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Briefing sur l’arrestation et la détention de Cynthia Ndikumana et sa compagne

in BURUNDI, 11/04/2012

En date du 5 avril 2012, MOLI a enregistré un cas d’arrestation de deux femmes s’identifiant comme lesbiennes.

La version de Cynthia Ndikumana
Cynthia a expliqué à l’équipe de MOLI qu’elle et sa copine venaient de se disputer ce mercredi 4 avril 2012, au bureau de cette dernière, sur un différent d’utilisation de leur voiture. Cynthia reconnait avoir giflé sa compagne lors de cette dispute qui a pris fin quelques minutes après.

Vers 17h (mercredi 4 avril), La tante de sa compagne est arrivée accompagnée de la police pour arrêter Cynthia. Sans présenter aucun document pour ce fait, la police a obligé Cynthia de les suivre, celle-ci s’y est opposée avançant qu’aucun mandat n’a été présenté. La police aurait par la suite appelé le renfort. De 3 policiers, ils sont passés à 7 pour l’embarquer par force dans un véhicule.

Initialement, l’OPJ (Officier de Police Judiciaire) veut les amener au poste de poste de police de la commune de Rohero dans le quartier asiatique, puis décide après l’intervention de la tante, il décide de les amener au BSR (Bureau des Services de Renseignements).

Cynthia souligne que l’interrogatoire au début a porté sur le différend sur l’usage de la voiture et la querelle que cela a engendrée. Mais la tante de sa compagne a rebondit et dit à l’OPJ que Cynthia était lesbienne et que c’est elle qui entraine leur enfant dans les relations entre personnes de même sexe. Cynthia n’a pas infirmé ces informations et a affirmé qu’elles sont en couple.

Toujours d’après Cynthia, l’OPJ a commencé alors à lui dire qu’ils sont au courant de tout ce qui se fait sur les questions des homosexuels à Bujumbura. Il a cité les noms des organisations Rainbow Candle Light, Humure, Together for Women’s Rights et le Centre Remuruka. Cynthia a dit à l’équipe de MOLI que l’OPJ a dit pouvoir continuer les investigations pour savoir et punir les personnes avec qui elle travaille, mais aussi de faire des investigations sur les autres couples homosexuels a Bujumbura. C’est la raison de son maintien en détention. Sa compagne aurait décidé de son propre gré de rester avec Cynthia en ce moment.

La version de l’OPJ
L’équipe de MOLI a décidé d’associer une autre organisation pour suivre ce cas étant donné que les investigations de la police semblent se porter sur le travail des organisations et activistes LGBT au Burundi. APRODH a répondu favorablement à cet appel et ici est le résumé de l’entretien qu’a eu le personnel de APRODH avec l’OPJ au BSR ce jeudi 5 avril 2012 vers 17hrs.

Selon l’OPJ, la police a été alertée après que Cynthia ait giflé sa compagne. Cherchant à savoir le lien de parenté qui existait entre elles, elles ont caché dans un premier temps qu’elles étaient un couple. Après insistance, l’OPJ affirme que Cynthia elle-même s’est présentée comme ‘mari’ de sa compagne. Elle aurait ensuite affirmé qu’elle est activiste et cité les noms des organisations avec lesquelles elle travaille, les autres couples des homosexuels qui existent à Bujumbura. Elle aurait aussi détaillé comment elles se sont procurées un jouet sexuel (que la police est partie cherché au domicile de Cynthia et sa compagne à Kanyosha sans le trouver cet après midi du 5 avril 2012).

L’OPJ a souligné au personnel de APRODH qu’il maintient les deux personnes pour des raisons d’enquête sur toutes les révélations que Cynthia a faites et sur le fait que ce sont deux femmes qui sont en couple.

Le personnel de APRODH n’a pas pu s’entretenir avec Cynthia et sa compagne, car se faisant tard. Le rendez vous a été pris mardi 10 avril 2012 pour un entretien avec Cynthia et sa compagne. Sur base des informations que va recueillir le personnel de APRODH, il va produire une série de recommandation à toutes les parties et ce va tracer les actions à prendre.

Analyse
MOLI va attendre patiemment les conclusions et recommandations de l’équipe de APRODH.
A cette phase, il ressort quelques contradictions majeur entre les deux versions, mais le détournement de la situation qui au départ semblait être un simple différend sur l’usage d’un véhicule à la question des organisations/activistes LGBT reste tout de même spectaculaire.
Tout de même, MOLI se pose une question fondamentale. Le rôle de la tante de la compagne de Cynthia. Cythia et sa compagne souligne que celle-ci est une cadre au sein du parti au pouvoir.

L’OPJ n’a pas souligné dans son entretien avec le personnel de APRODH l’existence de cette dame dans le conflit. Aussi, d’après Cynthia, elle a était toujours contre leur couple. Dans l’hypothèse où cette tante est vraiment impliquée dans cette affaire, et au cas où elle voudrait faire quelque chose de mal contre ce couple, elle se serait mise à épier Cynthia pour savoir ce qu’elle fait qui elle fréquente et où. Ceci peut expliquer, si on réfère à la version de Cynthia que l’OPJ soit au courant du Centre Communautaire et des noms des organisations LGBT.

En somme, il est difficile de voir sur quelle base légale, les deux personnes sont détenues. Ceci nous pousse à dire que cette détention est arbitraire.

Aussi, en affirmant qu’il est entrain de faire des investigations sur le travail des organisations/activistes LGBT au Burundi, l’officier de police viole le principe de liberté d’association des ces organisations.

Recommandations et mesures prises

  • Aucun membre de l’équipe de MOLI ne devra être directement en contact au BSR avec Cynthia et sa compagne,
  • Tenir informer les autres organisations LGBTI et le Centre Remuruka sur le cas,
  • MOLI doit mobiliser et sensibiliser les autres membres des organisations et de la communauté pour garder une certaine retenue sur cette affaire et ne pas faire des visites à Cynthia et à sa compagne,
  • De soumettre à RCL une demande pour l’assistance en nourriture pour les deux à travers la famille de Cynthia,
  • Continuer avec l’action engagée avec APRODH,
  • Tenir informer différents partenaires sur l’évolution de cette situation.
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