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Pan Africa ILGA Apinda Mpako, Pan Africa ILGA
anonymous contributorÉcrit anonymement. (Français)

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Déclaration africaine sur le rapport remis au Haut commissaire au sujet de l’orientation sexuelle et de l’identité de genre

in WORLD, 09/03/2012

Jacqueline Kasha a lu une déclaration à la 19ème session du Conseil des Droits de l'Homme qui a eu lieu à Genève le 7 mars 2012.

Video (go to 02:50:30)

Nous, militants africains, nous exprimons au nom des personnes de tout notre continent qui font face continuellement à des persécutions et à des violences en raison de leur orientation sexuelle ou de leur identité de genre. Nous nous exprimons aussi en solidarité avec l’opinion exprimée par le réseau Femmes sous lois musulmanes dans la lettre qu’il a adressée à la présidence du Conseil des droits de l’homme.

Nous avons pris connaissance avec joie du rapport de la Haute commissaire des Nations unies aux Droits de l’homme, Navi Pillay, qui met en évidence la condition déplorable des droits humains pour les personnes LGBTI.

Nous nous réjouissons du leadeurship dont a fait preuve l’Afrique du Sud en ouvrant le dialogue au sujet des droits humains des personnes aux identités et sexualités non habituelles. Nous appelons instamment les États membres à saisir cette occasion pour prendre part à un dialogue constructif sur cette question importante.

Le continent africain s’est élevé et continue de s’élever contre des structures oppressives telles que le colonialisme, l’apartheid, le despotisme et la dictature. Mais les personnes LGBTI continuent de subir l’oppression et la violence qui découlent :
1. de lois archaïques et barbares contre certains types de relations sexuelles consentantes ;
2. des idées victoriennes de morale déguisées en valeurs traditionnelles africaines ;
3. de notions patriarcales quant au genre et à l’expression du genre ;
4. de fondamentalismes religieux ;
5. de concepts sociaux fortement ancrés qui sont en contradiction avec les valeurs africaines d’Ubuntu, d’acceptation, de paix et de coexistence.

Les LGBTI en Afrique sont continuellement confrontés à la stigmatisation et à la discrimination, au harcèlement et à des arrestations arbitraires, au rejet de la part de la famille ou de la sphère religieuse, au manque d’accès à des services sociaux parmi lesquels la santé, la justice, l’hébergement, l’éducation, l’accès à un travail digne. Tout cela est en contradiction avec le fait que les États africains sont signataires de la Déclaration universelle des droits de l’homme, de la Charte africaine sur les droits des hommes et des peuples, en particulier son article 2, et les valeurs de l’Union africaine d’égalité et de non-discrimination.

En tant que militants africains LGBTI, nous ne demandons aucun droit nouveau ni spécial ; nous vous appelons à respecter vos obligations découlant des instruments juridiques internationaux et régionaux et de vos propres constitutions nationales : tous reconnaissent l’égalité et la non-discrimination pour tous les êtres humains.

Nous appelons les États africains à mettre fin à la violence et à la discrimination contre leurs citoyens LGBTI, à abolir toutes les lois discriminatoires en vigueur actuellement. Nous appelons tous les États africains à créer des environnements légaux et sociaux de nature à ce que tous les citoyens jouissent des mêmes droits, de façon égale.
 

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