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France : La mémoire de la «Vénus hottentote» réhabilitée à l’Athénée

in FRANCE, 11/03/2010

La pièce «Vénus» de l'Américaine Suzan-Lori Parks, basée sur l'histoire vraie de Saartjie Baartman –exilée en Europe et montrée comme une bête de foire– vient d'être mise en scène à l'Athénée, à Paris.

«En 1810, quelque part en Afrique du Sud, le Frère expose à L'Homme le dernier plan qu'il a échafaudé pour devenir riche: faire danser une femme noire devant le public anglais blanc. C'est alors que La Fille, une jeune servante noire, retient son attention. Les courbes de la jeune femme, au postérieur proéminent, lui font arrêter son choix sur elle. En lui faisant miroiter des promesses d'or et de gloire, il la convainc de partir en Europe...»
Le destin éclair de la «Vénus hottentote» exilée et exhibée dans les foires
Voilà l'histoire de la pièce de théâtre Vénus, écrite par Suzan-Lori Parks, basée sur l'histoire vraie de Saartjie Baartman, esclave en Afrique du Sud, exilée en Europe et montrée comme une bête de foire de Londres à Paris où elle finira sa vie, entre prostitution et alcoolisme, et probablement décimée par une pneumonie. Appelée «La Vénus hottentote», on se pressait pour voir son postérieur proéminent et son sexe protubérant. Entre 1810 et 1816, à Londres puis à Paris, elle fut déshabillée, exhibée, détaillée, caricaturée, puis disséquée illégalement par Georges Cuvier, professeur d'anatomie comparée au Museum national d’histoire naturelle, qui procède alors au moulage de son corps et conserve sa vulve, son anus et son cerveau dans du formol. Le squelette de la jeune femme, décédée aux alentours de 26 ans, fut recouvert de plâtre et gardé au Musée de l'homme jusqu'en 1974… La dépouille sera restituée à l'Afrique du Sud en 2002 après le vote d'une loi et un imbroglio juridico-diplomatique, où Saartjie Baartman aura des funérailles décentes le 9 août 2002.
Une histoire macabre au croisement de trois débats contemporains
Cette histoire horriblement macabre qui glace le sang, condense trois débats contemporains, comme l'analyse la philosophe Geneviève Fraisse: «le débat qui noue la question du sexe et de la race, du genre et de la couleur, le débat qui exprime la tension entre le traitement des femmes comme objet, image, marchandise, chose sexuelle et la dynamique contemporaine du devenir sujet, et enfin le débat du corps comme propriété de soi ou propriété de l'autre, corps sexué et sexuel, corps livré à la science, corps approprié par le musée.» La philosophe Geneviève Fraisse qui a signé la «Tribune» sur l'identité est la présidente du Comité d'honneur des Amis de Vénus qui a appelé au mécénat pour financer la pièce mise en scène par Cristèle Alves Meira.
 

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