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Pedro Paradiso Sottile
L’Examen Périodique Universel et les droits LGBTI: Argentine

in ARGENTINA, 04/07/2012

La CHA a participé au premier cycle du processus de l’EPU pour l’Argentine en 2008 et sera impliquée dans le deuxième cycle en 2012.

Pedro Paradiso Sottile est le coordonateur de la Communauté homosexuelle argentine (Comunidad Homosexual Argentina/ “CHA”). Durant ses années passées à ce poste, Sottile a travaillé pour l’égalité des personnes LGBTI en Argentine. De par son inlassable travail pour cette cause, le nom de Sottile a été référencé pour ses compétences en matière de droits LGBTI en Argentine par des publications dans son pays, aux États-Unis et au Canada. Il a lui-même publié des articles à propos du combat qui se poursuit en faveur de l’égalité totale pour les personnes LGBTI en Argentine et dans le reste du monde. Il a activement participé au mouvement international pour les droits LGBTI et a en particulier travaillé avec l’ILGA, entre autres en faisant une déclaration avec un collègue de la CHA à propos des droits LGBTI devant l’ONU en 2004 à Genève. Il est actuellement secrétaire du comité régional de l’ILGA pour l’Amérique Latine et les Caraïbes, et vit à Buenos Aires, Argentine.

La CHA a participé au premier cycle du processus de l’EPU pour l’Argentine en 2008 et sera impliquée dans le deuxième cycle en 2012.

Interview de Pedro Paradiso Sottile par Patricia Curzi

L’Argentine a étendu le mariage aux couples de même sexe en 2011 et semble engagée en faveur des droits LGBTI, d’autant plus depuis que la loi sur l’identité de genre a été votée en 2012. Malgré cela, la CHA a l’intention de participer au processus de l’EPU en 2012. Pourquoi ?

Nous pensons qu’il est très important de participer à ce forum international. Cela parce que, malgré l’égalité dans le mariage et la loi sur l’identité de genre, il reste encore d’importantes questions à résoudre, telles que la réforme de la loi nationale anti-discrimination pour inclure dans tout le pays l’orientation sexuelle et l’identité de genre comme sources de discrimination. Nous devons de plus rester impliqués dans ce processus pour garantir la réelle mise en application des droits légalement reconnus, l’égalité d’accès à ces droits et leur exercice, ainsi que la mise en application des politiques publiques censées les faire respecter.

Quels sont les points préoccupants soulignés par la CHA dans le rapport des ONG en 2008 qui nécessitent un suivi durant l’EPU de cette année ?

Dans notre rapport de 2008, nous avons mis en avant les énormes progrès de notre pays en matière de droits LGBTI, grâce à la reconnaissance de droits et au passage de lois, mais comme je l’ai déjà indiqué, la loi nationale anti-discrimination n’inclut pas l’orientation sexuelle et l’identité de genre comme sources de discrimination. La résolution 856/2008 du Ministère de la santé, qui empêche les homosexuels de donner leur sang, reste en vigueur, provoquant de fait une discrimination et une stigmatisation des gays. De plus, notre pays est une république fédérale dont les provinces ont la liberté de faire voter leur propre législation. Par exemple, quand la loi sur l’identité de genre a été votée par le parlement argentin, la province de Formosa avait encore une loi punissant le travestissement d’amendes et de peines de prison. Il y a aussi des lois qui ne sont pas appliquées, comme la loi nationale pour une éducation sexuelle complète, qui est valable sur le territoire national tout entier. La situation des personnes LGBTI en détention est également problématique, étant donnée la violation continuelle de leurs droits.

Allez-vous collaborer avec d’autres groupes LGBTI, féministes ou de défense des droits humains, pour préparer ce rapport ?

