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Patria Jimenez, nouvellement élue comme représentante ILGA en Amérique Latine.
ILGA LAC n’est plus, vive ILTGA LAC!

in CHILE, 18/10/2004

La laïcité, la citoyenneté et l’inclusion de l’identité de genre au centre des discussions de la IIIe conférence latino-américaine de l’ILGA

Troisième du nom, la conférence ILGA LAC (Amérique Latine et Caraïbes) tenue du 14 au 17 septembre 2004 à Santiago du Chile a été marquée par une forte présence féminine et transgenre, selon les voeux de son principal sponsor, la fondation Novib Oxfam Netherlands et les indications de la commission organisatrice, une coalition d’associations chiliennes menée par Carlos Sanchez du Syndicat national des Travailleurs Luis Gauthier.

Pendant une semaine, les quelques 120 activistes (y compris, pour la première fois deux délégués de Cuba) issus des 110 groupes membres d’ILGA que compte la région ont débattu du programme de travail de l’ILTGA LAC pour les prochaines années. Les fruits de ce travail ont ensuite été discutés en séance plénière et un plan d’action a finalement été voté point par point.

L’inclusion a été l’un des thèmes transversaux à la conférence. Face à une "hétéronormativité" source d’intolérance, les délégués ont cherché à redéfinir le plus amplement possible le cadre de travail du mouvement LGBT: les documents ont ainsi été systématiquement amendés pour inclure la réalité transgenre et les participants ont expréssement demandé l’emploi spécifique des termes homophobie, lesbophobie et transphobie. La conférence a aussi rappelé l’importance du respect des ethnies, la nécessité de mieux articuler le travail avec les groupes de jeunes et de “recupérer la mémoire historique du mouvement LGBT.

L’ajoût d’un T pour transexuels/transgenres dans le précédent nom de la représentation régionale d’ILGA est sans aucun doute la décision la plus mémorable de la conférence: ILGA LAC n’est plus et est ainsi officiellement devenu ILTGA LAC à Santiago. Les membres de l’ILGA présents à Santiago ont soutenu leurs collègues trans dans leur désir d’inclusion et de visibilité en élisant systématiquement trois personnes (une femme, un homme et une personne transexuelle) pour chacun des postes dont se compose l’organigramme latino-américain. L’assemblée a en outre demandé aux membres d’ILGA qui se réuniront lors de la prochaine conférence mondiale à Genève en Avril 2006 de considérer eux aussi un changement de nom afin de donner plus de visibilité aux personnes transgenres et transexuelles. En accord avec cette décision, trois personnes ont été élues pour chacune des régions qui composent le sub-conseil: région andine, Sud, Brésil, Mexique et Amérique centrale.

L’Amérique Latine et les Caraïbes seront désormais représentés au niveau mondial par trois délégués: Belissa Andia de l’Instituto Runa de desarollo y estudios sobre Genero (Perou), Beto de Jesus de l’Instituto Edson Neris (Brésil) et Patria Jiménez du groupe El Closet de Sor Juana (Mexique). L’association mexicaine qui tient son nom de Sor Juana Inés de la Cruz, sœur carmélite et poétesse du XVIIe siècle a également été choisie comme secrétariat pour la région.

Présent à Santiago, Kursad Kahramanoglu, Secrétaire général de l’ILGA a insisté sur l’importance de poursuivre les efforts pour soutenir la résolution sur l’orientation sexuelle aux Nations Unies et a rappelé le désir des membres d’ILGA de voir l’identité de genre incluse dans la résolution. “Le mouvement LGBT latino-américain doit faire bloc pour s’assurer que le Brésil présentera à nouveau la résolution l’année prochaine et pour qu’un nombre important de pays la co-présentent dans la région” a-t-il indiqué. Lors de son séjour, le Secrétaire général a également soutenu la résolution brésilienne lors d'un déjeuner avec l'Ambassadeur du Venezuela au Chile et d'une visite avec la Directrice du Département des Droits de l'Homme du Ministère des Affaires étrangères chilien.

Kahramanoglu a également profité de cette réunion pour promouvoir l’adoption d’une journée mondiale contre l’homophobie.

Comme l’indiquait son titre, “Homosexualités, globalisation et mouvements sociaux en Amérique Latine”, la conférence de Santiago ne s’est pas limité au seul agenda LGBT. Il a été question de renouer les alliances historiques avec les mouvements féministes et de consolider les relations avec les autres mouvements sociaux. Les participants ont insisté sur l’intégrité du concept de citoyenneté comprenant les droits humains pour les minorités sexuelles et ethniques mais aussi les droits économiques et politiques. Les acteurs LGBT locaux ont souligné l’importance de leur participation au débat sur la globalisation, son impact affectant directement l’exercice des droits citoyens des personnes LGBT. Le plan d’action mentionne ainsi expressément l’ALCA (Accord de libre commerce des Amériques), avec un égard particulier à leurs effets sur l’accès à la santé dans la région.

Les participants ont a également débattu de la participation LGBT aux différents Forums sociaux de la région (Chili, Porto Alegre) et de sa nature dans le passé. Si la majorité se réjouit de l’existence d’espaces spécifiques sur la diversité sexuelle dans les éditions précédentes, certains délégués ont insisté sur l’importance d’être présents dans tous les groupes de travail de manière à intégrer le thème de la diversité sexuelle dans tous les débats.

La conférence a enfin eu à cœur de rappeler l’importance de la laïcité et de sa promotion dans la région: la montée en puissance des églises et autres institutions fondamentalistes inquiète le mouvement LGBT et demande sa vigilance.


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