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marqués avec: gaybashing / l'homophobie
Stop gaybashing

in WORLD, 11/03/2012

Fin de semaine dernière, des personnalités flamandes, Bekende Vlamingen, comme on dit, .. , ont signé un carte blanche pour dénoncer les agressions homophobes en recrudescence et exigé de la police, de la justice et du monde politique en général, qu'ils se mobilisent contre ce fléau du gay bashing, comme on dit, qu'on pourrait traduire un peu librement par "casser du PD".

Mais si cette carte blanche a eu un certain retentissement, c'est parce qu'elle désignait clairement certaines jeunes allochtones comme responsables de cette violence homophobe.

D'où immédiatement un certain malaise, n'est-on pas en train de monter les minorités les unes contre les autres, d'instrumentaliser la cause homosexuelle contre les immigrés et musulmans dans un contexte qui est de plus en plus pesant sur ces questions.

Eh bien je crois pour ma part, qu'il ne faut pas avoir peur de poser la question et d'appeler un chat un chat. Alors agression homophobe, c'est une réalité, une réalité d'ailleurs sous-estimée car beaucoup homosexuels n'osent pas porter plainte craignant notamment la confrontation avec des policiers qui ne sont pas toujours de la plus grande délicatesse dans ce genre de situation. C'est un premier problème.

Deuxième problème, l'homophobie dans les communautés allochtones. Là aussi, il ne faut pas tourner autour du pot, le problème existe ; les signataires de cette carte blanche ne sont pas racistes parce qu'ils constatent que ceux qui les agressent, sont majoritairement d'origine étrangère. Mais évidemment, il ne faut pas tout mélanger et je crois qu'on peut dire trois choses.

Première chose, tous les jeunes allochtones ne sont évidemment pas homophobes, pas d'amalgame. On ne parle bien sûr que d'une minorité de délinquants et ils doivent être sanctionnés sans faiblesse par la police et la justice, point, barre.

Deuxième chose, les allochtones n'ont pas le monopole de l'homophobie. Malgré des lois qui interdisent toute discrimination à l'égard des homosexuels, des lois qui leur permettent d'ailleurs aussi de se marier, d'avoir des enfants, eh bien, il reste une homophobie latente dans la société en général.

Troisième chose qu'il faut dire, ces agressions homophobes de la part de jeunes allochtones ne trouvent pas leur source dans l'islam contrairement à ce qu'on pourrait penser. Alors certes, l'islam condamne l'homosexualité mais ni plus ni moins que le christianisme. Le problème est d'une autre nature, il tient, je crois, dans la persistance dans certaines diasporas allochtones, de rapports de parenté, de sociabilité, de type patriarcal.

Or, le patriarcat n'est pas favorable, c'est le moins qu'on puisse dire, aux droits des homosexuels ni aux droits des femmes, d'ailleurs. Tous les problèmes dit interculturels avec les communautés allochtones si on y regarde de près, eh bien, touchent au poids de cette idéologie patriarcale notamment celui des mariages arrangés dont vous venez de parler.

D'où la nécessité comme les signataires du texte, le suggèrent eux-mêmes, d'un travail en profondeur au sein des communautés, avec les parents, les leaders religieux, et bien sûr à l'école, où l'homosexualité n'a pas encore pleinement droit de cité.

Tout ceci pour dire, Marie Laure que même si l'on pense que l'homosexualité est contre nature, même si l'on n'aime pas les homos, pour des raisons culturelles ou autres, eh bien, ceux-ci jouissent en démocratie de droits désormais intangibles et cela n'est tout simplement pas négociable.

Edouard Delruelle
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