Home, Asia, Europe, North America, Latin America and Caribbean, Oceania, Nouvelles, Carte du site

FR

Accueil / Articles (WORLD) / Nations Unies
chargement de la carte…

Contributeurs

anonymous contributorÉcrit anonymement. (Français)

Facebook

marqués avec: politique
Nations Unies

in WORLD, 23/05/2006

Deux associations LGBT éconduites : tendances discriminatoires d’un comité de l’ONU

Les demandes de la LSVD, la fédération LGBT allemande, et d’ILGA-Europe pour obtenir le statut d’observateur aux Nations unies ont été rejetées la semaine dernière au Comité des associations non gouvernementales du Conseil économique et social de l’ONU.

«Il est attristant qu’une vénérable institution comme un comité de l’ONU soit à l’origine d’une discrimination envers les LGBT. Le rejet des demandes de la LSVD et d’ILGA-Europe en ce mois de mai, qui suivent le rejet, en janvier dernier, de celles de l’association danoise LBL et de l’ILGA, met clairement en évidence l’homophobie de nombreux États qui siègent au comité de l’ONU», a déclaré Rosanna Flamer Caldera, co-secrétaire générale de l’ILGA. «Cela a tristement coïncidé avec la deuxième édition de la journée internationale de lutte contre l’homophobie, qui se tient le 17 mai.»

Les voix pour rejeter les demandes de la LSVD et d’ILGA-Europe, sur la proposition de l’Iran, étaient réparties ainsi :

▫ 9 voix en faveur du rejet (Cameroun, Chine, Côte d’Ivoire, Iran, Pakistan, Russie, Sénégal, Soudan, Zimbabwe) ;
▫ 7 voix contre le rejet (Allemagne, Chili, Colombie, États-Unis, France, Pérou, Roumanie) ;
▫ 2 abstentions (Inde, Turquie) ;
▫ 1 membre absent (Cuba).

En comparaison avec le vote de janvier, on enregistre un certain progrès : les États-Unis, qui étaient pour le rejet en janvier ont voté en faveur ; la Colombie a passé d’une abstention à un vote favorable; Cuba, qui était défavorable aux demandes étudiées en janvier, était absent du vote de mai.

L’ILGA remercie les militants et les associations non gouvernementales des différents pays pour leur soutien. Les États-Unis ont changé de position après une campagne concertée par Human Rights Campaign, National Gay and Lesbian Task Force, Human Rights Watch et l’IGLHRC, qui a été soutenue par Barney Frank et Tammy Baldwin, membres du Congrès américain.

Le représentant de l’Iran, soutenu par le Soudan, a affirmé que les groupes membres de l’ILGA demandaient maintenant une place au Comité économique et social alors que cette dernière, selon lui, n’a pas réussi à démontrer qu’elle a pris des mesures suffisantes pour prévenir ou combattre la pédophilie.

Les statuts de l’ILGA condamnent clairement la pédophilie, et l’association a un ensemble de règles très strictes qui permettent de s’assurer que ne s’affilie aucune association qui ferme les yeux sur la pédophilie.

«Ni l’ILGA ni ses deux membres n’ont eu l’occasion de riposter aux calomnies qui ont été lancées de manière totalement infondée, après que tous ont condamné la pédophilie», déclare Philipp Braun, co-secrétaire général de l’ILGA. «À ce stade, nous – et le reste du monde avec nous – ne pouvons qu’être témoins du fait qu’un certain nombre de gouvernements utilisent n’importe quel prétexte pour fermer la porte des Nations Unies à toute association lesbienne, gay, bisexuelle ou transgenre.»

«Notre lutte ne vise pas à obtenir des ‘droits spéciaux’ (expression employée par Vatican dans sa déclaration au comité de l’ONU) mais une simple et pleine égalité», a-t-il ajouté. La scandaleuse déclaration du Vatican, récusant les droits des LGBT, est disponible sur le site de l’ILGA.

«Nous sommes cependant satisfaits : la campagne de l’ILGA pour soutenir ses groupes membres dans leur demande se déroule bien et a obligé les groupes du comité du Conseil économique et social à entamer un dialogue sur ces questions.» L’ILGA demande également aux groupes LGBT qui n’en sont pas membres de demander le statut d’observateur à l’ONU. «Il sera très intéressant de voir comment l’ONU réagira alors…»

L’Allemagne a souligné que l’accusation de pédophilie était absurde envers une organisation non gouvernementale comme ILGA-Europe, qui bénéficie du statut d’observateur au Conseil de l’Europe, reçoit des financements de l’Union européenne et s’est exprimée sur la défense des droits humains à l’OSCE. Dans leurs déclarations générales avant le vote et les explications des positions, les représentants de l’Allemagne, de la France, du Chili, de la Roumanie, de l’Inde et du Pérou ont noté que, pendant la session, les demandes de deux organisations non gouvernementales ayant adressé la même demande avaient été rejetées, se désolant du fait qu’il semblait s’agir de décisions discriminatoires. «Comme l’homosexualité est une question délicate, un dialogue constructif entre le comité et l’organisation non gouvernementale aurait été bienvenu», notaient-ils.

Plus tôt cette année, en janvier, le comité des organisations non gouvernementales avait rejeté les demandes de deux associations (l’ILGA et l’association danoise LBL) sans avoir procédé à une audition équitable pour la première fois de son histoire.

En juillet, les 53 membres du Comité économique et social prendront en considération les rejets des demandes de l’ILGA, de la LBL, de la LSVD et d’ILGA-Europe comme il prend en considération le rapport du comité des organisations non gouvernementales.



Vous pouvez voir sur le site du Comité économique et social si votre pas est membre : http://www.un.org/docs/ecosoc/members.html.



ILGA, l’International Gay and Lesbian Association, est une fédération de 500 groupes du monde entier qui se battent pour des droits humains pour les lesbiennes, les gays, les bisexuels et les transgenres.

On trouvera plus d’informations sur les votes dans les communiqués du Conseil économique et social disponibles aux adresses suivantes :

12 mai
16 mai
17 mai
18 mai


Traduit de l’anglais par Romain Muller
Bookmark and Share