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Parler en notre nom à l’ONU

in WORLD, 13/02/2008

Les groupes lesbiens, gays, bisexuels et transgenres font encore une fois face à la discrimination pour obtenir un statut consultatif à l’ONU

13 février 2008 – New York – Etats-Unis. Le comité “ONG” des Nations Unies refuse le statut ECOSOC à 3 organisations LGBT. Lors d’un vote où aucune majorité ne s’est dégagée, le comité a recommandé de refuser le statut consultatif ECOSOC à la fédération LGBT espagnole, Federación Estatal de Lesbianas, Gays, Transexuales y Bisexuales (FRLGTB). Il a aussi ajourné la prise en considération de la demande de deux autres fédérations LGBT nationales : COC (Cultuur en Ontspanningscentrum) des Pays-Bas et ABGLT (Associação Brasileria de Gays, Lésbicas, Bissexuais, Travestis e transexuais) du Brésil qui a été ajourné pour la deuxième fois. Par conséquent, les demandes des ces deux organisations seront réexaminées en mai prochain lors de la prochaine session du Comité “ONG”.

Les trois organisations ont demandé le statut consultatif ECOSOC auprès de l’ONU. Celui-ci permet aux organisations non gouvernementales de participer aux sessions de l’ONU en qualité d’observateur.

Lors de sa session de janvier, le Comité ONG ECOSOC, composé de 19 pays, passe en revue les candidatures des associations et remet leurs recommandations aux 54 pays de l’assemblée plénière ECOSOC qui refuse ou accepte d’accorder le statut, généralement en Juillet.

Beto de Jesus (ABGLT – Brésil) :
” Être ajournée pour la deuxième fois est bien sûr très frustrant. Nous étions impatients de devenir la première association de l’hémisphère sud qui représente de manière officielle et permanente la voix des LGBT à l’ONU”. Beto de Jesus qui représente ABGLT, une fédération qui rassemble plus de 200 groupes LGBT au Brésil ajoute : ” Le simple fait qu’on nous ait présenté une longue liste de questions la veille de la présentation de notre rapport montre comment notre opposition est déterminée à nous bloquer l’accès des Nations Unies.

Joyce Hamilton (COC – Pays – Bas) :
” Pour nous, il s’agit d’une première expérience avec l’ONU et elle est plutôt bouleversante : on parle tout de même d’une organisation qui est censée être là pour sauvegarder les droits et la dignité de chaque être humain. Cette discrimination éhontée contre les organisations LGBT montre la nécessité de continuer le combat à ce niveau. Il est important de continuer le dialogue avec les états conservateurs pour la reconnaissance des droits LGBT et de la diversité de la population mondiale. Le statut consultatif permettra à COC de montrer que l’ONU ne peut accepter une société où quelqu’un est discriminé et marginalisé sur base de son orientation ou identité sexuelle. Ce premier renvoi renforce fermement notre motivation à continuer le combat. ”

La fédération espagnole (qui avait vu une décision sur son compte ajournée lors d’une précédente session) a reçu une recommandation négative lors d’un vote duquel aucune majorité n’a pu s’exprimer. Le Comité des ONG a voté sur la recommandation de la candidature après qu’une motion d’ajournement déposée par l’Égypte, le Pakistan et le Qatar soit repoussée. La recommandation a reçu un avis négatif suite à un vote de 7 oui, 7 non, 4 abstentions et 1 absent (lorsqu’un vote pour accorder un nouveau statut se conclut par une égalité, il est considéré comme un vote de rejet). Il s’agit d’une amélioration remarquable. Il y a deux ans, ILGA et LBL avaient été rejeté par 9 non et 5 oui.

Le résultat du vote pour recommander de ne pas accorder le statut consultatif à la FELGBT s’exprime comme suit :

OUI : Colombie, République dominicaine, Israël, Pérou, Roumanie, Royaume – Uni, Etats-Unis d’Amérique

NON : Burundi, République populaire de Chine, Égypte, Pakistan,
Qatar, Fédération de Russie, Soudan

Abstention : Angola, Guinée, Inde, Turquie

Absent : Cuba

Toni Poveda et Sylvia Jaén, président et secrétaire général de FELGTB ont dû répondre à plus de 20 questions relatives aux aspects organisationnels de l’association et à ses positions politiques. Ils ont aussi été invités à clarifier les engagements de la fédération par rapport aux droits de l’Enfant.

