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Maître Abderrahim BERRADA
Hommage à Maître Abderrahim BERRADA

in MOROCCO, 28/12/2009

Regardez bien cet homme. Retenez bien son nom. Lisez bien sa biographie et ses déclarations qui suivent. Car il est très probable que vous n’en croiserez pas souvent de semblables sur votre route de lesbienne ou de gay marocains : le spécimen est devenu rare !

 Regardez bien cet homme. Retenez bien son nom. Lisez bien sa biographie et ses déclarations qui suivent.

Car il est très probable que vous n’en croiserez pas souvent de semblables sur votre route de lesbienne ou de gay marocains : le spécimen est devenu rare !

A. BERRADA a 71 ans. Il est avocat, spécialisé dans les procès politiques. Il a défendu les militants de l’UNFP (les ancêtres de l’USFP d’aujourd’hui), ainsi que d’autres militants politiques, dans les années 70.

En 1986, il a participé à l’aventure de la revue Kalima. Plus personne ou presque ne sait aujourd’hui ce qu’était Kalima, et c’est dommage. Kalima a été une des premières tentatives de création d’une revue libre au Maroc, libre dans le ton et dans les sujets qu’elle abordait.

Pourquoi est-ce important pour nous ? Parce que c’est dans Kalima qu’il a été une des toutes premières fois question de l’homosexualité au Maroc. (Malheureusement, il me semble me souvenir que c’était surtout sous l’angle de la prostitution, selon l’amalgame incontournable.)

Très vite Kalima a fait long feu et a été interdite. Et son silence assourdissant a duré jusqu’au renouveau de la presse marocaine qui a commencé il y a dix ans.

Mais je pense que, de même que s’il n’y avait pas eu l’UNFP pour que l’USFP puisse exister aujourd’hui, de même il fallait que Kalima ait existé pour qu’un magazine comme TelQuel puisse aussi exister aujourd’hui.

Et c’est tout naturellement que TelQuel, dans son dernier numéro (N° 386-387, 5 août-4 septembre), rend hommage à Abderrahim BERRADA dans une interview que je vous engage fortement à lire en totalité.. Hommage non seulement pour son action d’avocat des politiques, mais aussi pour ses prises de position lors du procès de Qsar El-Kebir.

Un procès dont nous n’avons pas fini de parler, puisque c’est à cette occasion que le Maroc est entré de plain pied dans le concert des nations qui pratiquent l’homophobie d’état. Lors d’un procès particulièrement inique où non seulement la « Justice » s’est comportée de façon indigne, mais où même le corps des avocats s’est vautré dans l’ignominie en refusant de défendre les accusés !

Signalons que ce n’est que grâce à l’Association Marocaine des Droits de l’Homme (AMDH) que ceux-ci ont finalement pu trouver des défenseurs. Mais même dans le cadre de l’AMDH, il s’est trouvé un courant homophobe pour remettre en question le principe de la défense des accusés de Qsar El-Kebir, ce qui est tout de même un comble !

C’est de ce manquement au principe universel de la défense de TOUS les droits humains, y compris celui à la différence sexuelle, que Me Abderrahim BERRADA fait reproche à l’AMDH dans son interview.

Extrait. Et là, lisez bien ce qui suit : c’est clair, c’est net, c’est simple, c’est sans bavure, c’est définitif :


Et sur l’homosexualité, vous reprochez quoi à l’AMDH ?
L’affaire de Ksar El Kébir était pour eux une occasion en or de défendre la liberté sexuelle. Ils ont protesté, mais ils n’ont pas été jusqu’au bout de leurs idées. Il fallait lancer le débat : les gens ont le droit de choisir leur orientation sexuelle. Point barre.


Voilà qui est dit, et bien dit ! C’est signé de Maître Abderrahim BERRADA, avocat, une des grandes et belles voix de ce pays, nettement plus agréable à entendre que celle de la MAP !

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