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Marthe Djilo Kamga: «Les homos africains ne sont pas que des hommes. Les femmes sont là»

in BELGIUM, 15/02/2010

Auteure et cinéaste d'origine camerounaise et vivant à Bruxelles, Marthe Djilo Kamga s'engage pour la visibilité des lesbiennes africaines.

PORTRAIT. Le 24e festival gay et lesbien de Belgique vient de s'achever mais il a donné lieu à une belle rencontre: Marthe Djilo Kamga qui était la marraine du festival fait le point pour TÊTUE sur le militantisme, la visibilité lesbienne, l'homosexualité et le cinéma.

Marthe Djilo Kamga «Je suis avant tout une femme, noire, portée à la fois par des valeurs culturelles africaines et occidentales.» Marthe Djilo Kamga, marraine du 24e Festival gay et lesbien de Belgique, se définit comme «ni militante, ni chercheuse». Cette auteure et cinématographe d'origine camerounaise qui vit à Bruxelles souhaite parler et faire parler des femmes homosexuelles, tout simplement. La solidarité internationale, thème du festival cette année, est l'une de ses priorités, avec l'accompagnement de demandeur(se)s d'asile et la mise en lumière d'un quotidien difficile en Afrique.

Le manque de visibilité des lesbiennes
En travaillant dans la prévention des Infections Sexuellement Transmissibles (IST) et auprès de personnes migrantes atteintes du VIH, elle s'est rendu compte du manque de visibilité des lesbiennes. «Les réseaux homosexuels n'accordent que peu de place aux femmes. Et dans le paysage médiatique, en Afrique et au Cameroun en particulier, on prend pour acquis que l'homosexualité est masculine. Or, les femmes sont là, elles existent.» Et comment exister dans un pays où l'homosexualité est non seulement peu reconnue, mais aussi punie par la loi (jusqu'à cinq ans de prison ferme), objet de violences et de chantages?

Les stratégies de survie dans un milieu hostile
Dans un cahier publié par l'Université des femmes*, Marthe Djilo Kamga présente deux projets cinématographiques: un court-métrage qui met en scène trois personnes en quête de bonheur et un documentaire («Etre femme et aimer les femmes au pays») qui relate des tranches de vie d'homosexuelles camerounaises. «J'essaye de montrer dans ces deux projets les stratégies que les femmes développent pour survivre dans un environnement hostile: de la colocation au mariage de couverture...La majorité des Camerounais(es) homosexuel(le)s n'ont pas les moyens de tout quitter pour rejoindre une capitale européenne qui leur octroiera peut-être, un jour, un statut de réfugié.»

Faire changer les mentalités au Sud et au Nord
En donnant la parole aux femmes, Marthe Djilo Kamga plaide contre les injustices réservées aux homosexuel(le)s en Afrique et œuvre pour changer les mentalités, au Sud comme au Nord. Pour trouver les financements nécessaires à la réalisation de ses films, elle démarche des associations et des institutions, cherche un producteur. Elle milite, à sa façon.
 

* "Regards sur les homosexualités féminines au Cameroun"  peut être commandé auprès de l'Université des Femmes, Belgique
info@universitedesfemmes.be
 

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