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Malawi: changement de cap sur l'homosexualité

in MALAWI, 22/05/2012

La présidente du Malawi, Joyce Banda, a annoncé vendredi son intention d’abolir les lois qui condamnent les actes homosexuels dans le pays, allant ainsi à l’encontre de la tendance en Afrique, où les homosexuels sont de plus en plus menacés de poursuites.

Mme Banda, qui est devenue présidente du Malawi en avril après la mort de son prédécesseur, a annoncé ses intentions dans son premier discours à la nation vendredi.

«Les lois sur l’indécence et les actes anormaux devraient être abrogées», a-t-elle dit. Mais un tel changement exigera l’approbation des parlementaires et on ne sait pas encore combien d’entre eux sont prêts à soutenir la présidente.

Le Malawi a fait face aux condamnations internationales en 2010 après la condamnation à 14 ans de prison de deux hommes qui avaient célébré leur mariage. Ils avaient été reconnus coupables d’«actes anormaux» et de grossière indécence.

Le président de l’époque, Bingu wa Mutharika, a gracié les deux hommes pour de «strictes raisons d’ordre humanitaire», tout en affirmant qu’ils avaient commis «des crimes contre notre culture, notre religion et nos lois».

M. Mutharika est mort en poste le 5 avril. Joyce Banda, qui était vice-présidente, a pris sa place jusqu’à la fin du mandat présidentiel en 2014, en vertu de la Constitution.

Dans son discours, Mme Banda a aussi affirmé que son gouvernement voulait normaliser ses relations avec «les partenaires traditionnels de développement» du Malawi qui «n’étaient pas à l’aise avec nos mauvaises lois».

Le discours de la présidente a été applaudi par les défenseurs des droits de la personne, qui soulignent cependant que l’appui des parlementaires est loin d’être gagné.

«La question de l’homosexualité est un dossier très litigieux, a expliqué le militant Undule Mwakasungula. Cela va certainement susciter une controverse au Parlement.»

En Afrique du Sud, le seul pays africain qui possède des lois protégeant les droits des homosexuels, le militant Mark Heywood pense que Mme Banda bénéficiera d’un appui international.

«J’espère qu’elle pourra être assez convaincante dans son propre pays», a-t-il nuancé.

La Constitution sud-africaine de 1996 interdit la discrimination fondée sur l’orientation sexuelle. Les homosexuels ont le droit de s’y marier depuis 2006, mais font toujours face à des discriminations et à des violences.

«Il est très important que d’autres pays africains que l’Afrique du Sud avancent dans cette direction, a estimé M. Heywood. Symboliquement, je pense que c’est très important pour l’Afrique.»

En Ouganda, le parlementaire David Bahati a présenté en 2009 un projet de loi qui proposait d’imposer la peine de mort pour certains actes homosexuels. Le projet a été dénoncé par la communauté internationale et n’a pas encore pris force de loi. L’homosexualité est déjà illégale en Ouganda.

Après la présentation du projet de loi, un tabloïd ougandais a publié une liste des «plus grands homosexuels du pays». La liste comprenait le nom d’un militant des droits des gais qui a ensuite été assassiné, dans ce que plusieurs ont estimé être un crime haineux.

L’an dernier, le Sénat du Nigeria a approuvé un projet de loi destiné à criminaliser le mariage gai, les groupes de défense des droits des homosexuels et les démonstrations publiques d’affection entre personnes de même sexe. En vertu d’une nouvelle disposition ajoutée à la loi, les personnes reconnues coupables d’avoir organisé, géré ou soutenu des clubs ou des organisations d’homosexuels sont passibles de 10 ans de prison.

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