Les collaborations avec d’autres mouvements sociaux et de la société civile sont très importantes pour obtenir de la part des états des pratiques qui favorisent l’inclusion et des succès en termes de droits humains, et conserver ceux-ci. C’est ce que fait la CHA en Argentine depuis 28 ans, et c’est pour cela qu’elle a pu prendre la parole devant la Commission des droits de l’homme, grâce à la générosité de l’ONG APDH Argentina, qui nous a laissé la parole pour témoigner de la situation LGBTI dans le pays. Nous avons continué à travailler avec eux, puisqu’ils sont la seule organisation argentine à avoir un statut consultatif à l’ECOSOC. Être membre de l’ILGA est d’ailleurs fondamental pour notre travail, notre militantisme et notre présence à l’ONU. On peut aussi citer la Campagne nationale pour un avortement légal, sûr et gratuit, qui a été conçue comme une composante de la Rencontre nationale des femmes (Encuentro Nacional de Mujeres), une initiative que nous avons accompagnée et à laquelle nous avons participé avec des organisations féministes et des droits humains.

Comment a évolué la relation avec votre gouvernement, depuis la présentation du premier rapport des ONG ?

Notre relation avec le gouvernement argentin a été très positive et s’améliore encore chaque année. En 2008, par exemple, le gouvernement a accordé la pension de partenaire survivant aux couples de même sexe, le premier droit reconnu nationalement, deux ans avant le mariage civil. À ce moment-là, 10 provinces avaient encore des lois qui criminalisaient l’homosexualité et le travestissement. Il n’en reste plus qu’une en 2012. Notre pays a de plus fortement soutenu les déclarations sur les droits humains dans le domaine de l’orientation sexuelle et de l’identité de genre devant des organismes internationaux comme l’ONU ou l’OEA.

Nous voulons en profiter pour observer que l’exécutif du gouvernement national s’est engagé en faveur de notre combat ainsi que d’une démocratie pour tous. Il soutient et participe à la promotion de notre programme, et les partis d’opposition le soutiennent également en grande majorité. Dans certains cas, un consensus a pu être trouvé en combinant plusieurs projets de lois qui ont fini par être adoptés.

D’après votre expérience, quels conseils pourraient être donnés aux organisations LGBTI qui n’ont jamais participé au processus de l’EPU ?

Nous pensons que la participation à ce processus est très importante, pour promouvoir et défendre les droits LGBTI, pour avoir un impact local plus efficace, et pour collaborer avec les gouvernements. En effet, en tant qu’ONG, nous devons mener des discussions, des débats, dénoncer les états et réclamer d’eux qu’ils rendent compte devant la communauté internationale des violations des droits humains en raison de l’orientation sexuelle et de l’identité de genre. C’est une excellente occasion pour surveiller les pays qui ont ratifié les déclarations et traités internationaux sur les droits humains. C’est également une très bonne occasion de s’assurer que les lois nationales sont conformes aux lois internationales et de collaborer avec les organisations qui sont actives sur la scène internationale, pour bâtir un monde qui respecte les différences, l’inclusion et la dignité.


L’Examen Périodique Universel (EPU) est un instrument de surveillance des droits humains par les pairs, créé par les Nations Unies en 2006. Un premier cycle pour tous les pays s’est terminé en 2011, et le deuxième cycle a commencé en juin 2012, 42 états par an faisant l’objet d’un examen par d’autres états. En quatre ans et demi, les 193 membres des Nations Unies auront tous été examinés. L’examen se compose de quatre étapes principales : rédaction de rapports, dialogue interactif entre les états membres, adoption du résultat des recommandations et mise en œuvre et suivi. Chaque procédure implique des états, des ONG internationales et nationales, des instituts nationaux des droits humains et d’autres parties prenantes.
En 2012, la 14ème session de l’EPU procèdera à l’examen de l’Argentine ainsi que de 14 autres pays. Les rapports des ONG doivent être soumis sept mois avant la session même.

Versions en anglais, espagnol et portugais : Cliquez sur le symbole de la langue à gauche de l’écran.

Traduction : François Peneaud

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