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Prévention cancer du sein et du col de l’uterus

in FRANCE, 06/12/2007

La Différence en Question et la prévention

Au début de l’année 2007, l’ILGA a lancé le dépliant de prévention « Cancer du sein et de l’utérus » en anglais et en espagnol. L’original disponible en français et en néerlandais résultait de la coopération entre l’ILGA, la Fondation belge contre le cancer et des organisations belges locales. L’ILGA a encouragé des organisations de tous les continents à reprendre le texte, les illustrations et la mise en page de ce dépliant à leur compte.

Des organisations suisses, grecques, mexicaines, suédoises et du Sri Lanka envisagent d’adapter la brochure à la situation locale. Parallèlement, l’association italienne Arcilesbica l’a traduite en italien et aux Philippines, l’association Can’t live in the Closet a modifié certaines des illustrations.

L’association française « La Différence en Question » a décidé d’adapter le dépliant à ses propres besoins et ses valeurs en ajoutant un paragraphe et en modifiant certaines images. Ils ont décidé d’offrir une version pour une impression conviviale sur Internet et une version papier. L’ILGA souhaitait savoir comment ils avaient mené le projet, en espérant que l’expérience inspirerait d’autres associations de part le monde. Nous avons rencontré une des membres de l’association, Marie-Paule Lolo*.

Pourriez-vous s’il vous plaît nous présenter votre association « La Différence en Question » ?

L’association a été créée à la fin de l’année 2005, une année marquée par nombre d’événements particulièrement marquants pour la communauté LGBT en France. La Provence n’a pas été épargnée par cette vague de violence. Un groupe de personnes a donc décidé de se regrouper pour réfléchir ensemble à son rôle et ses liens potentiels avec la société dans son ensemble.

La lutte contre le sexisme et l’homo-lesbo-trans-phobie n’est pas née d’hier. Pour être efficaces, nous devons néanmoins réunir nos efforts, partager nos idées, réflexions, capacités, opinions afin de prendre en compte nos différences et d’en tirer le meilleur profit!

Notre mot d’ordre est l’avancée des droits des personnes LGBT, la reconnaissance de nos relations, de nos familles et de nos besoins spécifiques en matière de santé.

L’objectif de l’organisation est d’évaluer et d’apprécier l’expression de nos différences.

Le racisme, le sexisme et l’homo-lesbo-trans-phobie sont des idées contre lesquelles nous devons toutes et tous lutter.

Pourquoi avez-vous décidé de reprendre et d’adapter le dépliant de prévention de l’ILGA « Cancer du sein et de l’utérus » et de ne pas l’utiliser en l’état, puisqu’il était déjà disponible en français ?

La représentante de l’association à la Commission santé des femmes, Isabelle Bouvier, avait pris connaissance du dépliant de prévention de l’ILGA « Cancer du sein et de l’utérus » lors des Universités euro-méditerranéennes des homosexualités (UEEH) en 2006. Elle souhaitait mener un projet similaire en France. Chaque région dispose de traditions et cultures qui sont véhiculées par la langue, mais pas uniquement. C’est la raison pour laquelle nous avons décidé d’adapter le dépliant à nos besoins, avec de nouvelles illustrations et en modifiant un peu le texte.

Vous avez ajouté un paragraphe sur la santé des personnes trans dans votre brochure. Pourquoi cela vous semblait-il nécessaire ?

Le paragraphe portant sur les personnes trans est essentiel, parce qu’ils et elles sont plus exposés aux risques de cancers, du fait de l’hormonothérapie. Par ailleurs, les transsexuels Female To Male considèrent qu’ils ne peuvent plus être touchés par des cancers spécifiques aux corps biologiquement féminins. Nous sommes une organisation LGBT et exclure les spécificités des personnes trans reviendrait à nier notre identité. Nous avons demandé à l’association Sans Contrefaçon d’écrire ce paragraphe sur la santé des personnes trans.

Qui sont vos partenaires ? Comment avez-vous obtenu le soutien financier nécessaire à l’impression de ce magnifique dépliant ?

Nous avons recherché des associations partenaires qui travaillent également sur les questions liées à la santé : SOS Homophobie, Centre Gay Lesbien et Trans d´Ile de France, les UEEH.

Cette coopération avec d’autres associations françaises locales nous a permis de financer le dépliant. De plus, nous avons cherché des partenaires qui pourraient assurer une plus large diffusion, notamment par le biais de leur site Internet. Ainsi, toute personne qui le souhaite peut télécharger le dépliant et l’imprimer à un simple format A4.

Vous avez décidé d’imprimer le dépliant sur du papier recyclé non blanchi. Pourquoi ? Cette solution est d’ailleurs souvent plus coûteuse…

Nous considérons que les questions de santé doivent s’entendre au sens large. Notre association est attachée à ce que l’on appelle le développement soutenable. L’utilisation de papier recyclé non blanchi permet de protéger nos forêts et nos réserves en eau, mais signifie également que les employés de notre imprimerie ne sont pas exposés à des produits qui peuvent s’avérer dangereux à long terme. L’imprimeur que nous avons choisi s’engage à respecter l’environnement et à assurer des conditions de travail sûres. Il utilise des produits non nocifs tels que l’encre végétale. A l’heure actuelle les causes de 50% des cancers environ sont encore inconnues et les chercheurs ont mis en évidence l’influence de l’environnement dans l’apparition de la maladie. Il nous semblait donc logique de travailler en tenant pleinement compte de cette idée.

Pensez-vous diffuser ce dépliant auprès des prestataires de soins de santé ?

Nous travaillons en partenariat avec le Planning familial français, qui sensibilise ses gynécologues aux cancers du sein et de l’utérus. Nous diffuserons ce dépliant auprès de médecins généralistes, car nous souhaitons particulièrement toucher les femmes qui ne consultent pas de gynécologues et ne fréquentent pas les associations LGBT.

Autoriseriez-vous des associations francophones et d’autres à reprendre votre texte et la mise en page du dépliant ?

Ce texte et l’intégralité du dépliant peuvent être librement réutilisés par d’autres organisations. Nous avons nous-mêmes largement bénéficié de la coopération entre l’ILGA et d’autres organisations belges. Nous lui avons apporté notre touche et nous espérons que ce dépliant continuera d’être amélioré grâce aux contributions d’autres associations.

Grâce à cette expérience, je peux dire que les associations ne peuvent que tirer profit du partage de leur savoir-faire. Les projets portant sur la santé des femmes lesbiennes et des trans intéressent peu et reçoivent un soutien financier limité des institutions. Ce n’est pas une priorité pour la plupart des gouvernements. Il est crucial de travailler de concert et de partager nos expériences comme l’ILGA et notre association « La différence en question » l’ont fait.

Vous pouvez télécharger le dépliant en cliquant sur le document pdf en haut de cette page.


Marie-Paule est psychanalyste. Elle est membre des associations « La Différence en Question » et « Libre Expression et Différence ». Elle est également co-représentante de la Commission nationale LGBT chez les Verts. Elle a également écrit un article sur le corps et le plaisir des femmes au nom de l’association française « Sans contrefaçon » pour le rapport « Santé des femmes lesbiennes et bisexuelles » publié par l’ILGA.


Traduction: Stéphanie Lange
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