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ILGA à la 11e Rencontre Internationale Femmes et Santé

in WORLD, 21/09/2011

La 11è édition de la rencontre internationale Femmes et Santé, RIFS (International Women's Health Meeting), s’est tenue à Bruxelles du 13 au 17 septembre 2011. Le thème de cette édition était : Santé, Droits, liberté, justice…. Diversifions les discours, mobilisons-nous !

Cette rencontre s'adresse aux défenseurs de la santé des femmes, aux actrices de terrain, aux féministes, aux universitaires, aux institutions financières et autres réseaux intervenant sur la santé des femmes. Elle crée une plate-forme permettant d'échanger, d'informer, de questionner et d'agir sur les politiques et pratiques concernant la santé des femmes, leurs droits humains, en particulier sexuels et reproductifs.
ILGA été invitée à intervenir lors de la plénière du 15 septembre « La dynamique des mouvements et réseaux : formes de résistances, d’organisations et plaidoyer au sein des mobilisations de femmes ».

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Voici l’exposé présenté par Patricia Curzi

(présentation en powerpoint ci-dessous)

 

Bonjour à toutes et à tous,

ILGA, association internationale de lesbiennes, gays, bisexuels, personnes trans et intersex, est un réseau de pus de 800 organisations LGBTI et via ses membres elle est présente dans 110 pays dans le monde. Ses objectifs sont : oeuvrer pour le respect des droits humains des personnes LGBTI et lutter contre les discriminations sur base de l’orientation sexuelle et de l’identité de genre.

ILGA et ses membres travaillent sur les questions des droits, y compris le droit à la santé des minorités sexuelles.
Le droit à la santé est un droit humain fondamental, énoncé dans la constitution de nombreux pays. Ceci suppose que les pouvoirs publics créent des conditions telles que toute personne puisse jouir du meilleur état de santé possible.

L’Organisation Mondiale de la Santé à dénombré une série de déterminants sociaux de la santé.
L’état de santé dépend de l’âge, de la classe sociale, de l’ethnie, de la culture, du lieu où on vit, d’un possible handicap, du genre et, je rajoute, …. de l’orientation sexuelle et de l’identité de genre.

Comme pour tous les droits humains, le principe de non-discrimination est fondamental pour l’exercice de ce droit.

Quand on parle d’homosexualité, on associe santé, hiv/sida et homme gay. ILGA s’est penchée sur le droit à la santé des lesbiennes, souvent oubliées, ignorées, voire méprisées.
Au niveau du siège international nous avons coordonné plusieurs projets de santé lesbienne, le dernier étant un sur les mythes et les réalités. Ce projet a été conçu en FR, NL et EN.

Nous avons voulu faire un travail sur les stéréotypes, car nous savons que ceux-ci ont un impact négatif sur la santé des lesbiennes. Bien que certaines idées reçues s’appliquent aussi à la santé des femmes hétérosexuelles, nous avons décidé de nous concentrer sur les stéréotypes qui visent spécifiquement la santé des lesbiennes.

Certains de ces « mythes et réalités » sont déclinés à travers trois feuillets pour aborder les thèmes de cancers du sein et du col de l’utérus, le VIH/Sida et les infections sexuellement transmissibles, ainsi que le bien-être des lesbiennes.
Un quizz sur les mythes permet de tester vos connaissances d’une manière ludique.

Un exemple de mythes très dur à démystifier est que les lesbiennes n’ont pas besoin de contrôle gynécologique. On oublie l’importance de la prévention et de la détection à un stade précoce des cancers du sein et des cancers du col de l’utérus, ces deux types de cancers sone parmi les plus répandus chez les femmes dans le monde.

En faisant référence au titre du panel, je voudrais donner maintenant un bel exemple de résistance rencontré au cours de mon travail chez ILGA.
La responsable de l’association nigériane et féministe INCRESE a organisé, dans son pays, des ateliers sur le Plaisir comme moyen de diminuer la violence faite aux femmes. C’étaient des ateliers mixtes hommes et femmes avec à la clé une formation d’éducation sexuelle pour sensibiliser les hommes sur le fait que penser au plaisir des femmes au lieux de leur faire violence augmente leur propre plaisir et satisfaction. C’est faire fi d’un sacré tabou !
Par la même occasion elle en a profité pour organiser des ateliers accessibles exclusivement aux femmes où elle a parlé d’homosexualité, plaisir et santé sexuelle pour les femmes qui ont des relations avec des femmes.
Cette femme courageuse a posé un acte de résistance dans un pays où, dans sa partie nord, on applique la peine de mort pour les personnes ayant des relations sexuelles entre même sexe.

