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ILGA Stephane Tchakam, ILGA

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marqués avec: vih/sida
Le sida chez les gays au Ghana

in GHANA, 02/01/2010

Aucune attention particulière n'est accordée aux gays séropositifs au Ghana, pays où l'homosexualité est d'ailleurs considérée comme une déviance ou une malédiction.

Mon téléphone a sonné et mon ami, apparemment perdu à l’autre bout de la ligne et en larmes, m'a dit que notre ami, Kofi, était mort. Il a raccroché avant que je puisse demander les détails de sa mort. J'ai ensuite appelé l'ami le plus proche de Kofi, dont j’imaginais qu’il avait partagé les dernières heures de Kofi. C’est lui qui m’a appris qu’une semaine plus tôt, Kofi avait été admis dans un hôpital pour une sévère déshydratation.
 

Ce n'était pas la première fois que Kofi était interné pour ce genre d’ennuis de santé. Au cours des trois mois que j’ai passé au Ghana, l'été dernier, il a été admis à trois reprises pour les mêmes raisons à la suite d’une infection contre laquelle il se battait.
Kofi m’avait alors confié qu'il était infecté par le VIH. Je me suis senti comme honoré d'être mis dans la confidence de ce secret. Mais aussi accablé par le statut sérologique de mon ami qui était donc séropositif. Kofi avait sexuellement infecté par un homme. Oui! Kofi était gay.
 

Moins d'un an après son diagnostic, il avait sombré dans un sida déclaré. Malgré les efforts déployés pour le maintenir en vie, efforts médicaux notamment, il a succombé aux complications du SIDA. Il est mort sans que sa famille ne sache qu'il était gay ou infecté par le virus. C’est qu’au Ghana, aucune attention ni sociale, ni médicale, ni politique n’est accordée aux pratiques homosexuelles. Une forte prévalence du sida règne chez les gays et la prévalence est estimée à 25% par la commission Sida du Ghana.
 

Pour comprendre ce qui alimente cette épidémie, nous devons essayer de saisir les préjugés et les paradoxes qui entourent l'homosexualité et l'infection par le VIH dans le pays. L'homosexualité est considérée comme un tabou et l'acte est illégal et puni par le Code pénal ghanéen et lois sur la sodomie. La société tend à croire que l'homosexualité est une déviance du comportement et un trouble chez ceux qui ont une psychologique perturbée ou ceux qui sont possédés ou maudits.
Fatima Khalid, un conseiller VIH au Noguchi Memorial Institute of Medical Research à l'Université du Ghana-Legon, rappelle les propos d'une infirmière selon lesquels si son fils devait devenir gay, elle le tuerait par empoisonnement. Ma tante a renchéri une fois lors d'une conversation pour laquelle les homosexuels devraient être parqués et tués. Même les médias sont punis quand ils sont perçus comme favorisant ou cautionnant l'homosexualité à travers la diffusion de certains programmes. A la fin des années 1990, une animatrice de talk show, Oboshie Sai-Coffie, aurait perdu ses sponsors pour avoir interrogé quatre hommes ouvertement gais dans son émission de télévision. Compte tenu de ce climat généralement homophobe, les chercheurs en sciences sociales et les intellectuels ne s’intéressent pas au phénomène ni ne l’étudient. Et du point de vue santé publique, très peu d'informations, à travers des programmes spécifiques, ne sont mis à la disposition de ce groupe vulnérable pour lutter contre le Vih/sida.
 

Etre gay et séropositif isole physiquement, socialement et émotionnellement. Le Vih/sida est associé à l'homosexualité, à la prostitution, à la promiscuité et à la consommation de drogues injectables - des comportements considérés comme déviants. Par conséquent, chez les homosexuels qui contractent la maladie, le VIH / sida est considérée comme la honte suprême et aussi difficile que la condamnation qu'ils ont à supporter. En fin de compte, nous souffrons tous ! Les hommes homosexuels sont nos proches - frères, oncles, beaux-parents, et pères. Ce sont nos amis, nos collègues, nos professeurs et nos camarades de classe. Ils ne sont pas invisibles, ils vivent parmi nous, en chair et en os.

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