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Session plénière africaine à la 23e Conférence d'ILGA
Communiqué de Pressse

in WORLD, 24/04/2006

EN FINIR AVEC L'HOMOPHOBIE EN AFRIQUE

Genève, 3 Avril 2006:

Nous sommes des lesbiennes, des gays et des transsexuels africains, nous sommes des défenseurs des droits de l'Homme et nous sommes délégués à la 23ème conférence mondiale de la L'Association Gay et Lesbienne Internationale( ILGA). Ici, dans la ville de Genève que beaucoup identifient comme une ville de paix, nous voulons attirer l'attention sur la guerre que nous vivons chez nous.

C'est une guerre contre notre sexualité, et c'est une guerre contre nous-même. C'est une guerre pleine de paradoxes.

Voici le premier paradoxe: Alors que beaucoup de leaders africains proclament que nous n'existons pas, leurs gouvernements pénalisent encore notre existence. Pays après pays partout en Afrique, les "lois sur la sodomie" importées par les colonisateurs qui nous ont envahis sont toujours dans les textes, et sont défendues comme faisant partie de la culture "authentique" africaine. D'autres lois, sur "l'obscénité", "l'indécence publique", la moralité publique", sont utilisées pour nous harceler, nous malmener et nous emprisonner. Les religieux fondamentalistes sont autorisés à prêcher la haine et appeler à notre élimination, mais nos propres droits à la libre parole et au rassemblement sont légalement restreints. Les politiciens incitent à la violence contre nous en nous traitant de "gens sans droits" et "de pires que des chiens et des porcs". Nous servons de bouc-émissaires à des régimes corrompus, anti démocratiques et qui s'effondrent qui espèrent ainsi être soutenus. Les femmes lesbiennes sont brutalisées, punies, mariées de force, quelquefois violées, dans leurs communautés, dans les rues, même quelquefois dans leurs propres familles. Les personnes transsexuelles subissent des représailles, car elles ne vivent pas selon les règles artificielles qui décident de la manière dont les hommes et les femmes doivent se comporter. Les autorités refusent de nous défendre lorsque la haine mène à la violence. La police nous laisse nous faire dépouiller, menacer de chantage, même assassiner. La police elle-même nous vole et nous fait chanter.

Voici le second paradoxe: dans certaines régions, nous sommes, de façon mensongère, tenus pour responsables de la propagation de la pire catastrophe de notre continent, le HIV/SIDA, qui en Afrique est principalement transmis lors de relations héterosexuelles. Malgré cela, nous sommes écartés des programmes vitaux de prévention et de traitement du HIV. Les politiciens rejettent la responsabilité de la mort sur nous et nous laissent mourir en silence. Les gouvernements annoncent en claironnant des plans de lutte contre le SIDA qui ignorent l'existence des hommes qui ont des relations sexuelles avec d'autres hommes. Puis, ils disent aux gens ordinaires que nous sommes d'une certaine manière responsables de leur terrible souffrance. Beaucoup trop peu d"experts" étudient sérieusement nos vies, nos comportements et nos communautés. Beaucoup trop peu de campagnes d'éducation et de prévention s'adressent à nous. Beaucoup trop peu de professionnels de santé comprennent nos besoins, où sont prêts à y répondre. Lorsque nous demandons des soins médicaux, au stigmate répondent la moquerie et le rejet. La brutalité et la violence légalisées nous conduisent à nous cacher, là où nous ne pouvons pas bénéficier d'interventions qui pourraient nous sauver la vie. Nos vies sont en jeu. Dans une épidémie qui se propage, dans une crise qui a remué la conscience du monde, nous avons un choix cornélien : être les victimes d'une chasse aux sorcières ou être invisibles.

Voici le troisième paradoxe: Nos soit disant alliés sont quelquefois pires que nos ennemis. Au Nord, en Europe et en Amérique du Nord, les gouvernements "libéraux" restent assis en se disant choqués de notre oppression. Malgré cela, lorsque nous arrivons sur leurs côtes et demandons l'asile pour persécution, un droit humain fondamental, ils nient le fait que nous soyons persécutés. Ils nous enferment dans des centres de détention. Ils nous renvoient chez nous, vers la prison ou la mort. Ils critiquent l'homophobie pendant qu'ils se laissent aller au racisme. Ces gouvernements soutiennent souvent les "plans d'ajustements structurels" qui divisent nos sociétés et créent la pauvreté à partir de laquelle se nourrissent la haine et l'homophobie. Ils soutiennent souvent les compagnies pharmaceutiques qui tirent d'énormes profits de médicaments dont nous avons désespéremment besoin, et réduisent la vie des africains en une lutte acharnée contre la mort. Ils financent souvent des programmes contre le SIDA pronant l'abstinence qui promeuvent l'intolérance religieuse, ignorent l'existence des gays et des lesbiennes, et contribuent à la propagation de l'épidémie. Ils soutiennent souvent à couvert les dictateurs qui contaminent notre continent, leur tapant sur les doigts en public pendant qu'ils leur remplissent les poches en privé. Nous encourageons les gouvernements du reste du monde et les organismes internationaux de défense des droits de l'Homme à mettre la pression sur les gouvernements d'Afrique qui ne respectent pas le droit à la différence culturelle et la dignité humaine.

A cette conférence mondiale de l'ILGA, nous créeons une nouvelle région Afrique de l'ILGA. Et nous sommes ici pour dire la vérité. Nous sommes africains. Nous faisons face à la discrimination et quelquefois la mort, mais nous ne sommes pas vaincus. Nous vivons nos vies et aimons nos amis et nos partenaires. Et nous travaillons pour une Afrique différente.

Nous croyons en une Afrique où les préjugés coloniaux auront disparu avec le pouvoir colonial.

Nous croyons en une Afrique libérée des méfaits du néocolonialisme, du néolibéralisme, de l'oppression patriarchale, de l'homophobie, de la transphobie, du fondamentalisme religieux, de la haine ethnique et de toutes les forces qui divisent les sociétés et apportent la mort.

Nous croyons en une Afrique où les hommes et les femmes sont égaux et libres de se définir eux-même, où la famille est un espace d'appartenance plutôt que de repression et de rejet, où personne ne souffre pour le bien de l'image qu'un autre a de la façon dont les hommes et les femmes devraient être.

Nous croyons en une Afrique où la santé d'aucun n'est l'otage de l'argent ou de la morale.

Nous croyons en une Afrique où personne n'est l'objet de violence or d'abus à cause de son identité de genre ou de son orientation sexuelle.

Nous croyons en une Afrique où tout un chacun participe à la "culture", au lieu d'être réservée à quelques uns; Où les "traditions" signifient l'héritage des vivants et non l'hégémonie des morts; Où ces mots sont le reflet de nos véritables diversités, pas d'une fausse idéologie, et sont utilisés pour inclure et jamais exclure.

Nous croyons en une Afrique où les droits de l'Homme sont vraiment pour tous.

Nous croyons en une Afrique libre, développée, démocratique et ouverte.


Soutiens :

-African Gay Christians (Nigeria)
-All Africa Rights Initiative (AARI, a coalition of 27 LGBT groups in 17 countries in Africa)
-Alliance Rights (Nigeria)
-Arc-en-ciel Plus (Ivory Coast)
-Association pour la Défense de l'Homosexualité (ADEFHO, Cameroon)
-Changing Attitude (Nigeria)
-Gays & Lesbians of Zimbabwe
-Inner Circle (South Africa)
-Rainbow Project (Namibia)
-Support Project In Nigeria


Contact presse:
ianswartz@trp.org.na
+ 264 81 127 5699


Traducteur: Eric Le Parc


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