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anonymous contributorÉcrit anonymement. (Français)

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Le porno lesbien, une affaire de femmes

in WORLD, 18/11/2009

Les lesbiennes et la pornographie. Voilà un sujet brûlant qui continue de passionner les filles, et de les diviser. Leur avis sur la question ne souffre aucune tiédeur: certaines adorent, et peuvent même devenir de vraies obsédées, beaucoup d’autres détestent. Mais les films de lesbiennes réalisés par des lesbiennes pourraient changer la donne.

Certaines préfèrent l'érotisme...
Beaucoup de lesbiennes ne sont pas excitées par les images de leur sexualité «nue», elles ont besoin d’un scénario ou d’une rêverie pour enrober leurs pulsions. Elles ne trouvent pas d’intérêt à voir sur écran ce qu’elles préfèrent vivre dans leur chambre à coucher. «Même si ce genre de films peut avoir un effet excitant, ce n’est pas comme ça que j’envisage ma sexualité, explique Za, une Nantaise de 33 ans. Je préfère le contact et le réel plutôt que de voir ça sur un écran. Je suis mille fois plus excitée par la respiration d’une partenaire réelle que par un film porno, qui n’est pour moi que le reflet d’une excitation purement mécanique, et qui, en tant que tel, n’a pas grand intérêt.» Aux pornos, elle préfère ses «fantasmes» et autres «délires intellectuels» sur lesquels elle peut se laisser aller librement. Peut-être une façon d’échapper au fait que les lesbiennes ont toujours été hyper présentes dans l’imaginaire sexuel hétéro masculin, en rejetant en bloc le porno, assimilé à une «pratique sexuelle», pour une sexualité plus soft. «Je préfère un film érotique plutôt qu’un porno. Je suis plus attirée par ce qui est suggéré que par ce qui est présenté crûment», poursuit Za.

D'autres sont excitées par les pornos gays ou hétéros
Pour d’autres, qui préfèrent également l’érotisme lesbien à la pornographie, il est plus facile de se réfugier dans l’univers du porno gay, où elles peuvent projeter ce qu’elles veulent sur deux garçons qui baisent ensemble. Anne, Parisienne de 30 ans, est beaucoup plus excitée par les pornos gays ou hétéros, car pour elle «la vue d’un pénis dans un cadre uniquement porno» est excitante. «En revanche, poursuit-elle, je suis beaucoup plus émoustillée par une scène érotique lesbienne du genre de celles vues dans L Word, que par n’importe quelle scène de baise hétéro dans un film non porno. C’est sans doute là que se joue la différence entre le fantasme et l’identification.» Avoir un pénis –ou lui substituer un sex toy– et vivre les scènes de séduction ou de sexe vues dans les films sont des fantasmes partagés par beaucoup de filles. Ainsi, la rédactrice en chef d’une revue lesbienne étrangère est, elle aussi, davantage excitée par les pornos gays. Mais elle souhaite rester anonyme, car ce n’est pas politiquement correct pour une lesbienne de dire que la vue d’un sexe d’homme, hors contexte, peut être excitante. Pourtant, certaines adorent s’imaginer baiser une autre fille avec un pénis, vivre une sexualité de gay à l’intérieur d’un corps de fille.

Pour d’autres, la pornographie est un élément essentiel à leur épanouissement sexuel. C’est le cas de la journaliste Tatiana Potard, une des rédactrices de notre premier dossier sur le porno lesbien (Têtu n°99). Elle assume son envie de cul et en a même tiré un livre, Sex Addict (éditions KTM). «Ce que j’attends d’un porno, lesbien ou pas, dit-elle, c’est qu’il m’excite physiquement ou intellectuellement, qu’il éveille quelque chose sur le plan du fantasme ou sur le plan physique. Je n’ai pas honte de dire que je regarde des pornos hétéros, gays et lesbiens depuis je suis adolescente. Et je ne regarde pas ce genre de films pour me retrouver à travers ces images. Une sexualité évolue tout au long d’une vie. Et la mienne n’est pas figée.» L’«érotisme gnangnan [la] fait profondément chier», et elle préfère nettement «une scène bien filmée, avec des nanas bandantes, et un fond de bonne musique rock». Ce qu’elle trouve dans une nouvelle génération de pornos identifiés comme queer et pas seulement lesbiens, type One Night Stand, d’Émilie Jouvet, en France, ou les films de Pink and White. Ce studio de San Francisco a produit Crash Pad, qui est devenu une web-série, et In Search of The Wild Kingdom, très rythmé, cru, chaud, où le sexe ne s’embarrasse pas de manières, et où les lesbiennes semblent s’affranchir de leur culpabilité face au hard.

Une pornographie balbutiante, signe de l'envie et du besoin d'une véritable culture du sexe
Sandrine, elle, attend avec impatience l’ouverture «de backrooms lesbiennes avec diffusion de pornos en boucle». Son amie, Marie, sur la même longueur d’onde, a longtemps «envié» la véritable culture du cul développée par les gays: leurs pornos, leurs saunas, leurs backrooms. Elle est comblée depuis qu’elle a découvert «les films Erocktavision de Dana Dane, avec exactement les filles très féminines qui (l)’excitent». Dans la catégorie sado-masochisme lesbien, actrices très féminines et esthétique léchée, les films de Maria Beatty s'imposent comme des classiques du porno lesbien. Ses films les plus connus: The Black Glove, The Elegant Spanking, Ladies of The Nights sont des plongées dans l'intériorité de la réalisatrice avant d'être des expériences érotiques, où la musique et bien sûr, la photographie et le cadrage sont prédominants. La réalisatrice américaine construit depuis plus de 15 ans une oeuvre qui dépasse par sa cinématographie et sa recherche esthétique les codes rigides et répétitifs du porno comme genre. Ses derniers films de Skateboard Kink Freak, Post Apocalyptic Cow Girls (voir photo) et Strap On Motel sont plus crus, le sexe y est plus génital moins ritualisé, les bandes originales sont très rythmées, et les actrices toujours aussi excitantes.

La pornographie lesbienne encore balbutiante ne peut avoir que de beaux jours devant elle en France car, si l’on en croit Laura Merrit, sexologue berlinoise et directrice d’un service d’escort girls uniquement pour les femmes, «c’est très français de préférer l’érotisme à la pornographie, mais cela est peut- être lié au fait que la France est encore un pays patriarcal, et les filles sont radicales sur des sujets comme la prostitution et le sexe car elles ont peu de liberté pour les envisager comme elles le veulent. Aussi, la pornographie est le dernier bastion à conquérir pour les femmes et les lesbiennes», ajoute-t-elle. Beaucoup de salive et de cyprine à venir…

Photo Bleu Productions

http://www.crashpadseries.com/
http://www.bleuproductions.com/
http://www.erocktavision.com/

Source: TÊTU

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