Pour un exemple sur les formes d’organisation je voudrais mentionner ILGA.
La brochure de prévention sur Cancer du sein et du col de l’utérus en FR et NL à été conçue avec l’aide de 8 partenaires et a été financée par la Fondation Belge contre le Cancer.
Nous avons réussi à mettre en commun notre expertise et fait bénéficier de nombreuses associations car cette brochure a été ensuite traduite et adaptée dans 13 pays différents comme la France, la Suisse, l’Italie, l’Espagne, mais aussi le Mexique, les Philippines, le Sri Lanka et la Namibie.

Pour Mythes et réalités en FR et NL nous avons travaillé avec 9 partenaires belges et bénéficié d’un financement qui n’aurait pas été attribué à 9 associations différentes.
Tous les documents d’ILGA sont, par ailleurs, libres de reproduction afin de ne pas dupliquer le travail existant et de maximiser les fonds, si limités quand il s’agit de projets de santé pour les femmes et encore plus pour les projets santé pour les lesbiennes.

Pour le plaidoyer des lesbiennes au sein des mobilisations de femmes, je voudrais souligner que, du fait qu’elles subissent au moins une double discrimination, de par leur genre et par leur orientation sexuelle, elles ont aussi une sensibilité large et participent à la lutte pour l’obtention des droits qui va au delà de leurs seuls intérêts.
Elles ont montré une solidarité dans la lutte contre les dictatures en Amérique Latine, contre l’apartheid en Afrique du Sud, étaient et sont présentes dans les mouvements pour la paix en ex-Yougoslavie et en Palestine.

Elles ont montré une solidarité avec groupes et mouvements féministes, leurs alliées historiques, pour le droit à l’avortement, au divorce, à disposer de son propre corps, droits reproductifs et sexuels, tant au niveau national qu’auprès des Nations Unies.

Les mouvements féministes n’ont pas toujours montré une solidarité réciproque quand il s’agissait de défendre aussi les droits des lesbiennes. Ainsi elles se retrouvent souvent seules à devoir se battre pour des droits humains qui les concerne plus spécifiquement comme : l’accès à l’information sur la santé, l’accès aux soins de santé, le doit à choisir une sexualité non hétérosexuelle, les droits reproductifs en dehors d’un schéma hétérosexuel hommes/femmes; droit à ne pas subir des violences, on a même conié une expression « viol curatif » pour les redresser sur le bon chemin de l’hétérosexualité.  Et pour finir droit, tout simplement, à vivre.

Pourtant les lesbiennes peuvent apporter une réflexion originale aux mouvements féministes. Et la RIFS est un modèle en ce sens car elle a offert un espace de parole et d’expression non seulement dans cette 11e rencontre mais aussi dans les précédentes.
Les lesbiennes peuvent apporter un regard original sur le rôle de la « femme » en questionnant le concept de la « femme biologique » et de la « femme sociale ».  Elles apportent un regard nouveau sur le corps des femmes, en refusant, par exemple, des implants mammaires après avoir subi un ablation du sein suite à un cancer. Une femme serait-elle moins femme avec un sein en moins ?  Elles apportent aussi une approche transversale de lutte contre les discriminations multiples.

Alors que pouvons-nous faire ?

  • Démystifier mythes et stéréotypes : quand cela s’applique à un droit fondamental comme la santé, ça peut avoir des conséquences néfastes.
  • Offrir un espace de discussion ouvert et respectueux de toutes les différences car les femmes ne sont pas un groupe monolithique et uniforme.
  • Ne jamais faire de présupposé d’hétérosexualité qui exclut toute personne qui n’entre pas dans un schéma hétéronormatif homme/femme.
  • Mettre en commun ressources et connaissances et inclure dans les projets santé les questions des minorités sexuelles. Dans un contexte de crise économique et de diminution de fonds les femmes et les minorités, quelle qu’elles soient, sont les plus touchées. Alors notre force est de travailler ensemble au delà de nos différences.

Le travail en réseau, au niveau international, traverse les cultures, aide à dépasser certains codes de référence figés, permet de sortir d’une vision colonialiste de la santé et donne la possibilité de trouver des solutions locales adaptées.

Je désire terminer avec le Slogan de la Marche Mondiale des Femmes :

Tant que toutes les femmes ne seront pas libres
nous serons en marche.

Merci

Patricia Curzi

 

http://www.11rifs.org/

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