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Fanny Ann Eddy
ONU 2004 – Déclarations par des ONG

in SIERRA LEONE, 04/10/2004

Le silence crée la vulnérabilité. Vous, membres de la Commission sur des droits de l'homme, pouvez rompre ce silence.

Mon nom est Fanny Ann Eddy et je représente MADRE, je suis également membre de l’association lesbienne et gai de Sierra Leone.

Je voudrais profiter de cette occasion pour vous faire savoir que notre population fait partie des groupes vulnérables et en danger non seulement dans mon pays aimé, la Sierra Leone, mais dans l'ensemble de l'Afrique.

Mon centre d'intérêt est la communauté lesbienne, gaie, bisexuelle et transgenre, un sujet que la plupart des chefs africains préfèrent éviter. En fait, beaucoup d’entre eux ne veulent même pas reconnaître que nous existons. Leur négation a beaucoup de conséquences désastreuses pour notre communauté.

Nous existons, mais en raison du déni de notre existence, nous vivons dans la crainte constante : crainte de la police et des fonctionnaires avec leur droit de nous arrêter et nous détenir en prison simplement en raison de notre orientation sexuelle. Récemment un jeune homme gai a été arrêté à Freetown pour s’être habillé en femme. Il a été détenu pendant une semaine entière sans qu’aucune charge ne soit apportée. J'ai personnellement pu discuter avec les autorités pour le libérer, cependant la plupart des personnes comme lui peuvent être gardées indéfiniment en détention parce qu'il y a très peu de personnes qui peuvent se faire entendre par les autorités.

Nous vivons dans la crainte que nos familles nous renient, car il est fréquent pour les lesbiennes, les gaies, bisexuels et transgenres d’être rejetés hors de la maison familiale quand notre différence devient notoire. Parmi les personnes qui sont rejetées hors de leur maison familiale en raison de leur orientation sexuelle ou identité de genre beaucoup sont jeunes avec nulle part où aller. Aussi ces personnes deviennent SDF, sans argent pour se nourrir et sans travail, elles deviennent travailleur/ses sexuel/les pour survivre.

Nous vivons dans la crainte au sein de nos communautés, où nous faisons face au harcèlement et à la violence constante des voisins et d'autres. Les attaques homophobes sont inpunies par les autorités, d’autres encouragent des traitements discriminatoires et violents à l’encontre des personnes lesbiennes, gaies, bisexuelles et transgenres.

Quand les leaders africains prétextent la culture, la tradition, la religion et les normes ancestrales pour nier notre existence, ils envoient un message de tolérance envers la discrimination, la violence et l'indignité globale.

Cette condamnation a des résultats particulièrement désastreux dans le contexte du VIH/Sida. Selon une récente recherche éditée en décembre 2003 par l’association lesbienne et gai de sierra Leone en collaboration avec une agence de santé du pays, 90% des hommes qui ont des rapports sexuels avec des hommes ont également des rapports sexuels avec des femmes, leurs épouses ou leurs petites amies. De ce groupe, 85% d’entre eux ont indiqué qu'ils n'emploient pas de préservatifs. Un message clair d'éducation et sur la transmission sexuelle du VIH n'est pas fourni à ces hommes en sierra Leone. Il est clair que beaucoup d'hommes se marient non pas parce qu’ils le désirent, mais parce que c'est ce que la société attend d’eux. Cette exigence de la société les force à craindre pour leur liberté ou leurs vies en raison de leur orientation sexuelle. Le silence qui les entourent, ce refus par la société d’admettre et reconnaître les différences les met en danger mais met aussi en danger leurs épouses et petites amies.

Cependant, en dépit de toutes les difficultés que nous devrons affronter, j'ai la foi que la reconnaissance par la Commission de la dignité inhérente et le respect dû aux personnes lesbiennes et gaies peut mener à un plus grand respect pour nos droits humains.

Comme l’a démontré la lutte de libération en Afrique du Sud, où la constitution interdit la discrimination basée sur l'orientation sexuelle, le respect des droits humains peut transformer la société. Cela peut mener des personnes à comprendre que nous sommes tous humains et que nous avons tous le droit au respect et à la dignité.

Le silence crée la vulnérabilité. Vous, membres de la Commission sur des droits de l'homme, pouvez rompre ce silence. Vous pouvez reconnaître que nous existons, dans l'ensemble de l'Afrique et sur chaque continent, et que des violations de droits de l'homme basées sur l'identité sexuelle d'orientation ou de genre sont commises chaque jour. Vous pouvez nous aider à combattre ces violations et à réaliser nos pleins droits et libertés, dans chaque société, y compris au Sierra Leone, le pays que j’aime.

Traduction: l’équipe bénévole du CARITIG
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