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Serges T.
Cameroun : Un jeune gay échappe à la mort

in CAMEROON,

Fin janvier 2011, Serges T. a failli être brûlé vif à Douala par une foule en furie à cause de son homosexualité.

La mésaventure de Serges T. s’est produite le 28 janvier 2011 au quartier Bonaberi à Douala. Il est alors deux heures du matin lorsque ce jeune homme est réveillé par un cousin, lui-même traîné là par « une meute d’une quinzaine de personnes », selon les déclarations de Serges T. Il s’agit en réalité de membres d’un groupe d’autodéfense d’un quartier voisin. Les groupes d’autodéfense, dans certaines villes camerounaises, se chargent d’assurer la sécurité des habitants la nuit tombée. Des groupes qui se sont bien souvent illustrés par des dérapages.

Alors que Serges ne se résout pas ouvrir, l’autodéfense force la porte et sort son occupant de force en l’accusant d’être un pédé. « Ils m’ont dit qu’ils savaient que je suis homosexuel et que l’homosexualité est une secte. Ils m’ont dit que je n’avais pas le droit de vivre dans le quartier. Ils ont décidé de mettre le feu à ma chambre. Ma bailleresse les a suppliés de n’en rien faire ».

Ils ramassent cependant argent, téléphone portable et autre objet intéressant. Serges est traîné à l’extérieur de la chambre et copieusement tabassé. « Mon corps est tuméfié et ils se sont servis de lattes, de bâtons, de tout ce qui leur tombait sous la main. » On se propose même de le brûler vif puisqu’on lui passe un pneu autour du cou et on l’asperge d’essence, comme l’on procède dans certains coins de la ville avec les malfrats. « Ce sont les gars de l’autodéfense de mon propre quartier qui sont venus voir ce qui se passait et se sont opposés à ce que l’on me brûle. Tout de même, ils m’ont chassé du quartier et du coup, d’autres personnes dans la foule ont énuméré un certain nombre de mes proches qu’ils disent aussi homosexuels et qui sont recherchés dans le quartier pour subir le même sort ».
C’est mal en point que Serges T. s’est rendu au cabinet de maître Alice Nkom pour raconter son histoire. Prêt à témoigner à visage découvert, il a cependant pris le chemin de son village natal pour se soigner et se ressourcer. A la suite de l’affaire du financement annoncé par l’Union européenne d’un projet LGBT, une vague homophobe a déferlé dans la presse camerounaise en particulier. Ce sont d’ailleurs des journalistes qui ont lancé une fatwa contre les homosexuels, invitant à les traquer et à les brûler. Pour l'association Adefho dirigée par maître Nkom, "c'est la chasse à l'homo qui a commencé".
Stéphane Tchakam
 

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