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Yves Matteis
Une coalition internationale de villes comme moyen d'établir une chaîne de solidarité contre l'homophobie et la transphobie

in WORLD, 15/06/2011

Panel de l’ILGA au Conseil des droits de l’Homme de l’ONU, 7 juin 2011, « Le consensus grandissant entre les gouvernements concernant la fin de la criminalisation basée sur l’orientation sexuelle et l’identité de genre » par Yves de Matteis, membre du Parlement de la Ville de Genève

Avant toute chose, je voudrais ici remercier l’ILGA et les différents autres co-sponsors d'avoir rendu possible cette table ronde, et dire également mes remerciements à l’audience pour sa présence.

Hier, après avoir prêté serment en tant que conseiller municipal réélu en Ville de Genève, j’ai réfléchi quelques instants au thème abordé par la table ronde d’aujourd’hui – « le consensus grandissant entre les gouvernements concernant la fin de la criminalisation basée sur l’orientation sexuelle et l’identité de genre ». Et j’ai regardé autour de moi.

J’ai regardé autour de moi, et j’ai vu la présidente de l’association lesbienne genevoise Lestime, Catherine Gaillard, qui a aussi été la première présidente ouvertement lesbienne du Parlement de la Ville; j’ai vu le secrétaire de l’organisation homosexuelle nationale, Jean-Paul Guisan, élu conseiller municipal dans le même parlement; j’ai aussi vu et me suis rappelé de nombreux autres gays et lesbiennes, bisexuels et transgenres, activistes ou non, qui ont permis de faire avancer les choses, à tous les niveaux, ici en Suisse et ailleurs.

Puis j’ai repensé aux premières fois où des militants LGBTI se sont exprimés aux Nations Unies, en 1994 – il y a 17 ans –, dans cette même salle où le Conseil des droits de l’homme a lieu aujourd’hui, à quelques pas d’ici : Douglas Sanders, Giselda Fernandes et quelques autres. J’étais parmi eux, et je peux vous assurer que tout le monde se retournait, alors, lorsque des mots comme « gay », « lesbienne », « bisexuel » ou « trans » étaient prononcés – les têtes se tournaient pour voir qui étaient celles et ceux qui osaient parler haut et fort.

Depuis lors, évidemment, d’autres activistes ont osé s'exprimer, venant d’endroits moins sûrs, plusieurs aujourd’hui décédés, comme David Kato, d’Ouganda, Noxolo Nogwasa, d’Afrique du Sud, et Fanyann Viola Eddy, de Sierra Leone. Plus récemment, ici, à Genève, une militante lesbienne, Kasha Jacqueline Nabagesera, a reçu le prix Martin Ennals pour les avancées qu’elle a rendues possibles dans le domaine des droits des personnes LGBTI.

Aujourd’hui, je regarde autour de moi, et je vois encore plus de raisons de penser que s'il y a un consensus grandissant entre les gouvernements concernant les droits des personnes LGBTI, c'est bien parce que, partout, des activistes ont su agir et se faire entendre, réaffirmant que si les droits humains sont universels, indivisibles, interdépendants et reliés entre eux, alors, ils doivent aussi inclure les droits des personnes discriminées en raison de leur orientation sexuelle ou de leur identité de genre.

À un niveau différent, mais également afin de rendre hommage à l'ensemble de ces activistes et organisations, le Parlement de la Ville de Genève a accepté à l’unanimité, en novembre dernier, une motion demandant le lancement d’une coalition internationale de villes contre l’homophobie et la transphobie. Le but de cette motion, que j'ai écrite avec ma collègue Ariane Arlotti, est d’essayer d’établir une chaîne de solidarité d’une ville à l’autre afin de combattre les discriminations basées sur l’orientation sexuelle ou l’identité de genre.

De nombreuses actions pourraient être menées par cette coalition – et je dis « pourraient » car nous ne savons pas encore quelles options cette coalition choisira, puisque ce sera aux villes membres de le décider :

— les villes membres de cette coalition pourraient partager leur expérience de bonnes pratiques, comme c’est déjà le cas dans plusieurs forums en Europe et ailleurs ;

— la coalition pourrait soutenir des organisations ou financer des projets, particulièrement dans les régions du monde où cela est le plus nécessaire ;

— la coalition pourrait aussi avoir son propre « prix », qui serait attribué à des individus ou à des organisations menant des actions dans le domaine ;

— la coalition pourrait avoir un bureau, et, si ce bureau est basé à Genève, il pourrait aussi permettre d'aider et accueillir des délégations de personnes LGBTI qui viennent ici à diverses occasions ;

— enfin, last but not least, les villes membres de cette coalition pourraient encourager leurs gouvernements respectifs à soutenir de futures initiatives comme la déclaration commune signée en mars de cette année.

Ainsi, l’un de mes nombreux souhaits est de pouvoir revenir dans cette salle dans quelques années avec des nouvelles de récentes avancées sur ces questions.

Merci de votre attention.

Yves de Matteis

 

Conseiller municipal Vert en Ville de Genève, Yves de Matteis a également été membre fondateur de plusieurs organisations LGBTI, a été membre du comité de l'ILGA, et, jusqu'en mars 2011, co-président de l'association faîtière gaie de Suisse Pink Cross.


Traduction de l’anglais : Romain Muller


Versions en anglais, espagnol et français: Cliquez sur le symbole de la langue à gauche de l’écran
 

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