rajeeb était un des intervenants. Saida Muna Tasneem, directrice générale de la DG (ONU) du ministère des Affaires étrangères du Bangladesh, était là pour le discours de clôture, où elle a mentionné que le gouvernement du Bangladesh allait rejeter deux recommandations. Celle relatives aux meurtres extra-judiciaires et celle qui évoquait l'abolition de l'article 377of du Code pénal. Cette position repose sur les valeurs traditionnelles et culturelles du pays.
Par ailleurs, il y eut la manière dont les déclarations du Dr Muhammed Yunus, (2006 Nobel de la paix) qui soutenait les droits des personnes LGBTI furent traitées. La question fut traitée de manière à anéantir nos valeurs. Le but état d’abattre le parti d’opposition. Nous pensons que la religion est utilisée pour séduire l’opinion publique à des fins électorales, voire électoralistes.

Quels furent les principaux défis ainsi que les aspects positifs pour votre organisation de faire partie du processus de l'EPU?

C’était un sacré défi pour nous. Nous sommes une organisation non financée et gérée par un groupe de bénévoles. Informer sur la manière dont fonctionne l’EPU était un défi. C’était également l’occasion d’expliquer aux gens et de les familiariser avec l’ensemble du processus. À Genève, ce fut très prenant. Au final, j’ai trouvé ça très excitant. Les représentants d’autres pays, d’autres personnes, se sont intéressés au Bangladesh et à notre manière de travailler. Ce fut aussi un privilège de prendre part au forum sur les droits humains au Bangladesh. L’intérêt des autres organisations pour nous coopérer et participer à nos recherches est fabuleux. Nous sommes en dialogue constant afin d’organiser des petits événements dans leurs locaux. C’est ainsi que les gens qui y travaillent peuvent aborder ensemble la sexualité, et prennent conscience de l’existence et du vécu des minorités sexuelles. 

Quelles sont les stratégies établies par « Boys of Bangladesh » et les prochaines étapes afin de sensibiliser le public à la question LGBTI au Bangladesh ? 

Pour sensibiliser le public à cette problématique, nous avons élaboré un plan sur trois ans. La première année, nous ferons campagne sur les médias sociaux avec différents groupes de jeunes du Bangladesh et avec toutes formes de clubs, groupements ou cercles basés sur la diversité dans les différentes universités publiques et privées du pays. Nous avons prévu la mise en place d’une conférence nationale stratégique avec toutes les parties prenantes au début dans le but d’aller de l’avant. Nous voulons également augmenter notre présence et notre visibilité dans les débats, lors tables rondes, dans les journaux, sur les ondes radio et télé, sur scènes, etc. Nous voulons utiliser toutes les formes possibles de médias pour être là !  I

À Genève, vous avez travaillé avec d’autre ONGs et les représentants d’organisations LGBTI. Qu’en avez-vous retiré tant d’un point de vue personnel que pour le militantisme ?

Tous ce processus est extrêmement engageant et prenant. Ce qui m’étonne le plus, ce sont les gens et leur intérêt pour notre travail et notre manière de faire dans un pays musulman. À cet égard, j’ai trouvé très utile l’organisation d’événements en parallèle par ILGA et FIDH très utile. Ils nous ouvrent des portes et nous offrent la possibilité de construire un réseau ou d’étoffer ceux existants. Ils sensibilisent aussi sur les pratiques en cours dans d’autres pays. De plus, Patricia Curzi et André du Plessis furent nos mentors. Ils n’ont eu cesse de nous encourager et nous soutenir. Je crois que l’atmosphère ambiante nous motive à travailler d’avantage dans le militantisme bénévole.

Quels conseils pourriez-vous donner aux organisations qui voudraient intégrer le processus de l’EPU ?

Faire partie de l’EPU est important pour le Bangladesh et pour tout autre état. C’est l’occasion pour tous de soumettre ses propres rapports et les confronter à ces de leur gouvernement. Le mécanisme s’est révélé être très populaire et efficace pour faire respecter les droits des groupes marginalisés ou privés de leurs droits. Je pense donc que c’est une excellente plate-forme pour avoir voix au chapitre et pour collaborer avec d’autres organisations de défense des droits humains. C’est aussi l’opportunité de voir comment les autres organisations font avancer les questions relatives aux droits qu’elles défendent et soutiennent. C’est aussi un endroit d’échange et d’apprentissage l’un de l’autre. 

 

Lire et regarder la déclaration ICI  du 20 septembre 2013 de Tanvir Alim faite au nom « Boys of Bangladesh »

Lire aussi les articles relatifs à EPU du Bangladesh parus dans les journaux suivants, en anglais
Gay Star News
The Indipendent
GaylaxyMag

Lire un article, en angalis, écrit par Tanvir Alim dans BDNews24

 

Plus d'informations sur l'Examen périodique universel

L'Examen périodique universel (EPU), lancé par l'ONU en 2006, vise à examiner la situation des droits humains dans un pays donné. La première évaluation de tous les pays s’est terminée en 2011. Le deuxième cycle a commencé en juin 2012, et la situation de quarante-deux états doivent être évaluée chaque année. Ça qui signifie que dans les quatre ans et demi, les 193 États membres de l'ONU seront évalués.

Les avis sont élaborés en cinq étapes : la rédaction et le dépôt d’un rapport, un dialogue entre les états membres, l’adoption du projet de rapport, l’acceptation officielle du rapport, la mise en œuvre et le suivi des recommandations.
Chacune de ces étapes impliques les états, les ONG nationales et internationales, et les associations nationales de défense et de protections des droits humains.

En avril et mai 2013, la 16e session de l’EPU a examiné le cas de quatorze pays dont le Bangladesh. L’adoption formelle du rapport final a eu lieu en septembre 2013 lors de la 24e session du Conseil des Droits de l’Homme.

 

Traduction: Didier Digneffe 

 

Versions en anglais, espagnol et portugais : cliquez sur le symbole de la langue à gauche de l’écran.

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