Home, Asia, Europe, North America, Latin America and Caribbean, Oceania, Nouvelles, Carte du site
Accueil / Articles (WORLD) / Campagne ILGA pour une reconnaissance à l'ECOSOC
chargement de la carte…

Contributeurs

anonymous contributorÉcrit anonymement. (Anglais)
anonymous contributorÉcrit anonymement. (Français)
anonymous contributorÉcrit anonymement. (Espagnol)
anonymous contributorÉcrit anonymement. (Portugais)

Facebook

marqués avec: nations unies
Campagne ILGA pour une reconnaissance à l'ECOSOC

in WORLD, 25/05/2007

Les tendances discriminatoires perdurent à l’ONU : le comité des ONG refuse de recommander que soit accordé le statut consultatif auprès du Comité économique et social (ECOSOC) à trois fédérations nationales défendant les droits des personnes homosexuelle

23 mai 2007 (New York, États-Unis). – Le comité de l’ONU sur les organisations non gouvernementales (ONG) a voté le 18 mai 2007 un texte recommandant de refuser le statut consultatif auprès du Comité économique et social à la fédération suédoise LGBT qu’est la RFSL. Il a également reporté l’examen de deux autres candidatures : celles de la FELGT espagnole et de l’ABGLT brésilienne.

Ces trois organisations avaient déposé leur candidature pour obtenir le statut consultatif auprès du Conseil économique et social, statut qui permet aux ONG de participer à certaines sessions de l’ONU.

Depuis 1992, année du premier discours sur les minorités sexuelles donné en son nom à l’ONU, l’ILGA ne cesse de presser les institutions internationales à reconnaitre les violations des droits humains basées sur l’orientation sexuelle ou l’identité de genre.

En 2005, l’ILGA a entamé sa campagne ECOSOC, initiative destinée à augmenter le nombre de groupes LGBT posant leur candidature pour obtenir le statut consultatif, afin de permettre aux défenseurs des droits humains des LGBT de s’adresser à l’ONU en leur nom propre. L’ILGA facilite aussi la présence de militants LGBT au Conseil de l’ONU pour les droits humains depuis 2003.

En décembre 2006, après maints débats au Conseil économique et social pendant un an, le statut consultatif a été reconnu à trois organisations LGBT : ILGA-Europe, la branche européenne de l’International Lesbian and Gay Association, et les associations LGBT nationales du Danemark et d’Allemagne, la LBL et la LSVD. Cela a permis à l’ILGA d’inviter un certain nombre de militants au Conseil des droits humains au nom de l’ILGA-Europe, et de s’adresser en tant que groupe LGBT au Comité des droits humains en réunion plénière à deux occasions.

L’Égypte et le Soudan ont mené l’opposition au mouvement qui était favorable à accorder le statut consultatif à la RFSL, à la FELGT et à l’ABGLT. L’Égypte a d’abord tenté de refermer le dossier de la RFSL, une procédure sans précédent normalement réservée aux ONG qui ne répondent pas aux questions du comité. Cette tentative ayant échoué, le comité a décidé de recommander le rejet de la candidature par un vote de 8 voix contre 6. La décision définitive sera prise en juillet 2007 lorsque le comité du Conseil économique et social se réunira à Genève.

Les différentes fédérations nationales avaient envoyé des représentants à la session afin de répondre aux questions des membres du comité.

Beto de Jesus et Toni Reis, de l’ABGLT, une fédération qui comprend quelque deux-cents groupes au Brésil, se souvient : « Il est rapidement devenu clair que l’exercice ne consistait plus qu’à prouver que notre travail visait à promouvoir l’homosexualité. Il ne fait aucun doute que les questions, qui étaient inutiles et à n’en plus finir, faisaient partie d’une stratégie pour ne pas dire qu’ils voulaient à tout prix refuser l’accès au Comité économique et social de groupes LGBT. »

Les questions tournaient autour de l’âge du consentement, des programmes d’éducation sexuelle, de la position des associations quant à la pédophilie et des violences sexuelles volontaires ou non.

Le représentant égyptien a posé des questions à David Montero, de la FELGT, sur les programmes d’éducation sexuelle de sa fédération, son affiliation avec l’ILGA et son opinion sur la pédophilie.

David Montero a répondu en expliquant que la FELGT a reçu un financement du gouvernement espagnol pour ses projets menés en collaboration avec l’ILGA. « La FELGT conçoit ses programmes afin de mettre un terme à l’homophobie dans les écoles publiques. Notre fédération respecte la loi espagnole, qui interdit les relations sexuelles avec des personnes de moins de 18 ans. » David Montero a conclu en disant que « l’éducation sexuelle pour des étudiants de moins de 18 ans – ce qui fait partie de l’éthique, des questions de santé et des valeurs enseignées dans les écoles publiques – ne revenait pas à promouvoir la pédophilie ».

Bien que le comité des ONG ait traité les demandes de la FELGT et de l’ABGLT, et largement questionné ces organisations, il a décidé de renvoyer l’examen de leur candidature à la prochaine session de janvier 2008.

« Nous ne sommes pas découragés par l’intolérance et la haine qui se cachent derrière la décision d’aujourd’hui, et nous allons continuer à mettre en avant ces questions en vue de la réunion du comité du Conseil économique et social », a commenté Sören Andersson, président de la RFSL.

« La décision d’aujourd’hui est une preuve supplémentaire que les questions concernant les personnes homosexuelles, bisexuelles et transgenres (LGBT) doivent avoir leur place à l’ONU tout comme les associations se préoccupant de ces questions », a t-il ajouté.

En dépit de ce revers, l’ILGA encourage ces organisations dans leurs efforts et continuera à travailler pour créer les conditions d’un dialogue international sur les questions d’orientation sexuelle et d’identité de genre qui puisse prendre place à l’ONU.

Traduction : Romain Muller

Plus d’informations: Communiqué de presse des Nations Unies , de la fédération brésilienne ABGLT , et suédoise RFSL .
Bookmark and Share