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Cameroun: deux homos incarcérés après des examens médicaux «dégradants»

in CAMEROON, /201

Les deux accusés doivent comparaître le 12 novembre. L'Association de défense de l'homosexualité (Adefho) et Alternatives-Cameroun se mobilisent pour obtenir leur libération.

Tout est parti d'un larcin. Emmanuel est arrêté fin septembre à Yaoundé pour un vol perpétré au domicile d'une Française. Lors d'une fouille à la compagnie de gendarmerie de Yaoundé, les éléments découvrent qu'Emmanuel possède des préservatifs et un lubrifiant qui porte la mention «Glisse entre mecs», selon les procès-verbaux d'enquête préliminaire que s'est procurée l'Association de défense de l'homosexualité (Adefho).

Renvoi au 12 novembre
D'où vient ce matériel de prévention? Le voleur désigne trois colocataires. Leur logement est perquisitionné, les trois occupants arrêtés et soumis à des examens anaux destinés à «confirmer» leur homosexualité. «Les agents ont pratiqué des actes inhumains, cruels, dégradants s'apparentant à de la torture», peste, furieuse, Me Alice Nkom, présidente de l'Adefho et co-défenseure des deux jeunes hommes.

A l'issue de l'examen médical, Roger et Marc, qui ont révélé leur homosexualité et disculpé Clément le troisième colocataire, sont incarcérés à la prison de Kondengui. «A l'audience du 8 octobre, l'affaire a fait l'objet d'un renvoi au 12 novembre prochain au tribunal de grande instance de Yaoundé», indique Me Alice Nkom, regrettant une affaire qui «pénalise lourdement le port du préservatif».

Pas de flagrant délit
Selon l'article 347 bis du code pénal, Roger et Marc, 26 et 28 ans, encourent cinq ans de prison. Cependant, «l'affaire a été portée au tribunal par la procédure de flagrant délit - en l'espèce, il n y en a pas», souligne l'avocate. En outre, «il ne leur a pas été rappelé qu'ils avaient droit à un avocat ni de garder le silence, a expliqué à Alternatives-Cameroun Me André Nlend, un autre co-défenseur. Ils ont subi des examens médicaux forcés alors qu'ils étaient menottés. Il existe de nombreuses contradictions dans les procès verbaux établis, qui n'ont d'ailleurs pas été signés par mes clients.»

L'Adefho et Alternatives-Cameroun appellent à la libération immédiate de Bruno et Marc-Henri. «Une requête a été introduite [en ce sens] auprès du juge du tribunal de première instance de Yaoundé et ils seront entendus pour cela le jeudi 21 octobre», annonce Alternatives-Cameroun. Quant au voleur, Emmanuel, il ne serait même plus inquiété par la justice.

 

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