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Afrique du Sud, Zanele Muholi: «Militer dans l'ombre n'est pas un choix»

in SOUTH AFRICA, /201

INTERVIEW. La photographe sud-africaine fait le point sur le difficile combat des LGBT africains alors que s'ouvre, le 28 mai, à Lyon, une exposition de son travail, au musée des Confluences. Se battre pour les droits LGBT en Afrique est un sacerdoce - même en Afrique du Sud, l'un des rares pays au monde où l'homophobie est anticonstitutionnelle. Pourtant, le courage reste de mise. Et en dépit des risques de répression, les militants restent mobilisés et s'organisent pour faire avancer le combat. Confidences de Zanele Muholi, une photographe et militante lesbienne sud-africaine.


TÊTUE: Pourquoi avoir choisi la photo pour militer pour les droits des lesbiennes?
Mon objectif est [notamment] de défaire la sous-exposition et l' invisibilité des lesbiennes noires, et de résister à la censure et au contrôle qui existe toujours sur nos corps en Afrique du Sud à cause du croisement de nos passés coloniaux et de l'apartheid. Les crimes de haine que subissent aujourd'hui les queers, les lesbiennes et les transsexuels sont les conséquences de ce passé.

Avez-vous le sentiment que l'Afrique du Sud aurait dû éduquer la population sur les problématiques LGBT avant d'entériner leurs droits dans la loi fondamentale?
Bien sûr. Ce manque d'éducation a induit en erreur les gens qui n'ont aucune compréhension des sexualités et des genres africains, ou des expériences quotidiennes vécues par les communautés LGBTI du pays. Une éducation sur l'orientation sexuelle et le genre doit être la priorité partout - que ce soit sur le plan national ou mondial.

Pensez-vous qu'il est préférable que les militants du continent africain agissent dans l'ombre ou ouvertement?
Militer dans l'ombre n'est pas un choix. Pour bien des Africains qui s'identifient comme homosexuels dans leur pays, la sécurité est un gros problème. Alors s'il est plus sûr pour eux de faire avancer le combat clandestinement qu'ouvertement, qu'il en soit ainsi. C'est une stratégie que de nombreux prisonniers politiques ont utilisée avec succès pendant l'apartheid.
 

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