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Représentants africains à la 23ème conférence mondiale de l’ILGA à Genève
LA PARTICIPATION DE L’AFRIQUE A LA 23EME CONFERENC

in WORLD, 10/05/2006

Les LGBT africains fortement représentés à la conférence mondiale de l’ILGA

Plus de 15 représentants africains ont participé à la 23ème conférence mondiale de l’ILGA à Genève. Les Africains ont apporté une forte visibilité à leur communauté et ont appelé à un soutien renforcé tant interne qu’externe pour que le mouvement LGBT et de genre dispose de davantage de moyens pour agir sur le continent africain.

L’Imam Mushin Hendricks de l’organisation musulmane LGBT sud africaine « Inner circle » a fait une présentation émouvante sur «L’islam, la sexualité et le genre » en Afrique du sud, ainsi que sur les défis auxquels sont confrontés les LGBT dans les domaines de la foi, de la communauté et de la société. L’auditoire a également montré un grand intérêt pour les présentations qui portaient sur les problèmes des lesbiennes et des femmes bisexuelles en Afrique Australe. Linda Baumann du « Rainbow Project » en Namibie a mis en lumière les problèmes de santé des lesbiennes et en particulier ceux qui sont liés au SIDA/HIV. Rose Masuku, du groupe « FEW » de Johannesburg, a évoqué l’ignorance dans laquelle se trouvent les prestataires de services lorsqu’ils traitent des questions lesbiennes et de l’homophobie largement répandue en Afrique du Sud. Bernadette Muthien du groupe « Engender » du Cap a, quant à elle, présenté avec passion les thèmes du patriarcat et de la violence fondée sur le genre.

Lors de la seconde journée de la conférence, les représentants de l’Afrique francophone et anglophone ont largement pris la parole lors de la discussion plénière sur l’Afrique. Nous avons notamment pu entendre les représentants de l’AARI (All African Rights Initiative), de « And Ligeey » du Sénégal, de « Changing Attitude » du Nigeria, de l’ADEFHO du Cameroun et du groupe « Minorités Sexuelles » de l’Ouganda.

Cette session a offert une plate-forme aux représentants africains pour rappeler l’urgence d’une plus grande visibilité et d’une plus grande coopération entre les acteurs LGBT en Afrique, dans leur combat contre le patriarcat et pour la défense les droits des LGBT sur le continent africain.

Les représentants du Cameroun et du Nigeria ont confirmé de façon choquante l'étendue de l'homophobie dans leurs pays, avec notamment des comptes rendus de l'expulsion récente d'un groupe d'étudiantes au Cameroun qui avaient été accusées d'être lesbiennes. Par ailleurs, on arrête des gays au motif de leurs pratiques homosexuelles; En ce moment même, 11 hommes attendent d’être jugés dans des prisons camerounaises. La loi que le gouvernement nigérian est en passe de voter, loi interdisant les mariages entre personnes de même sexe et l'homosexualité, est tout aussi alarmante.

Ces exemples d’homophobie reflètent clairement l’urgence, non seulement pour les activistes LGBT, mais aussi pour les militants de défense des droits de l’Homme, d’agir et de faire campagne pour les droits des LGBT.

Pendant la conférence, un comité Afrique a été créé. Au travers de réunions régulières, il a donné un socle aux activistes LGBT pour discuter de la façon dont la communauté LGBT en Afrique peut accroître sa visibilité et travailler dans le sens d'une plus grande unité et d'un plus grand maillage entre les organisations LGBT africaines dans leur combat pour les droits LGBT.

Un résultat tangible du comité Afrique est la création d’un groupe d’activistes LGBT africains qui va soutenir la campagne pour la remise en liberté des camerounais emprisonnés. Par ailleurs, l’AARI (All African Rights Initiative), qui a travaillé sur l’unification des groupes activistes anglophones pour accroître l’efficacité des actions destinées à la communauté et aux gouvernements, a indiqué qu’ils prévoyaient d’étendre leur travail à l’Afrique francophone. Nous souhaitons tous que la prochaine conférence de l’AARI au Sénégal entérine cette idée.

Au terme de la conférence, plusieurs représentants africains ont félicité l’ILGA de s’être efforcé d’avoir fait venir à la conférence autant d’activistes LGBT africains que possible. Il a aussi été rappelé qu’en dépit de ces efforts, l’ILGA avait encore la possibilité d’accroître la représentation africaine en son sein. Il a aussi été souligné que de plus grands efforts sont nécessaires, tant en Afrique qu’au niveau international, pour améliorer la visibilité des questions LGBT africaines sur l’échiquier mondial.

Globalement, la conférence a été un forum productif, informatif et éducatif qui a rappelé la nécessité d’un plus grand nombre d’actions en commun et d’un maillage plus fort entre les organisations LGBT au niveau mondial.


Traducteur: Eric Le Parc
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