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L’AFRIQUE DU SUD OUBLIE LES FEMMES DANS SA POLITIQUE CLIMATIQUE

in WORLD, 06/09/2010

Les femmes sont ignorées dans le plan national environnemental du gouvernement sud-africain, estiment les experts qui ont eu accès au rapport. La plupart des petites exploitations sud-africaines sont gérées par des femmes et elles sont dès lors très vulnérables aux changements climatiques.

 Par http://awid.org/

par Kristin Palitza

Lorsqu'on leur demande si elles ont remarqué le changement climatique en cours Mary-Anne Zimri et Katrine Scheepers hochent de la tête. Les deux femmes agriculteurs rappellent le manque de pluie cet hiver qui a entraîné une mauvaise récolte et donc une chute spectaculaire de leurs revenus.

« Nous sommes confrontés chaque jour à un autre problème », se plaint Zimri qui travaille dans une coopérative Scheepers à Wuppertal, un hameau dans la province sud-africaine du Westkaap. La coopérative est spécialisée dans le thé local « rooibos » mais elle produit aussi des légumes et fait de l’élevage de bétail.

«Normalement, nous plantons nos rooibos en juillet mais cette année il a fait trop sec pour en planter », explique Zimri. Pendant des décennies, ces agricultrices comptaient sur la pluie en hiver mais la situation météorologique a changé les choses de manière radicale.

Corvée d'eau
La petite coopérative n'a pas de système d'irrigation, du coup Zimri et d'autres amies doivent régulièrement aller chercher de l'eau d'une lointaine rivière. Mais l'eau qu'elles peuvent transporter ne suffit pas à assurer une bonne récolte.

Non seulement le rooibos souffre de la sécheresse mais également les cultures qui servent à l'alimentation des animaux. Le manque d’eau a également drastiquement réduit le rendement des légumes sur les champs. Le gel inhabituel en hiver a par ailleurs dévasté les cultures de pommes de terre.

« Le changement climatique, la pauvreté, l'environnement et entre l’égalité des sexes sont des thématiques étroitement liées », affirme Louise Naude du Fonds mondial pour la nature (WWF) en Afrique du Sud. WWF a organisé la semaine dernière à l'Université de Westkaap une réunion sur les femmes et le changement climatique.

Une enquête démontre que les femmes sont plus vulnérables au changement climatique parce qu'elles sont moins susceptibles de garder des ressources. En cas de changement climatique, elles devront passer plus de temps à collecter de l’eau et du bois. Les filles sont parfois extraites de l'école pour aider la famille dans les travaux d'appoint.

E-mail
Le ministère de l'Environnement du gouvernement sud-africain prépare actuellement un plan national sur la question climatique et consulte à cet effet des experts et des organisations non gouvernementales. Le contenu de ce document est encore confidentielle mais les experts spécialisées sur la problématique du genre ont eu accès au texte et elles regrettent que les mots « femmes » ou « genre » n’y figurent même pas. « Une politique climatique efficace doit commencer et finir en parlant des gens. Ce document ne tient pas compte de cette réalité », rappelle Dorah Lebelo, coordinatrice de Gender CC - Femmes pour la justice climatique.

Selon Lebelo, le gouvernement a consulté trop peu de parties. « Les femmes, les personnes les plus touchées par les changements climatiques, n’ont presque pas été prises en compte ». La militante critique aussi la méthode utilisée pendant ces consultations à savoir l’usage du courrier électronique. « Le ministère de l'Environnement suppose que tous les gens savent lire et écrire. 24 % des adultes sud-africains qui sont durement touchés par le changement climatique sont exclus des débats. Les petits agriculteurs - principalement des femmes – n’ont ni ordinateur, ni internet, elles ne peuvent donc pas participer au processus », commente-t-elle.

Le document qui reste encore provisoirement confidentiel indique que le gouvernement sud-africain s'est engagé à trouver des solutions à grande échelle pour répondre au changement climatique, des solutions telles que le soutien à l'énergie nucléaire et les modifications génétiques. Des solutions qui n’arrangent pas trop les femmes.

"La priorité semble résider dans l’innovation technologique et aucune solution ne vise à changer les modes de vie des gens ordinaires », dit Lebelo. "Nous avons besoin de solutions impliquant les personnes, les solutions qui mettent l'accent sur des situations spécifiques et qui utilisent les connaissances locales. Nous voulons, à terme, créer des conditions dans lesquelles les femmes elles-mêmes pourront prendre les rênes du pouvoir et ne plus dépendre des autres ».

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