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Quand on nait transsexuel dans un pays du monde Arabe!

in ALGERIA, 06/12/2009

Quand on nait transsexuel, on découvre très vite que la vie ne va pas être une partie de plaisir et que c’est un combat de chaque instant contre soi et contre les autres tout au long de sa vie. Contre soi pour se donner le courage et la volonté indispensable pour aller jusqu’au bout de son accomplissement ; contre les autres pour les convaincre de son identité de genre et d’en essuyer les regards méprisants, les agressions verbales et physiques sans se décourager et perdre pied.

 Quand on nait transsexuel, on découvre très vite que la vie ne va pas être une partie de plaisir et que c’est un combat de chaque instant contre soi et contre les autres tout au long de sa vie. Contre soi pour se donner le courage et la volonté indispensable pour aller jusqu’au bout de son accomplissement ; contre les autres pour les convaincre de son identité de genre et d’en essuyer les regards méprisants, les agressions verbales et physiques sans se décourager et perdre pied.
Mais quand on nait transsexuel dans un pays du monde arabe, ce n’est plus un combat de devenir mais un combat d’être. Un combat d’être en vie et de le rester, d’être libre et de le rester, d’être digne et le rester. Considérés comme des homosexuels, les transsexuels sont condamnés par la loi dans la plupart des pays arabe à des peines de prison allant de 3 mois à 3 ans. En plus des lois héritées du colonisateur blanc se rajoutent les coutumes transmise du patriarcat arabo-musulman constituant notre société qui entre orient et occident ne sait plus sur quel pied danser et se retrouve ainsi réceptacle de tout ce qui est primaire et longtemps dépassé par d’autres civilisations. Une société où la femme est considérée comme un citoyen de second ordre et où il est inconcevable pour un homme biologique d’abandonner sa virilité pour devenir cet « être si inférieur » qu’est la femme. Il se retrouve ainsi relégué au rang de citoyen de troisième ordre pour ne pas dire au rang de chose ou on lui hotte jusqu’à son humanité. Une chose qui se transforme en cible vivante pour les acteurs de conflits et dieu sait combien ils sont nombreux dans notre région. En Algérie lors de la décennie noire de la guerre civile qui embrasa le pays et le plongea dans un cannibalisme politique sans précédant, les transsexuels mais aussi les homosexuels étaient à la fois la cible des terroristes qui se prenaient pour la main de dieu sur terre et des forces de l’ordre qui eux se prenaient pour dieu tout court. Cible facile et vulnérable, ils étaient massacrées en toute impunité au vu et su de tout le monde avec l’approbation de la population. A ce jour des transsexuels meurent assassinés en Algérie encore une fois en toute impunité. La même chose s’est produite au Liban durant sa guerre civile qui le réduisit de la Suisse du monde arabe à un plateau de tournage hollywoodien où le héros Rambo se livrait à des batailles sans pitié contre les forces du mal qui à l’époque étaient le bloc communiste. Dans l’Iraq d’aujourd’hui plus que d’hier on massacre des transsexuels et homosexuels en montrant à qui veut le voir les vidéos des exécutions sur YouTube. Unique exception à tout ce ko l’Iran qui autorise les opérations de changement de sexe et d’état civil sur tous les documents officiels. Mais si on cherche plus en profondeur on découvre que le pouvoir en place considère ces opérations comme un traitement contre l’homosexualité puisqu’il oblige des homosexuels à subir les mêmes opérations sous peine d’être exécuté. On découvre aussi que les transsexuels Iraniens souffrent d’une discrimination sourde de la part de la société Iranienne et un rejet presque total de leurs familles.
La communauté transsexuelle du monde arabe reste la plus vulnérable de toutes les communautés LGBTIQ ; car on peut choisir de cacher son homo ou bisexualité et vivre ainsi une double vie sans être trop dérangé. On peut travailler, avoir une vie sociale sans que personne ne sache qu’on est homo ou bisexuel mais quand on est transsexuel on ne peut pas s’offrir le luxe d’être dans le placard. Ou on vit son identité pleinement et complètement au su et vu de tout le monde et en subir ainsi les conséquences, rejet de la famille, perdre son travail, subir l’incompréhension de la société et être réduit le plus souvent à la prostitution comme seul moyen de subvenir à ses besoins pour les MTF, ou alors ne pas vivre du tout son identité et devenir l’ombre de soit même et succomber à la dépression et l’autodestruction.
Quand on est dans une prison, on espère toujours en sortir un jour mais quand cette prison est son corps où s’enfuir.

By randa

 

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