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Yvan Lapointe au panel ECOSOC (avant dernier à droite)
TABLE RONDE DE ILGA A LA 2E SESSION DU CDH DES NU

in WORLD, 07/12/2006

Coalition Gaie et Lesbienne du Québec à ECOSOC

La "Coalition Gaie et Lesbienne du Québec" est une organisation fédératrice au Québec et nous avons un historique à peu près similaire à celui de l'ILGA Europe. Par voie de conséquence, je pense que nous avions un excellent dossier à présenter devant les Nations Unies.

Ecoutez l'enregistrement du discours en cliquant ici - ou copiez lien en bas de page sur une nouvelle fenêtre internet.

Moi, je présenterai une expérience que nous avons vécue en mai 2005, lorsque nous nous sommes rendus à New York pour répondre aux questions des membres du Comité. Et je ne traiterai pas des questions qu'ils nous ont soumises, mais je voudrais quand même mentionner un point : vous n'avez pas idée de notre difficulté à nous rendre à New York.
Difficulté due, non pas à la longueur du vol, mais au nombre de fois que les Nations Unies ont perdu notre dossier, au nombre de fois qu'ils ont perdu nos e-mails. Curieusement, alors que les destinataires en copie conforme recevaient nos e-mails, les destinataires des Nations Unies ne les recevaient pas. Je me dois donc de remercier la Délégation canadienne pour toute la pression qu'ils ont mise afin que les Nations Unies reçoivent finalement nos e-mails.

Et j'apprécie l'atmosphère, ici aujourd'hui, parce que je dois vous dire que la dernière fois que j'ai été assis dans une salle aux Nations Unies, l'atmosphère était beaucoup plus tendue.
Je suis avocat de formation et je crois maintenant savoir ce que ressent un témoin lorsqu'il est interrogé par un avocat. Sauf que, dans le cas présent, ils étaient cinquante à vouloir m'interroger.

L'attente a été longue. Avec Rosanna Flamer-Caldera, nous nous sommes présentés le mardi, et d'heure en heure, on nous disait que ce serait bientôt à nous. Mais on nous remettait toujours à plus tard. Grâce aux pressions des Délégations allemande et canadienne, entre autres, nous avons pu passer vendredi, en fin d'après-midi, bien qu'ils souhaitaient nous faire attendre encore toute la semaine suivante. Évidemment, cela nous a donné l'occasion de pouvoir voir comment cela se passait pour les autres organisations. L'ambiance était sympathique ; les gens étaient relativement bien traités.

Mais, lorsque ce fut notre tour, lorsque l'on nous regardait, lorsque l'on nous questionnait, je peux vous garantir qu'il en a été tout autrement. Chez nous, au Québec, il y a une expression qui dit : "l'ambiance était à couper au couteau". Effectivement, on aurait pu couper ça avec un grand couteau, la tension était incroyable.

Je voudrais attirer votre attention sur le type de question qu'on nous a posé. Évidemment, avec le langage onusien, tout est toujours très poli, mais c'est ce qui est sous-jacent derrière leurs questions qui est important.

Première chose : malgré la présence d'un service d'interprète sur place et malgré le fait que nous étions présents ce vendredi après-midi pour répondre à leurs questions, il nous a été demandé, et uniquement à nous, de fournir aussi nos réponses par écrit, et ce pour le lundi matin suivant.

Ils nous ont posé des questions sur notre hypothétique encouragement à l'homosexualité, notamment en Iran, telles que : "Ne considérez-vous pas que vous encouragez les gens à être homosexuel ?" et sur la mise en danger de ces personnes : "Considérant que les gays et les lesbiennes sont des populations à risques pour le sida, – ils incluaient les lesbiennes, bien convaincus de cette situation – ne considérez-vous pas que vous mettez la population en danger en faisant la promotion de l'homosexualité ?".
Ils nous ont évidemment parlé de la protection de l'enfance ; c'était incroyable, le nombre de questions qu'ils nous ont posées sur la pédophilie.
Ils nous ont aussi posé beaucoup de questions sur la religion, à savoir : "Comment ferait-on pour contourner les devoirs religieux ?"

Enfin, alors que nous nous étions présentés comme un organisme national à implications internationales, ils ont tenté de prouver que nous travaillerions au niveau international en allant régler les situations dans les pays concernés. Ils ont fait de nombreux efforts pour essayer d'obtenir la liste de nos membres, pour essayer de savoir si nous employions des ressortissants étrangers sur le terrain, ce qu'ils faisaient, leur mode de fonctionnement, notamment en Iran et dans plusieurs pays d'Afrique. En un mot, ils voulaient prouver que nous n'étions pas une organisation nationale mais internationale et que nos actions étaient, de ce fait, illégales. Ils voulaient également s'assurer que nous sommes une organisation ouverte à la diversité culturelle, ce qui leur aurait permis de nous avoir au tournant.

Enfin, j'aimerais insister sur le fait que l'atmosphère qui régnait là-bas a été probablement la pire atmosphère à laquelle j'ai été confronté. J'ai été confronté à pas mal de milieux hostiles, mais comme celui-là, jamais. Et, qui plus est, il n'était pas uniquement dû aux membres du Comité, mais à toutes les personnes présentes. Par exemple, je peux vous assurer que le représentant du Saint-Siège, qui a passé toute la semaine assis dans la salle, n'était pas présent pour entendre les autres présentations, mais bien pour assister à notre audition. Je dis bien "audition", car, habituellement, ces présentations sont l'opportunité de rencontrer les membres du Comité et de leur expliquer ce qu'on peut faire, mais, dans notre cas, nous avons réellement senti que c'était un procès.

Par ailleurs, les membres du Comité nous ont donné beaucoup de temps pour nous exprimer, mais je pense qu'ils voulaient être sûrs que nous ne puissions pas dire que nous n'avions pas été entendus.

Nous avons été certes entendus, mais cela ne veut pas nécessairement dire que nous avons été écoutés.

Merci.

Yvan Lapointe
Coaltion Gaie et Lesbienne du Quebec

Lien audio
/historic/UNHRC/YLapointe_ILGA_Panel_ECOSOC_UNHRC_Oct06.mpg
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