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Amerique Latine : Le droit à l'avortement en peril en Amérique latine

in NICARAGUA, 05/11/2009

Dans plusieurs pays d’Amérique latine, plusieurs groupes ont manifesté ce lundi (28 septembre) pour réclamer un droit plus large à l'avortement. Certains pays de la région ont complètement interdit la procédure, dans d'autres pays l’église et des dirigeants conservateurs tentent de renverser la situation pour supprimer le droit à l’avortement.

Par Daniela Estrada

 

Dans plusieurs pays d’Amérique latine, plusieurs groupes ont manifesté ce lundi (28 septembre) pour réclamer un droit plus large à l'avortement. Certains pays de la région ont complètement interdit la procédure, dans d'autres pays l’église et des dirigeants conservateurs tentent de renverser la situation pour supprimer le droit à l’avortement.

“Nous donnons naissance, nous décidons” “vos rosaires loin de nos ovaries”, “si le pape était une femme, l'avortement serait un droit”. Voici certains des slogans qui ont été récoltés ce lundi lors d’une manifestation dans la capitale chilienne Santiago.

Au Chili, au Salvador, au Honduras, au Nicaragua et en République dominicaine, l’avortement est pénalement repréhensible en toutes circonstances. Il n’y a qu’à Cuba, au Puerto Rico et à Mexico-City que les femmes enceintes ont le droit d’interrompre pendant les trois premiers mois leur grossesse sans fournir de motif. Dans tous les autres pays de la région, une seule procédure existe dans des cas particuliers assez limités: si la mere est en danger, un cas de grossesse après un viol ou une malformation du fœtus.

Bataille permanente

“La reconnaissance du droit à l'avortement dans de nombreux pays reste un combat permanent”, explique Gloria Maira du réseau chilien contre la violence dans la famille et contre la violence sexuelle. Selon elle, “les tendances fondamentalistes au sein de l'église catholique" mènent une “bataille féroce" pour décortiquer les progrès que les femmes ont déjà réalisés.

Le clergé catholique au Brésil a, par exemple, au début de cette année tenté d'empêcher qu’une fille de neuf ans puisse avorter. La petite fille avait été violée par son beau-père et était enceinte de jumeaux. L'avortement est légalement autorisé au Brésil après un viol et s’il y a un risque pour la vie de la mère mais malgré ce droit reconnu les organisations des droits humains ont dû surmonter de nombreux obstacles pour rendre l’opération possible. L'archidiocèse de Recife a déclaré que la petite fille pouvait mettre au monde ces enfants par césarienne. Après l’avortement, la mère de la jeune fille et les médecins ont été expulsés de l'église.

“Il est difficile de faire appliquer la loi”, se plaint Maira. “Nous devons constamment mener des campagnes de soutien aux femmes qui veulent utiliser les possibilités offertes par la loi”.

De mal en pis

Selon Adriana Gomez, du Réseau de la santé pour les femmes en Amérique latine et aux Caraïbes, ces dernières années la situation s’est même détériorée. Le Nicaragua a introduit en 2006 une interdiction totale de l'avortement. L’année dernière, le Président uruguayen Tabaré Vásquez a mis son veto contre une loi plus souple qui avait pourtant été approuvée par une majorité absolue au Parlement ainsi que par son propre parti. La République dominicaine a adopté cette année un droit constitutionnel à la vie dès la conception. Au Mexique, 15 des 32 États fédérés ont adopté des lois qui rendent impossible l'avortement.

Dans certains pays, les organisations féministes ont perdu l'espoir que des changements rapides puiss ent voir le jour pour changer cette situation. Ces organisations militent désormais davantage pour la prévention des avortements non médicalisés et se contentent de diffuser les informations nécessaires aux femmes. Au Chili, en Argentine et en Équateur, les organisations féministes organisent des permanences téléphoniques pour donner aux femmes des conseils sur l'utilisation de Misoprostol. Ce médicament contre les ulcères gastriques semble également servir à provoquer un avortement. Cette permanence téléphonique est notamment soutenue par l'organisation hollandaise Women on Waves.

En dépit de tous ces interdits, plus de quatre millions d'avortements sont pratiqués en Amérique latine. Les interventions médicales risquées seraient la cause de 13 % des décès chez les femmes enceintes.

 

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