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Pan Africa ILGA Apinda Mpako, Pan Africa ILGA
anonymous contributorÉcrit anonymement. (Français)

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Roger Eric MBEDE, arrêté pour homosexualité et susceptible de passer trois ans en prison, attend encore d’être jugé.

in CAMEROON, 03/10/2012

Suite aux récurrentes violations des droits de l'homme en direction des personnes supposées ou réelles homosexuelles au Cameroun, les associations qui œuvrent au quotidien sur les questions de la promotion des droits de l'homme et de lutte contre le VIH/Sida s'interrogent sur les différents cas d'arrestations et emprisonnements qui ont un canevas qui ne respecte pas le code de procédure pénal sur le quelle les fonctionnaires du gouvernement Cameroun appuient leurs arguments pour justifier leurs actes.

Les associations qui oeuvrent au quotidien pour la promotion et la défense des droits de l’Homme et de lutte contre le VIH/Sida ont assisté le 17 septembre à la Cour d’Appel du Tribunal de Grande Intense de Yaoundé sir à côté de l’ancien Palais présidentiel « Musé National » au procès de Roger Eric MBEDE suivant l’appel fait par les avocats de la défense à sa condamnation de 3 ans d’emprisonnement pour délit d’homosexualité.

Roger MBEDE est actuellement en liberté provisoire: étant tombé malade lors de son séjour en prison, il a en effet dû subir une opération chirurgicale. « Me Michel TOGUE à vérifié vendredi le 14 septembre2012 que l’audience était maintenue puisque je me déplaçais spécialement pour cette audience. La collégialité présidé par le juge, Mr BOULE MEKE lui a dit que le dossier était en état et que donc nous pouvions plaider sur le fond. Lors de l'audience, la composition du panel des juges avait changé. La nouvelle équipe présidée par Mr DLAMDOUDOU, Mr IROUME et Mm AMOUGOU BELINGA a d'abord soulevé un premier incident. Selon elle, Il manquait des documents dans leur dossier. Nous sommes allés les chercher. (Comme si ça empêchait la tenue de l'audience ...). Puis elle a soulevé un deuxième incident soit le pseudo citation irrégulièredu plaignant. Ils ont donc décidé de renvoyer l’audience au 19 Novembre ». Déclaration de Me Saskia DITISHEIM, avocat au barreau de Genève et New York, présidentes des avocats sans frontière Suisse, seconde Me TOGUE dans le cadre de ce procès.

Nonobstant ; Sept personnes sont actuellement détenues pour homosexualité, soit six à la prison centrale de Yaoundé : SINGHA KUMIE Jonas, DJOME Franky, OMBWA Joseph Magloire, TIOMELA LONTSI Emma, NTSAMA Séraphin, NTAMACK Nicolas. Alors que un seul en détention à la prison central de New Belle sur Douala : Gervais Akam. Par contre ASSOM NDEM née DJULA, ABOA Esther, ABESSOLO Martine Solange quant à elles sont en liberté dans l’attente d’une décision sur la suite de la procédure. Toutes ces personnes ont été interpellées suivant une procédure qui ne respecte pas le Code de procédure pénal Camerounais. Ces procès violent et ne respectent pas non plus ce code qui fait l’objet de ces arrestations. Ayant eu lieu en l’absence de flagrant délit, aucune preuve n’a été apportée aux procès verbaux de synthèse de l’enquête préliminaire : chaque fois, il ne s’agit que de suppositions et de déclarations faites par les officiers de polices judiciaires.

