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ONU 2004 – Déclaration d’ONG : droits des LGBT

in CANADA, 12/05/2004

En matière de droits humains, il n’y a pas à transiger. Envoyons un message clair à la communauté internationale pour lui dire que personne ne doit être tué en raison de son orientation sexuelle ou de son identité de genre.

Réseau juridique canadien VIH-sida
Intervention orale de John Fisher
Point no 17 de l’ordre du jour

Merci, Monsieur le Président. Il a été encourageant de voir qu’un certain nombre d’États ont pris de fermes décisions pour réaffirmer le principe de non-discrimination et pour mettre fin aux violations des droits humains dont sont victimes des gays, des lesbiennes, des bisexuels, des transgenres, et des défenseurs des droits humains et des libertés fondamentales.

Nous accueillons favorablement les déclarations faites par la Nouvelle-Zélande, le Canada et tous les pays de l’Europe des Quinze à l’exception de l’Italie. Nous apprécions l’important soutien de nombreux pays d’Amérique latine, la voie montrée par l’Afrique du Sud (qui inclut dans sa Constitution l’orientation sexuelle comme motif ne pouvant faire l’objet de discriminations), et le soutien croissant de plus en plus de pays d’Asie pour les questions relatives à l’égalité des personnes LGBT.

Mais, tandis que les soutiens se multiplient pour les questions qui touchent à l’orientation sexuelle et à l’identité de genre, nos droits continuent à être violés dans différentes régions tout autour du monde.

Sunil Babu Pant, gay népalais, devait s’exprimer devant cette commission, mais a dû retourner au Népal. Il m’a demandé de mettre en évidence ses soucis à propos de la " culture de l’impunité " dans son pays. Celui-ci permet aux agences chargées de l’application de la loi de s’en prendre à quiconque parle de son orientation sexuelle ou de son identité de genre.

Récemment (le 6 décembre 2003), deux " métas " (hommes ayant des allures et des manières perçues comme féminines) ont été pris par quelques hommes de la police armée et ont été amenés dans un endroit isolé où ils ont été violés par plus de dix policiers avant d’être battus. On s’en est ensuite débarrassé, parce qu’on les croyait morts. Ils ont été retrouvés les mains liées, à peine vivants. L’organisation non gouvernementale Blue Diamond Society, qui travaille pour les droits des LGBT, les a amenés à l’hôpital.
Essayant de déposer une plainte, ils se sont trouvés face à des policiers qui leur ont rétorqué que " les “métas” méritent d’être violés ".

De même, deux lesbiennes ont été forcées par leurs familles d’épouser des hommes. Elles ont été constamment harcelées et violentées en raison de leur refus. En fin de compte, Mira a dû faire une tentative de suicide. Lorsque la Blue Diamond Society leur a offert soutien et protection, les deux familles, avec la police, ont évoqué divers prétextes absurdes contre la Blue Diamond Society tel que le traffic de personnes. Ils ont aussi accusé cette association d’inciter ces femmes à devenir Hijras (des personnes intersex). L’organisation non gouvernementale a dû faire face à des menaces de mort, dont la police n’a pas pris acte.

Nous pourrions citer des exemples provenant d’autres régions, mais cela suffit à montrer que les droits des gays, des lesbiennes, des bisexuels et des transgenres sont quotidiennement bafoués dans bien des pays autour du globe et que cela mérite l’attention de la commission.

Dans le cadre de la résolution sur les exécutions sommaires, il a été particulièrement décourageant de noter que des États responsables de la torture et de la mort de leurs propres citoyens gays ou lesbiens ont débattu contre l’inclusion de l’orientation sexuelle et ont juré d’appeler au vote par paragraphe en raison de l’inclusion de ce motif.

Dans un rapport sur les droits humains relatif à la torture et aux meurtres d’homosexuels en Égypte, Naguip parle ainsi de sa détention préventive, de la mort de son compagnon avec qui il était depuis sept ans :

" Le traitement que j’ai subi, le traitement que mon ami Shebl a subi… comment un être humain peut-il être aussi mauvais envers d’autres personnes ? Vous ne pouvez pas savoir ce que Shebl représentait pour moi. Quelqu’un que vous aimez, et que vous perdez ensuite… Ce que je veux savoir, c’est : pourquoi Shebl est –il mort ? – est-ce qu’il a fait quelque chose de mal ? À qui avons-nous fait du mal ? Pourquoi nous haïssent-ils ? Pourquoi ? "

Nous avons appelé tous les États à soutenir l’inclusion de l’orientation sexuelle dans cette résolution. En matière de droits humains, il n’y a pas à transiger. Envoyons un message clair à la communauté internationale pour lui dire que personne ne doit être tué en raison de son orientation sexuelle ou de son identité de genre.

Enfin, nous notons que la résolution brésilienne sur l’orientation sexuelle et les droits humains a été reportée à l’année prochaine, et nous sommes contents que cette question reste à l’ordre du jour de la commission. Cette question ne sera jamais éludée. Le temps est venu de nous traiter avec la même dignité et avec le même respect que ceux que nous savons que nous méritons.

Traduction : Romain Muller
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