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Pendant la conférence de presse.
Deux associations demandent la dépénalisation de l’homosexualité au Cameroun

in CAMEROON, 06/11/2009

Prodhop et Alternatives Cameroun déposeront au cours de ce mois de novembre 2009 une pétition et un mémorandum à l'Assemblée nationale en faveur de l'abrogation de l'article 347 bis du Code pénal camerounais qui punit « toute personne qui a des rapports sexuels avec une personne de son sexe » d’une peine allant de 6 mois à 5 ans de prison et d’une amende de 20 000 Fcfa à 200 000 Fcfa.

Deux associations camerounaises de défense de droits de l’homme déposeront une pétition et un mémorandum pour la dépénalisation de l’homosexualité à l’Assemblée nationale au courant de ce mois de novembre 2009. Prodhop (Solidarité pour la promotion des droits de l’homme et des peuples) et Alternatives Cameroun (Association camerounaise pour la défense des droits de l’homme) ont donné une conférence de presse le jeudi 05 novembre à Douala. Maximilienne Ngo Mbe, secrétaire exécutive de Prodhop, et Steave Nemande, président d’Alternatives Cameroun, ont expliqué aux journalistes le sens de leur démarche.


Les relations homosexuelles sont en effet pénalisées par l’article 347 bis du Code pénal camerounais qui punit « toute personne qui a des rapports sexuels avec une personne de son sexe » d’une peine allant de 6 mois à 5 ans de prison et d’une amende de 20 000 Fcfa à 200 000 Fcfa. Pour les deux associations, soutenues à titre privé par Jacques Doo Bell, membre de la commission nationale des droits et des libertés, « cette disposition est anticonstitutionnelle et viole les traités et conventions internationales signés par le Cameroun et qui garantissent à chaque citoyen le libre exercice de ses droits dont celui à la vie privée ».


Dans un communiqué publié à l’issue de la conférence de presse, le collectif se dit conforté « par les propos du Président de la République qui, le 10 février 2006, dans un discours adressé à la jeunesse, avait stigmatisé la publication de noms de personnalités supposées homosexuelles dans certains titres de la presse locale. Paul Biya en avait appelé au respect de la vie privée et les associations ne comprennent pas qu’après une telle exhortation, l’article 347 bis ne soit pas abrogé et que les magistrats continuent de condamner des personnes adultes pour pratiques homosexuelles, ce d’autant plus que ce sont des relations entre adultes et consentantes dans un cadre privé ».


De nombreux jeunes, dans les principales villes du pays, continuent d’être traînés et condamnés devant les tribunaux pour avoir entretenu des relations homosexuelles. Prodhop et Alternatives Cameroun en appellent à l’abrogation de l’article 347 bis et donc à la dépénalisation de l’homosexualité au Cameroun. Si les journaux les plus importants du pays (Cameroon Tribune, Mutations, Le Jour, Le Messager) ont assisté à la conférence de presse, la plupart des chaînes de radio et de télévision basées dans la capitale économique, dûment invitées, ont choisi de ne pas couvrir la conférence de presse. Certaines, à l’instar de Radio Equinoxe, ont laissé entendre que leur ligne éditoriale ne les autorisait pas à relayer l’événement de jeudi dernier.


En dehors des journalistes, quelques personnalités de la société civile et du monde politique ont été invitées donc la plupart n’ont finalement pas répondu à l’invitation. Il n’empêche, la célèbre journaliste Suzanne Kala Lobe est intervenue au cours de la rencontre pour, à son sens, resituer le cadre de la dépénalisation au Cameroun qui, pour elle, est une revendication normale de droits humains et non pas une question d’approbation ou de désapprobation de l’homosexualité. Prodhop et Alternatives se proposent également de déposer la pétition et le mémorandum à la présidence de la République et à la Commission nationale des droits de l’homme et des libertés. La session de l’assemblée nationale s’ouvre dans quelques jours.
 

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