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Navy Pillay, Haute commissaire aux Droits de l’homme, « Entre la tradition et les droits de l’homme, nous devons donner la priorité aux droits de l’homme »

in WORLD, 08/03/2012

Certains délégués de pays défendant des lois qui persécutent les personnes lesbiennes, gays, bisexuelles, transgenres ou intersexe (LGBTI) ont quitté la salle alors que le comité invité aujourd’hui par le Conseil des droits de l’homme commençait sa discussion sur la violence et la discrimination envers les lesbiennes, gays, bisexuels, transgenres et intersexe.

Genève, le 7 mars 2012

Vidéo du panel

Mais malgré leur attitude et les déclarations écœurantes faisant appel à la notion de culture pour justifier la violence et refuser de reconnaitre des cas documentés de discrimination et de persécution dont ont été victimes des personnes LGBTI, le débat, auquel participaient des experts internationaux venant du Pakistan, de Suède et des États-Unis ainsi qu’Irina Karla Bacci, vice-présidente du Conseil national des personnes LGBT du Brésil et responsable remplaçante du secrétariat des femmes de l’ILGA a pu se poursuivre, et a mis en évidence, avec plusieurs exemples concrets, les violences et les discriminations que les LGBTI doivent endurer dans le monde.

Gloria Careaga, cosecrétaire générale de l’ILGA, a déclaré : « Nous nous réjouissons de la volonté du Conseil des droits de l’homme de dire clairement qu’aucune violation des droits humains, contre qui que ce soit, n’est acceptable. Le travail difficile mené par des organisations LGBTI du monde entier qui se battent pour leurs droits a enfin produit un résultat très important, et l’on entrevoit la possibilité d’une décriminalisation complète et à l’échelle mondiale des relations entre personnes de même sexe ainsi que la dépathologisation des personnes transgenre. Bien entendu, nous ne devrons pas cesser notre travail jusqu’à ce que tous les droits des LGBTI soient garantis. »

Renato Sabbadini, cosecrétaire général de l’ILGA, a déclaré : « Les pays qui ont [refusé le débat / abandonné la salle / provoqué un brouhaha / perturbé la séance] ont perdu une occasion historique de participer à un dialogue constructif, et ont prouvé par leur comportement qu’il n’y a ni honneur ni dignité dans la persécution et la torture des LGBTI. Les futures générations auront honte lorsqu’elles regarderont en arrière et se rendront compte que leurs ainés ont défendu l’indéfendable. »

Le comité de discussion, cosoutenu par l’Afrique du Sud et le Brésil, s’est penché sur le premier rapport jamais publié sur les lois et pratiques discriminatoires et les actes de violence contre des individus en raison de leur orientation sexuelle ou de leur identité de genre par le Haut-commissariat des Nations unies pour les droits de l’homme, paru en décembre 2011.
Le rapport, transmis au Conseil des droits de l’homme après qu’il a émis la résolution 17/19 (adoptée le 17 juin 2011), est de la plus haute importance puisqu’il s’agit du premier document officiel des Nations unies à donner des exemples approfondis de cas de violences et de discriminations basées sur l’orientation sexuelle et l’identité de genre.

Irina Karla Bacci a exprimé sa solidarité avec celles et ceux qui souffrent de violations des droits de l’homme en raison de leur orientation sexuelle ou de leur identité de genre dans le nord et le sud de l’Équateur, en particulier pour la communauté LGBTI du sud. Elle a souligné que, selon les instruments internationaux de protection des droits de l’homme, toute forme de violence envers les personnes LGBTI est une violation des droits de l’homme, et un affront à la Déclaration universelle ainsi qu’à tous les États membres de l’ONU. Elle a exposé les situations dans lesquelles les LGBTI vivent dans les différentes régions du monde et les crimes auxquels ils peuvent être confrontés, et, se basant sur son expérience personnelle, elle a expliqué que les religions peuvent coexister dans le respect.

Linda Reanate Magano Baumann, directrice d’OutRight en Namibie et représentante d’ILGA pan Afrique, a eu l’occasion de s’exprimer au nom de l’ILGA et s’est réjouie de la publication du rapport des Nations unies sur l’orientation sexuelle et l’identité de genre. Elle a rappelé que 76 pays dans le monde continuent de criminaliser les actes sexuels consentants entre personnes du même sexe et que 7 pays ou régions prévoient toujours la peine capitale pour ces mêmes actes. "Les États qui claquent la porte ne pourront pas rejeter la responsabilité qui leur incombe de protéger leurs propres citoyens des discriminations et des violences" c'est ce qu'elle dit se référant aux délégués des pays homophobes qui ont abandonné la salle. Linda Baumann a souhaité que le Conseil des droits de l’homme continue à promouvoir et à protéger les droits humains, à mettre fin à la discrimination et à la violence auxquelles ont à faire face des personnes en raison de leur orientation sexuelle ou de leur identité de genre.

L’ILGA veut exprimer sa reconnaissance et sa gratitude à tous ses membres et alliés à Genève pour le travail qu’ils ont accompli en ces jours extraordinaires : Arc-International, COC-Netherlands, et GATE pour n'en citer que quelques-uns.

Contact :
Renato Sabbadini, 032474857950 ou renato@ilga.org
Gloria Careaga gloria@ilga.org

Traduction française: Romain Muller

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