Me André NLEND, l’un des avocats qui avait défendu un cas d’arrestation constitué par l’amie des victimes s’offusque des multiples violations observées dans toutes les procédures. Les prévenus n’ont jamais été arrêtés en flagrant délit. Il ne leurs pas été rappelés qu’ils avaient droit à un avocat ni de garder le silence. Ils ont subi des examens médicaux forcés alors qu’ils étaient menottés. Il existe de nombreuses contradictions dans les procès verbaux établis, qui n’ont d’ailleurs pas été signés par les accusés. Les associations camerounaises : CAM-FAIDS, Humanity First Cameroon, Aids Acodev, ADEFHO, REDS et Colibri qui oeuvrent au quotidien pour la promotion et la défense des droits de l’Homme et de lutte contre le VIH/Sida dénoncent à nouveau les violations des droits de l’homme et l’utilisation de matériel de prévention du VIH/Sida comme preuve d’un délit, fut-il sexuel.

Nous demandons au Gouvernement Camerounais la libération immédiate de SINGHA KUMIE Jonas, DJOME Franky, OMBWA Joseph Magloire, TIOMELA LONTSI Emma, NTSAMA Séraphin NTAMACK Nicolas et Gervais Akam qui sont actuellement détenus pour homosexualité dans les prisons centrale de Yaoundé et Douala. Nous demandons aussi l’annulation immédiate et sans délais des poursuites judiciaires à l’encontre de Mr Roger Eric MBEDE et des autres accusés. L’absence de preuves, les irrégularités présentes dans chacune des procédures, le non-respect de la part du gouvernement camerounais de ses engagements internationaux est autant d’éléments qui devraient permettre dès aujourd’hui l’annulation de ces poursuites et la libération de tous les accusés d’homosexualité au Cameroun. La pénalisation de l’homosexualité au Cameroun est une aberration tant sur le plan sanitaire, juridique, politique, et par-dessus tout, humain. Cela est prouvé par:

  • Le plan stratégique national de lutte contre le Sida 2011-2015 indique clairement que les hommes qui ont des relations sexuelles avec d’autres hommes sont considérés comme des
    personnes à hauts risques de contamination. La pénalisation de l’homosexualité rend difficile le travail de prévention. Elle favorise un climat de non-dit propice à la prise de risque. Elle met non seulement en danger les hommes ayant des rapports sexuels avec d’autres hommes mais leurs proches, en particulier leurs éventuelles partenaires femmes, qu’ils soient mariés ou non.
  • L’article 347 bis n’a pas été voté par le parlement, seule institution ayant initiative des lois avec le Président de la République. Elle est donc illégale.
  • La Constitution n°123 du 22 avril 2008, tout comme les Conventions et Traités signés et ratifiés par le Cameroun, consacrent le principe de la protection des minorités et de l’égalité des droits fondamentaux pour tous. Elle reprend de fait la Déclaration universelle des Droits de l’Homme de 1948.
  • Dans un discours le 10 février 2006, le Président de la République, premier Camerounaise garant des droits de l’homme qualifiait lui-même la vie privée de « sacrée ».

Comme dans tout pays, en Afrique et ailleurs, un simple examen de la réalité, jadis et aujourd’hui indique que certains hommes ont occasionnellement ou régulièrement, exclusivement ou non, des rapports sexuels avec d’autres hommes. La loi ne sera ni nier, ni taire et encore moins faire disparaître cette réalité. Au-delà de toute polémique, les homosexuels et homosexuelles camerounais ne demandent qu’une chose : jouir sereinement de leur citoyenneté sans être inquiétés ni harcelés par une loi d’un autre âge.

Fin.

Pour plus d’informations contactez :
CAM-FAIDS: camfaids@gmail.com, Tel: 00 237 22 62 22 56
Dominique MENOGA NANGA, Président de la CAMFAIDS : domston2004@yahoo.fr, Tel : 00 237
99 70 96 56
Humanity First Cameroon: humanityfirstcam@yahoo.fr, Tel: 00 237 22 69 93 48
Aids Acodev: acodes2007@gmail.com,
Adefho: adefho@live.com,
REDS : redscm@yahoo.fr, Téléphone : 00 237 22 20 68 59
Colibri : collibri_002@yahoo.com,

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