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Observer les progrès en contrepoint du recul constant des principaux indicateurs sociaux et économiques

in WORLD, 07/08/2013

Haven Herrin, Stephen Seaborn: Membres du Conseil d’administration ILGA-Amérique du Nord, représentants de l’Amérique du Nord au Conseil d’administration ILGA-Monde.

Au cours de l’année écoulée la lutte pour développer les droits humains élémentaires des lesbiennes, gays, intersexués, trans et personnes bi-spirituelles d’Amérique du Nord a connu un coup d’accélérateur grâce au travail des personnes, associations et groupes de la région qui se consacrent aux droits LGBTI.

Ce nouvel élan est plus que bienvenu. Néanmoins, s’il l’on souhaite faire preuve de réalisme, il faut observer les progrès actuels en contrepoint d’une politique d’austérité et du recul constant des principaux indicateurs sociaux et économiques dans les communautés LGBTI nord-américaines, et notamment parmi nos membres les plus marginalisés.

Les observateurs indiquent que la distribution toujours plus inégale de la richesse s’accompagne de politiques publiques qui érodent la syndicalisation pour la défense des droits humains et rendent les systèmes d’enseignement public toujours plus cloisonnés, minés par le racisme et les disparités économiques.

Alors que le harcèlement public des lesbiennes, gays et bisexuel-le-s semble diminuer dans de nombreuses villes, les crimes de haine seraient en augmentation partout au Canada. On sait par ailleurs que les violences faites aux femmes transsexuelles issues de communautés non-blanches ont explosé. Aux Etats-Unis, ces agressions sont 16 fois plus nombreuses que la moyenne nationale.

Au Canada, les ministères exsangues du fait des cures d’austérité ont dû opérer des coupes claires dans les budgets d’un large éventail de services communautaires et de santé destinés aux personnes trans occupant un emploi précaire et mal logées.

Après des années de pression concertée, exercée par la communauté dans un certain nombre de juridictions provinciales, de nouvelles lois ont été adoptées pour :

  • Mettre fin à la discrimination des personnes trans fondée sur leur identité de genre (les derniers débats sur une législation similaire ont lieu à l’heure actuelle au niveau national)
  • Endiguer la violence faire aux jeunes LGBTI et lutter contre le harcèlement homophobe/transphobe et le suicide des jeunes

Nous notons avec encouragement qu’au Canada, nombre de départements provinciaux chargés de l’enseignement ont mis en place des formations enseignants portant sur les droits des minorités sexuelles, qu’ils doivent effectuer avant leur prise de poste. En outre, les autorités de police sont toujours plus nombreuses à contacter notre association LGBTI nationale, Egale Canada, pour organiser des formations en interne contre l’homophobie et la transphobie chez les agents de première ligne.

Aux Etats-Unis, les militants LGBTI au sein des états commencent à élargir leur champ d’action pour y inclure justice raciale, droit à l’adoption et égalité des chances pour le logement. L’année dernière, avant les élections présidentielles et celles tenues dans les états, nombre d’associations LGBTI ont noué des alliances fortes avec des ONG afin de mettre un terme à la mise en application de règles frauduleuses visant à empêcher les personnes âgées, les jeunes, les non-blancs et les personnes transgenre de voter. Dans différents états, plusieurs de ces propositions de loi ont été rejetées par une écrasante majorité.

La plupart des campagnes de réformes législatives se déroulent dans les états, à l’exception d’une audition devant la Cour suprême portant sur la fameuse Proposition 8 en Californie. Cette loi n’autorise que le mariage d’Américains hétérosexuels. La Cour suprême se penche par ailleurs sur la loi nationale de 1996 dite de « la défense du mariage », qui stipule que les états peuvent ne pas reconnaître les unions contractées dans d’autres états ; ce qui interdit de fait aujourd’hui la reconnaissance, au niveau fédéral, des relations LGBTI. Ce dossier comporte également une audition afin de déterminer si l’interdiction du mariage faite aux couples LGBTI est constitutionnelle.

Enfin, cette année, la région s’est dotée d’un outil politique majeur qui se révèle extrêmement dangereux pour les droits des minorités sexuelles. La législation dite du « droit au travail », adoptée dans les états du sud des Etats-Unis sera bientôt appliquée par les autorités conservatrices dans les provinces, les états et au niveau fédéral dans le cœur industriel de l’Amérique du Nord.

L’adoption de cette législation porte atteinte aux droits des salariés fixés par l’Organisation internationale du travail et les conventions y afférentes depuis 60 ans. Cette législation fait fi de certains droits humains fondamentaux. Une fois ces lois en vigueur, l’homophobie, la transphobie et d’autres formes de discrimination sont fréquemment utilisées pour saper le droit de réunion et de représentation ainsi que pour remettre en cause la fiabilité des conventions collectives à négocier des conditions de travail sûres, sans risque de harcèlement ou de discrimination.

Malgré des réformes bienvenues dans la législation et en dépit de l’impact positif de la plus grande ouverture de l’opinion publique en ce qui concerne les droits humains des minorités sexuelles en Amérique du Nord, les grandes forces sociales qui influent sur le quotidien des personnes LGBTI sur le continent sont toujours bien présentes.

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