Ils regrettent évidemment que cette recommandation soit négative mais reconnaissent que ce vote permet que la candidature de FELGTB passe au stade suivant, un vote sur cette recommandation par la session plénière de ECOSOC en juillet prochain.

Toni Paveda (FELGTB – Espagne) :
”Même obtenir une recommandation négative au sein de Comité ONG fut difficile. Les représentants de l’Égypte, du Pakistan et du Qatar revenaient toujours avec de nouvelles questions et affirmaient que le fait de voter, pour accorder ou pas le statut consultatif, avant qu’il ne soit répondu à toutes leurs questions, pourrait constituer un traitement préférentiel pour notre ONG. Le Royaume-Uni, la Roumanie et les autres considéraient que le Comité ONG avait reçu assez d’informations pour prendre une décision pendant cette session. Cette session a clairement montré combien les droits des LGBT sont la dernière frontière sur le terrain des droits humains universels”.

De son côté Sylvia Jaén (FELGTB) souhaite mentioner :
”La mission permanente de l’Espagne près les Nation Unies nous a beaucoup soutenu. Ils se sont engagés dans de multiples démarches diplomatiques et ont lu une déclaration de soutien du gouvernement espagnol. Il y a manifestement, au sein de ce Comité, un groupe de pays qui bloque les candidatures des groupes LGBT d’une session à l’autre, en tentant d’éviter que les groupes ne soient considérés par l’assemblée plénière ECOSOC où leur position n’est pas majoritaire. Nous avons surmonté cette situation. Malheureusement, nos amis néerlandais et brésiliens ont été moins chanceux”.

La nature des questions adressées aux défenseurs des droits humains LGBT, essayant sans cesse de lier homosexualité et pédophilie, montre au combien cette opposition obstinée est prête à mettre des bâtons dans les roues aux groupes LGBT sur la route de leur reconnaissance comme membres à part entière de la société civile. Le Royaume-Uni a conclu en réaffirmant son malaise face à la discrimination évidente dont fait preuve le Comité ONG envers les ONG LGBT. Elle estime que il est de leur droit de se faire entendre au cœur de l’ONU. La Roumaine regrette aussi le résultat de la seconde motion (recommandation négative) et le fait que le Comité se soit aujourd’hui engagé dans un acte éhonté de discrimination. Ce pays s’est interrogé sur une nouvelle pratique utilisée par le Comité ONG qui rejette systématiquement les candidatures d’organisations LGBT pour les voir ensuite approuvées par l’assemblée plénière de l’ECOSOC.

Philipp Braun, co-secrétaire général de ILGA :
”La communauté LGBT est clairement en train de gagner du terrain au sein de l’ONU comme l’a montré l’augmentation des soutiens émanant de pays qui étaient précédemment contre les questions LGBT. Il y a seulement 2 ans, nous étions face à une situation bien plus difficile au sein du Comité ONG et même un ballottage n’était encore qu’un rêve. ILGA veut remercier les pays qui ont soutenu ces ONG au sein du comité. Je veux féliciter les courageux militants d’ABGLT, de COC et de FELGTB pour avoir dignement tenu tête face à des discours discriminatoires. ILGA souhaite également remercier Adrian Coman des la Commission des droits humains gays et lesbiens (IGHLRC) pour le soutien qu’il a apporté dans le travail de lobbying au sein du Comité ONG”.

Informations supplémentaires

En 2005, ILGA a commencé sa campagne ECOSOC,une initiative qui vise à accompagner les groupes LGBTI de différents pays afin qu’ils déposent leur candidature pour obtenir le statut ECOSOC, celui lui permettant aux défenseurs de droits de humains de s’adresser à l’ONU en leur nom propre.

En 2006 et 2007, après de longues et pénibles débats au sein de l’ECOSOC, le statut ”consultatif” fut accordé à cinq organisations LGBT : ILGA – Europe, les fédération LGBT nationales danoise, suédoise et allemande (LBL, LSVD, RFSL) et la Coalition Gay et Lesbienne Québécoise, CGLQ. Ce résultat a déjà permis aux membres de ILGA de s’adresser directement au Conseil des Droits Humains. Depuis lors, il a aussi permis d’obtenir le soutien public de Louise Arbour, la Haute Commissaire aux Droits Humains, pour les droits LGBTI au sein de ce forum international. ILGA facilite la présence de militants LGBTI au sein du Conseil des Droits Humains des Nations Unies depuis 2004.

Contact : Stephen Barris / ILGA 00 32 2 502 24 71
Traduction : Didier Digneffe
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