La Commission Internationale Gay et Lesbienne des Droits de l’Homme (IGLHRC) a appris que le gouvernement camerounais a refusé de libérer neuf hommes emprisonnés sur la base d’accusations d’homosexualité malgré qu’ils aient été disculpés le 21 avril de ce titre d’accusation. Ces hommes sont détenus dans la prison de Kondegui à Yaoundé depuis presque un an. Lors de leur premier procès, faute de témoin et faute de preuves apportées par l’accusation, le magistrat en charge de l’affaire, le juge Tonye, a conclu à un non-lieu. Les hommes espéraient une libération rapide de prison, mais le bureau du procureur a refusé d’ordonner leur libération et a indiqué qu’ils seraient rejugés.

« Vous arrêtez les gens de façon injustifiée, vous violez leurs droits pendant presque une année, et maintenant vous refusez de les relâcher. C’est un abus de pouvoir caractérisé » a déclaré à l’IGLHRC, Duga Titanji, l’avocat des neufs hommes au Cameroun. « Sans nouveau mandat d’arrêt, c’est aujourd’hui un cas flagrant de détention arbitraire ».

l’IGLHRC a été alertée de l’arrestation de ces hommes, le 21 mai 2005, dans les jours qui ont suivi et a engagé M. Titanji sur leur affaire. Avec des avocats des droits de l’Homme locaux et internationaux, l’IGLHRC a demandé de façon répétée la libération des neuf hommes aux officiels du Cameroun et des Nations Unis, et a fourni une aide d’urgence pour aider ces hommes à survivre aux conditions difficiles de leur détention.

« Le gouvernement camerounais a violé toute la procédure judiciaire en retenant ces hommes en prison pendant presque un an sans procès et maintenant en les renvoyant dans les limbes de la justice » a déclaré Cary Alan Johnson, coordinateur en chef pour l’Afrique de l’IGLHRC. « Nous allons travailler avec les militants camerounais pour attaquer cette action injuste devant la justice et sur le plan diplomatique national et international».


Résumé des faits sur le cas des 11 de Yaoundé :


Le 21 mai 2005, les gendarmes de la brigade de Nlongka ont arrêté 17 hommes dans un night club supposé être fréquenté par des gays et des lesbiennes. Ces arrestations ont été rapportées pour la première fois dans le journal local, Mutations, et ont été confirmées par l’ambassade des Etats-Unis au Cameroun. La télévision nationale du Cameroun et la deuxième chaine locale ont diffusé des images des jeunes hommes après leur arrestation. Les 11 hommes qui sont restés emprisonnés ont été ceux qui étaient trop pauvres pour trouver l’argent pour être relachés, où pour louer les services d’un avocat. Nombreux sont ceux qui ont été abandonnés par leur famille suite à la publicité qui a été faite autour de cette affaire.

En juillet 2005, l’IGLHRC et “Derrière le Masque”, une agence média et organisation LGBT de défense des droits de l’Homme basée en Afrique du Sud, a lancé une campagne de lettres au nom des détenus, mais le gouvernement a refusé de libérer ces hommes.

En décembre 2005, l’IGLHRC a adressé une lettre au ministre de la justice du cameroun le pressant de relacher les 11 hommes détenus depuis 7 mois sur la base d’une suspicion de « sodomie» et d’empêcher un « examen médical » ordonné par l‘accusation pour déterminer si ces hommes avaient eu des rapports homosexuels. Sept autres organisations de défense des droits de l’Homme - à la fois américaines et africaines –ont signé des lettres adressées à son Excellence Monsieur Amadou Ali, engageant le ministre à empêcher les examens médicaux demandés par le procureur du gouvernement.

La date du procès avait été fixée au 17 mars 2006. Juste avant le début du procès, deux des hommes ont été relachés, officiellement par manque de preuve.

Le 17 mars 2006, à l’ouverture du procès, l’accusation avait l’air mal préparée et n’avait aucun témoin à présenter. Plutôt que de prononcer l’acquittement, le juge repoussa le procès au 21 avril 2006.

Le 21 avril 2006, la cour se réunit, mais l’accusation, à nouveau, ne présenta aucun témoin et aucune preuve des accusations portées contre les neuf hommes. Le magistrat Tonye conclut au non-lieu par manque de preuve. Les hommes attendirent presque deux semaines d’être libérés, mais ils furent immédiatement remis en détention. Aucune nouvelle date n’a été fixée pour leur prochaine comparution devant le tribunal.


Traducteur: Eric Le Parc


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