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Kenya: «On ne peut plus nier l'existence des lesbiennes»

in KENYA, 22/11/2010

INTERVIEW. De passage en France, la militante kenyane Judith Ngunjiri raconte son engagement pour les femmes homos de son pays et les difficultés qu'elles rencontrent.


Elle a le visage juvénile, le verbe doux, le sourire enfantin. Mais ne vous fiez pas aux apparences. Judith Ngunjiri (qui n'a pas souhaité apparaître de face sur notre photo, pour des raisons de sécurité) est une amazone des droits des femmes lesbiennes, bisexuelles, transsexuelles et des personnes intersexuées (LBTI). A 24 printemps, cette Kenyane étudiante en droit compte déjà quatre ans de croisade. Ses armes? La Coalition gay et lesbienne du Kenya (GALCK) et la Minority Women in Action. De passage à Paris, après une escale à la Lesbian Week de Bruxelles (lire notre article), Judith Ngunjiri explique à TÊTUE son engagement.

TÊTUE: Quelles sont les missions de la Minority Women in Action, que vous avez cofondée?
Judith Ngunjiri: Nous essayons d'obtenir des changements législatifs et politiques. Pour cela, nous collaborons avec d'autres groupes et certaines institutions du gouvernement qui travaillent à changer certaines lois ou à en présenter de nouvelles, comme ce projet de loi sur l'égalité sur lequel nous discutons. Nous nous concentrons aussi sur la sensibilisation aux droits humains des LBTI et sur leur bien-être: nous organisons des fêtes, des camps et des ateliers sur des sujets comme la santé mentale, sexuelle et reproductive.

De quels maux souffrent les LBTI?
On essaie d'éradiquer la stigmatisation, la discrimination et les stéréotypes. Parce qu'il y en a beaucoup: les gens disent que les lesbiennes veulent devenir des hommes, qu'on devient lesbienne parce qu'on n'a pas rencontré le bon homme, parce qu'on a été violée... Mais nous n'avons pas eu de cas de viol rapporté. En revanche, des filles ont été menacées de viol parce qu'elles étaient homos et ont parfois dû déménager parce qu'elles ne se sentaient plus en sécurité.

Constatez-vous un changement de la perception des lesbiennes?
C'est indéniable. Il y a cinq ans, les gens disaient que les LBTI n'existaient pas au Kenya. Mais depuis quelques temps nous sommes très visibles dans les médias et les gens ne peuvent plus nier notre existence. Aussi, si des leaders religieux dénoncent haut et fort les gays et les lesbiennes, d'autres -pas les plus influents, malheureusement- comprennent l'identité homo. Même s'ils ne sont pas d'accord, entre autres, avec le mariage entre personnes de même sexe. Ce sont des alliés auxquels on ne s'attendait pas!
 

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